Mémoires du duc de Rovigo, t. II, p
tous deux s'embrassèrent. Il avait été réglé que l'empereur ramènerait le saint-père au palais de Fontainebleau dans sa propre voiture; mais qui monterait le premier? C'est là qu'éclata toute l'habileté du futur duc de Bovigo. Les conducteurs de cette voiture la firent avancer comme par une sorte d'inadvertance de manière qu'elle séparât l'un de l'autre Pie YII et Napoléon* Des hommes apostés aux deux portières et qui avaient le mot d'ordre les ouvrirent en même temps. L'empereur prit celle de droite, un officier de la cour indiqua au pape celle de gauche; ils montèrent tous deux ensemble. L'empereur se mit naturellement à droite, et ce premier pas, ajoute avec une satisfaction visible le zélé serviteur de Napoléon, décida de l'étiquette pour tout le* temps que devait durer le séjour du pape à Paris. A Fontainebleau, le pape fut reçu avec grande solennité par Joséphine, par la famille impériale et par la cour entière, réunie à l'entrée du bel escalier qui occupe le milieu de la façade du vieux château. La joie rayonnait sur le visage de l'empereur, dit un autre témoin oculaire, tandis qu'il en franchissait les degrés accompagné de Pie VIL Ses regards, encore plus animés que d'ordinaire, semblaient dire : Regardez, voilà ma conquête ! Par l'effet du hasard ou par une nouvelle combi-
naison dont Tà-propos nous échappe, la marche du cortège était ouverte par le corps des mameluks que Napoléon avait ramené d'Egypte. « L'aspect du visage de ces circoncis et de leurs costumes orientaux transportait à la Mecque, et faisait croire à la présence d'un grand prêtre de Mahomet plutôt qu'à celle d'un pape. La flgure de Pie YII, raconte M. de Pradt, témoignait de l'embarras qu'éprouve naturellement toute personne qui se sent dans un monde entièrement nouveau pour elle. On voyait que son pied, quoique baisé par tout le monde , ne se reposait pas avec confiance sur ce sol qu'il touchait pour la première fois. . . Le mélange d'une cour tout ecclésiastique, où des hommes qui n'étaient même pas tonsurés portaient le vêtement épiscopal , avec cette autre cour militaire resplendissante du luxe et de l'éclat bruyant des armes, présentait le plus saisissant contraste. On aurait pu se croire au Japon le jour où l'empereur du ciel et l'empereur de la terre se rendent visite devant le peuple... Au ministre Fouché, qui lui demanda comment il avait trouvé la France, le saint-père répondit avec un visible attendrissement : « Béni soit le ciel! je l'ai traversée au milieu d'un peuple à genoux. »
À Paris, où bientôt il fut conduit dans la voiture de l'empereur, mais de nuit^ afin que les habitants de la
LE PAPE A PARIS 35t
capitale ne vissent pas leur souverain assis à cette fois la gauche du pape, Pie Yli fut logé au pavillon de Flore dans un appartement voisin de celui de son hôte. Là, comme à Fontainebleau, comme dans tous les lieux où il lui fut donné de se produire en public, le saintpère acoueillit t(mt le monde avec une noble et paternelle bienveillance. « Il semblait voir un père au milieu d'une famille dont il eût été longtemps séparé, continue M. de Pradl; il n'était cœur si dur dont son regard ne perçât la cuirasse, et personne ne s'est rencontré qui ait pu lui échappera »
Il n'entre pas dans notre sujet de raconter en détail le séjour du pape à Paris ni la cérémonie du sacre. Nous croyons que le cardinal Consalvi se trompe quand il assure que l'empereur fit intentionnellement attendre le saint-père sur son trône, auprès de l'autel de Notre-Dame. Ce relard, qui causa une visible anxiété à Pie VII, tenait à des dispositions mal prises, et fut tout à fait involontaire. Il nous semble sans intérêt de constater avec celui qui faisait office de maître des cérémonies du clergé que, pendant le cours assez long de la solennité, l'empereur, soit fa-
i. Us quatre Concordats, par M. de Pradt, ancien archevêque de Maliaes, t. H, p. S10.
