‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inéditesChapitre 82 sur 111 · Le cardinal Consalti att Cardinal Câprarà, 30 mal · texte numérisé non relu

Le cardinal Consalti att Cardinal Câprarà, 30 mal

2; Le cardinal Capralrà au cardinal Consalvi, 16, 20, 26 mai 1804;

328 L'É(îl.ISE ROMAINE ET LE PREMIER EMPIRE

Le Vatican exigeait également que le gouvernemenl français donnât par écrit, au nora de Tempereur, la certitude que les évêques constitutionnels feraient entre les mains du pape leur rétractation positive, et dans le cas peu probable où l'un d'eux ne voudrait pas s'y prêter, ^ le gouvernement français devait s'engager à le priver de son siège. L'empereur, érl outre, serait tenu de promettre qu'il aurait égard aux réclamations du saint-père relatives aux décrets du vice-président Melzi, décrets qui étaient la violation évidente du concordat italien. Il était stipulé que la demande officielle à adresser au saint-père pour le prier de venir à Paris ne serait point envoyée à Rome par un courrier ordinaire , mais lui serait apportée par deux évêques chargés de cette mission ^

(( Quant à la manière dont Sa Sainteté sera reçue en France , l'humilité du saint-père souflFre à l'idée de réclamer des honneurs, mais c'est le vicaire de Jésus-Christ et le chef de la religion qui y a droit.,. Il faudra donc que la cérémonie du sacre et du couron-

1. Mémoires du cardinal ConsalvL — Dépêche chiffrée du cardinal CoDsalvi au cardinal Gaprara, 5 juin 1804. — Idem, 6 juin 1804. — Idem, 7 juin 1804. — Note n° 1 jointe à la dépêche du 6 juin. — Lettre du cardinal Caprara à M. de Talleyrand , 25 juin 1804. — Dépèche du cardinal Fesch à Temperenr, 10 juin 1804.

nement ne diffère en rien de ce qui s'est pratiqué en d'autres occasions *. » Le sincère accomplissement de toutes ces conditions pouvait seul, aux termes des dépèches du cardinal Consalvi, éviter le scandale et couper court aux reproches qu'il y aurait à attendre des contemporains et de la postérité, si, par un pareil déplacement et dans une telle occasion, le saint-père n'obtenait pas un avantage réel pour l'Église, a Le bien de la religion, la tranquillité durable de la France et l'honneur même des deux personnages Texigent pareillement, » disait en terminant le ministre du Vatican *.

Un instant Consalvi conçut presque l'espoir de pouvoir, sans trop de compromission, par des motifs uniquement tirés de la conscience religieuse du saintpère, dégager Pie VU des demi-engagements qu'il venait de contracter en son nom. Tandis qu'il écrivait avec un visiljle embarras les dépêches dont nous venons d'indiquer l'esprit et la tendance, arrivait en effet à Rome le sénalus-consulte qui renfermait le texte du serment que le premier consul devait prêter au moment de son élévation à l'empire.

Page 1