Le cardinal Consalvi au cardinal Gaprara^ 8 juillet
tion d'une grande partie des Ëlals pontificaux serait aller contre rintenlion de l'empereur qui veut que tout ce qu'il donnera au pape so1t regardé comme un effet de sa générosité. Nommer les Bourbons et l'em^ pereur d'Allemagne aurait pu grandement irriter Sa Majesté. Parler seulement des premiers eût été rappeler indirectement la distinction du fait et du droit, et c'eût été donner un corps aux ombres que de mettre en avant la crainte de déplaire h l'empereur d'Allemagne... Tous les obstacles apportés à la venue du pape à Paris ne paraissent que des prétextes mensongers *. »
DisonS'le avec tristesse, ce fut sans doute la crainte de paraître ne produire, pour motiver leur refus, que des prétextes mensongers qui firent fléchir le saintpère et le cardinal secrétaire d'État sur les questions de conscience et de dogme qu'ils avaient commencé par poser au sujet de la formule du serment de l'empereur. Ils avaient déclaré cette formule contraire aux principes de l'Église et repoussé tout d'abord les explications que le cardinal Fesch à Rome et M. de Talleyrand à Paris s'étaient hâtés de leur fournir. Ils furent cependant amenés à s'en contenter plus tard,
1. Le cardinal Caprara au cardinal Coasalvi , a juillet 1802.
:m L'ÉGLTSE ROMAIÎVK KT LE PREMIER EMPIRE
exposé à s'enlendre répéler qu'il avait sacrifié les intérêts véritables de la religion, et cela parce qu'il avait redouté les vaines paroles et les sottes censures des hommes animés de l'esprit de parti*... Il pouvait fort bien arriver, si Napoléon violait ses promesses, que le voyage du pape ne mit pas un terme aux maux de la France. Toutefois on crut devoir enlever aux crédules le moyen si commode d'attribuer à Pie Vil ces tristes éventualités... En acceptant l'idée du voyage, uous eûmes encore la pensée de ne pas attirer par un refus les affreuses couséquences qui auraient fondu sur le saint-siége. Ces conséquences du reste ne regardaient pas seulement la chaire de saint Pierre; elles intéressaient l'univers entier, car la séparation de la tête et du centre devait nécessairer ment provoquer une grande perturbation dans le catholicisme. Ces réflexions l'emportèrent dans la balance*. )^
Jusqu'au dernier moment, l'hésitation resta trèsgrande. Alors même que déjà il penchait vers l'acceptation, le saint-père se montra profondément blessé de la façon dont on s'y prenait avec lui, particulièrement du soupçon de mauvaise foi manifesté