ligue, soit mauvaise disposition de santé, ne fit que bâiller. Nous passerons ce côté des choses purement extérieur et par conséquent assez peu significatif, et nous signalerons seulement deux incidents qui échappèrent alors à la connaissance du public, mais qui sont de nature à révéler le fond même des smtimenls de Terapèreur. *
Le sacre d'un prince, c'est-à-dire le sceau divin mis à ses grandeurs humaines par l'onction qu'il reçoit des mains du prêtre, est un acte essentiellement religieux, c'est en quelque sorle,.aux yeux de l'Église, un véritable sacrement. Telle était, et personne ne le savait mieux que Napoléon, la manière dont le pieux pontife comprenait, dans la solennité qui s'apprêtait, son rôle auguste et celui du souverain sur la tête duquel il allait, suivant les rites- usités, verser l'huile sainte et appeler les bénédictions du Très-Haut. Cependant cet étrange catéchumène, que déjà tant de voix acclamaient à Tavance comme l'oint préféré du Seigneur, n'avait jamais été religieusement marié avec Joséphine. Tout le monde l'ignorait. Son empressement en Italie, lorsqu'il n'était encore que le brillant chef d'une armée révolutionnaire, à se rapprocher des prêtres, à faire baptiser à l'église les enfants des membres de sa famille et ceux de ses plus intimes
généraux, la manière dont il avait encouragé et presque contraint son beau-frère Murât et tant d'autres à fatre consacrer par TÉglise leur alliance civile, ses^ conversations, toute son altitude enfin, et celle de l'impératrice surtout, — qui fréquentait assidûment les églises, — avaient fait supposer au pape et à tout le monde qu'un mariage tenu secret les avait unis devant l'autel. Il n'en était rien. La politique, s'il faut appeler de ce nom des vues toutes personnelles, avait fait trouver simple et licite à l'empereur de dissimuler entièrement à Pie YII une circonstance qui non-seulement compromettait si fort la dignité du saint-père, mais en ce qui le concernait lui-même, — à laisser de côté les scrupules religieux propres aux seuls croyants, — louchait de si près, il nous semble, à la conscience de Thonnéte homme.
Bonaparte n'avait pas encore résolu de se séparer de Joséphine. Malgré les eiforts de ses frères, qui l'y poussaientS il résistait encore à ce moment par un
1. Les moyens qu'employaient les frères de Napoléon pour le décider à se séparer de Joséphine étaient parfois étranges , et donnent une singulière idée des rapports des membres de cette famille et de ce qu'ils se pouvaient dire entre eux dans Tintimité. Voici les paroles que Joseph raconte lui-même avoir adressées à son frère, quand ils agitaient ensemble cette question du divorce. «Tu balances! ai-je dit au premier coQSul. Eh bien! qu'en arrivera-t-il? Qu'un événe-
reste de tendresse pour la compagne qu'il avait aiiaée ; mais sa pensée devançait déjà les temps où bientôt il allait céder aux inspirations d'une mauvaise el décevante ambition. Il trouvait, en tout cas, plus sûr de iie point donner publiquement des armes contre ses résolutions ultérieures à celle dont il lui faudrait peutêtre se séparer plus tard. Telles étaient les raisons de son silence vis-à-vis du saint-père. /Joséphine, cruellement poursuivie par ses beaux-frères, avait tout intérêt à le rompre. La veille du sacre, après mille hésitations, toute tremblante d'émotion et d'effroi, elle alla verser avec ses pleurs sa triste confidence dans le sein du pape.
Pie YII en fut atterré. Sa réponse cependant fut pleine de tendresse envers la malheureuse femme éplorée, de douceur à l'endroit de celui qui l'avait trompé, et, pour ce qui regardait les devoirs du prêtre et du souverain pontife, empreinte d'un tact incomparable. Canoniquement, la situation de l'empereur ne le concernait pas; c'était affaire à régler entre sa conscience et lui. Il continuait donc, pour ce qui le regardait, à tout ignorer; mais, sachant de l'im-
ment naturel amène la m^rt de cette femme, ta seras pour la France, pour TEarope, pour moi qui te connais bien, ta seras son empoisonneur... » ( Mémoires du comte Miot de Melito, t. II , p. 128. )
péralrice ce qu'il en avait appris , il ne pourrait, à son grand regret, la sacrer en même temps que son époux si d'ici là ils n'avaient été mariés par un prêtre.
Grande fut la colère de Napoléon quand il connut la démarche de Joséphine et la résolution du saintpère. Comprenant vile toutefois à quel point elle était inébranlable, il céda. Dans la nuit même qui précéda le couronnement, le cardinal Fesch, ayant pour témoins M. de Talleyrand et le maréchal Berthier, maria secrètement l'empereur dans la chapelle des Tuileries. Ces détails sur le mariage religieux de l'empereur et de Joséphine, accompli de si mauvais gré et si tardivement, la veille même du sacre, sont restés^ jusque dans ces derniers temps, inconnus du public. Plus scrupuleux qu'on ne l'avait été à son égard, le pape se considéra probablement comme lié par l'espèce de confession qu'il avait reçue de Joséphine. Dans ses différends ultérieurs avec l'empereur, il n'en ouvrit jamais la bouche. Il n'y est point fait allusion dans les pièces émanées à cette époque de la légation pontificale, et le cardinal Consalvi, soit qu'il n'ait rien su, soit qu'il s'en taise par les mêmes motifs que le saint-père , n'en souffla pas mot non plus dans ses controverses avec le cardinal Fesch.
356 L*ÉGLISE ROMAINE ET Ui PREMIER EMPIRE
M. Thiers, qui le premier a raconté avec une parfaite exactitude celte scène de l'intérieur impérial, n'a pas décrit avec moins de vérité la physionomie générale de la cérémonie de Noire-Dame. Ce qu'il dit de la façon décidée, du geste à la fois impérieux et calme avec lequel Napoléon, devançant Pie YII, saisit la couronne pour la mettre lui-même sur sa tète, est emprunté aux souvenirs les mieux établis des contemj^orains. Il a raison d'ajouter que cet^ acte causa dans le moment, parmi les assistants, une très-vive sensation , et qu'il rencontra de la part du public de cette époque une générale approbation. Il nous appartient de constater qu'il était la violation positive d'arrangements convenus à l'avance. « Tous les empereurs de France, tous ceux d'Allemagne qui ont été sacrés par les papes, avait écrit le cardinal Consalvi le 7 août 1804, c'est-à-dire quelques jours avant l'acceptation définitive, ont été en même temps couronnés par les pontifes. Le saint-père, pour se décider au voyage, a besoin de recevoir de Paris l'assurance qu'il ne sera rien innové dans la circonstance actuelle contrairement à l'honneur et à la dignité du souverain pontife ^ »
i . Kote 1 jointe à la dépêche du 7 août du cardinal Consalvi an cardinal Caprara.
— « II saute aux yeux, eonlinue le secrétaire d'Étal dans une dépêche subséquente, combien la dignité et l'honneur de Sa Sainteté seraient compromis, si la cérémonie même qu'elle est appelée à fairo venait à être faite par une autre main que la sienne. Cela ne serait point décente »
A cet égard, le cardinal Fesch et M. de Talleyrand avaient donné avec force protestations les mêmes assurances solennelles, mais vagues, que sur tous les autres points en litige. Le pape, si modeste qu'il fût, souffrit beaucoup de cette action imprévue de l'empereur; il la ressentit non point comme un atTront fait à sa personne, mais comme une atteinte portée à sa dignité pontificale. Par amour de la paix, pour ne compliquer par aucune apparence de susceptibilité la situation déjà si tendue, décidé d'ailleurs à n'attacher de sérieuse importance qu'aux choses qui intéressaient directement la religion et l'état des âmes en France, Pie VII ne protesta point. Il prévint seulement que si, dans la relation officielle du Mo^iteur^ les détails de la cérémonie de Notre-Dame étaient rapportés autrement qu'ils avaient été à l'avance tracés dans le cérémonial convenu entre les deux
1. Leltre du cardinal Gonsalvi au cardinal Caprara^^ septembre.
cours, il réclamerait et prendrait soin dMtablir qu'il n'avait point librement et de plein gré consenti à aucun changement. De là cette circonstance singulière, fort remarquée dans le temps et jamais expliquée, du silence absolu gardé par le Moniteur sur la cérémonie dont la description remplissait toutes les feuilles publiques de la France et de l'étranger. On crut d'abord à un retard motivé par le besoin qu'éprouvait l'organe officiel du gouvernement d'être plus exact et plus complet que les journaux ordinaires. On attendit, puis l'attention se porta vite ailleurs, car elle avait alors de quoi se distraire, et bientôt l'on n'y pensa plus.
Quant au pieux pontife, sa pensée était uniquement tendue vers un autre but, le seul utile, le seul vraiment important à ses yeux, du voyage qu'il avait entrepris. S'il avait donné au nouveau souverain de la France une marque si éclatante de considération publique et d'affection personnelle, il entendait en faire exclusivement profiter la cause sacrée dont il était le défenseur. Plus il avait montré de condescendance poussée jusqu'à l'abnégation dans les choses qui regardaient les intérêts ou l'orgueil de l'empereur, plus il se flattait de le trouver à son tour conciliant sur les questions d'un ordre tout différenl, dont
il allait avoir à Tenlretenir; mais, contre son attente, du jour où, pour la première fois, il ouvrit la bouche sur ces sujets dont son cœur était tout plein , de ce jour-là commencèrent les déceptions aroères et les déboires incessamment renouvelés du malheureux Pie VII.
Depuis Tentrevue de Fontainebleau, Napoléon n'avait point cessé d'être attentif et gracieux envers son hôte. Le pape, doué lui-même d'un vif et charmant esprit, n'avait pas été insensible aux séduisantes manières de ce grand capitaine capable de devenir, s'il lui plaisait, le plus aimable des hommes. Cependant lorsque tous deux se trouvèrent face à face pour traiter les questions qui leur restaient à résoudre, en peu de temps il fut évident pour l'un et pour l'autre qu'ils arriveraient difficilement à s'entendre. On n'a su qu'assez peu de chose sur ces entretiens confidentiels du pape et de l'empereur. Ils n'aimèrent jamais à s'en expliquer; le résultat seul en traùspira. Pie VU désappointé dut convenir avec les cardinaux romains qu'il n'avait rien obtenu. En continuant à rendre justice à la touchante patience du saint-père, Napoléon ne cacha point à ses confidents qu'il lui avait trouvé l'esprit étroit, obstiné et pas trop différent de celui des autres prêtres. Ce qui avait irrité l'empereur, c'est
que, sur nombre de points d'histoire ecclésiastique et autres sujets semblables dont il avait pris une teinture, et qu'avec sa merveilleuse sagacité il avait étudiés pour la circonstance sous la direction de l'habile Portails, le pape souvent lui tint tête, maintenant ses dires et lui remontrant tout doucement par où péchait sa science de fraîche date. Il ne plaisait pas à l'empereur d'être pris en faute sur quoi que ce soit. Plusieurs fois il se fâcha. « Est-ce que Votre Sainteté, s'écria-t-il un jour, me prendrait pour un Charles IV? »
Il était difficile de se méprendre à ce point. Pie VII ne commit point une pareille erreur. A voir au contraire l'empereur ainsi armé de toutes pièces contre lui, il comprit peu à peu l'inanité des espérances auxquelles il s'était laissé aller. Par un juste sentiment du devoir, mais sans entretenir désormais beaucoup d'illusion, il rappela les promesses faites, en insistant verbalement et par écrit sur les points qui avaient été l'objet des négociations entamées avant son départ de Rome.
Malheureusement pour le saint-père, il n'avait pas auprès de lui son conseiller habituel, l'habile secrétaire d'État Consalvi, que, par des motifs dont nous avons expliqué l'importance, il avait cru devoir laisser
à Rome. Le cardinal Borgia, dont les avis auraient pu le mieux remplacer ceux de cet ami si dévoué et de ce serviteur si utile, était mort à son passage à Lyon. Pie YII n'avait pas grande confiance dans les lumières ni dans le zèle de son faible légat, que la présence de son propre souverain à Paris avait réduit à un rôle presque insignifiant. Gaprara, lié avec tous les membres de la famille impériale et les principaux personnages de la cour, enrôlé comme archevêque de Milan dans les rangs du clergé qui relevait du gouvernement français, était devenu l'agent de l'empereur presque autant que celui du saint-siége. C'est à peine si on croyait prudent de le consulter, et sa position pendant tout le temps du séjour du pape à Paris resta extrêmement pénible. Par une étrange interversion des rôles, le représentant de la France à Rome, le cardinal Fesch, était celui qui ' se montrait entre tous le plus disposé à favoriser la plupart des réclamations du Vatican contre son propre ' gouvernement. Il n'y eut pas de sa faute si son zèle se trouva, comme à l'ordinaire, plus ardent que bien entendd, et compromit en définitive la cause inême qu'il avait à cœur de servir. Nous soupçonnons que ses protestations sincères et ses encouragements excessifs contribuèrent à faire monter un peu trop haut,
dans les premiers moments, les prétentions de la cour de Rome.
En Tabsence de Consaivi, et par suite de la morl du cardinal Borgia , le saint-père avait dû choisir, pour intermédiaire auprès du cabinet français, un personnage qui n^avait besoin d'aucune excitation pour concevoir une grande idée de lui-même et de l'importance de ses nouvelles fonctions. C'était le cardinal Anionelli dont nous avons raconté lo rôle si singulier dans l'élection de Pie VII au conclave de Venise. Quelles qu'aient été les influences qui triomphèrent alors, elles ne furent pas heureuses ; et les premiers mémoires rédigés, probablement avant les entretiens particuliers de Pie VII et de Napoléon, contenaient une foule d» demandes si exagérées et si intempestives, qu'avec la meilleure volonté du monde il eût été impossible au gouvernement français d'en tenir un compte sérieux. Averti à temps du mauvais effet produit par ces premiers documeiits émanés à Paris de la chancellerie pontificale, le cardinal Antonelli les remplaça par un simple précis des demandes du saintpère. Cette pièce elle-même parut encore si exagérée à M. Portalis, si remplie de doctrines ullramontaines les moins acceptables, qu'il obtint d'y faire substituer un dernier écrit, qui parut enfin contenir des
représentations et des demandes .infiniment plus raisonnables ^ Le cardinal Antonelli aurait pu deviner l'accueil réservé aux nombreuses élucubrations sorties de sa plume par la réception faite à la lettre que, d'accord avec le cardinal Fesch, il avait écrite pour rappeler au g^ouvernement français 4es engagements pris au sujet des décrets italiens du vice-président Meizi. La promesse était récente et formelle; c'est pourquoi on avait pris le parti de ne pas lui répondre du tout.
Quant à la réponse au mémoire du pape, M. Pprtalis fut chargé de la rédiger; elle était convenable, empreinte de raison, de modération, de douceur, et de l'envie la plus évidente de rester agréable au saint-père en ne lui accordant toutefois aucune des choses auxquelles il attachait tant de prix. Les rédacteurs du mémoire pontifical avaient rendu facile la tâche de M. Portalis, en confondant pêle-mêle ensemble les demandes les plus disparates, et de la valeur la plus inégale. C'est ainsi que, le concordat conclu et signé, on voulait, contre son texte même, obtenir de l'empereur que la religion catholique fût déclarée dominante. Parmi les objets qui donnaient lieu aux réclama-