‹ L'Église romane de Saint-Sulpice (Vaud) et sa retauration: ÉtudesChapitre 5 sur 8 · DE M. LE PASTEUR REDARD · texte numérisé non relu

DE M. LE PASTEUR REDARD

Quand M. de Perrot eut fini de parler, la parole fut donnée à M. Favey, président de la Société d'histoire de la Suisse romande. Dans une improvisation fort goûtée, M. Favey nous présenta sur le temple, son architecture et son âge, les résultats de ses doctes recherches et des aperçus d'une piquante nouveauté.

Après M. Favey, M. le pasteur Redard clôtura la séance par quelques considérations d'actualité pratique, groupés autour de ces deux chefs : i° Motifs à une restauration ; 2" Moyens de l'entreprendre et de l'amener à bien.

I . Motifs : Outre les motifs de nécessité pratique et les motifs d'art et de culte, déjà relevés, il en est d'autres encore, un particulièrement que l'on me permettra de ne point passer sous silence.

Ce vieux temple, avec ses riants abords, avec sa double rangée de hauts et verts peupliers, avec les magnifiques noyers qui l'ombragent, avec le gracieux promontoire qui coupe les ondes de notre bleu Léman, donne un cachet d'inoubliable beauté à toute la contrée. Effacez ce panorama, laissez, sous l'empire d'une coupable négligence, la destruction s'accomplir, Saint-Sulpice aura singulièrement perdu de son charme, Lausanne et les nombreux sites qui nous entourent auront vu disparaître un paysage que l'œil aime à contempler.

Ce sanctuaire vénérable, qui a des siècles d'existence, témoin muet de tant d'événements oubliés et de souvenirs émouvants, il est à nous, nous sommes jaloux de le posséder, et nous ne permettrons pas qu'il ait jamais une autre destination que celle qu'il a reçue de nos pères et de la Providence.

2. Moyens: Et tout d'abord, disons que la commune est pleine de bon vouloir, mais, hélas ! disons aussi qu'elle n'est pas riche, qu'elle est obérée, imposée, qu'elle a de nombreuses et lourdes charges à supporter. A elle seule, elle aurait peine à subvenir aux frais d'une restauration, telle qu'il convient de l'accomplir ; mais, tout en comptant sur elle, nous comptons aussi, — et nous ne pensons pas nous bercer d'illusions, — sur les bienveillantes dispositions de nos amis et des amis de l'art et de la religion ; nous comptons également sur la générosité de l'Etat, qui ne fait jamais défaut dans des œuvres de cette nature. Nous ne négligerons point, non plus, tels autres moyens que, ailleurs et dans un but semblable, l'on a employés avec succcès: l'appui de sociétés influentes et dont la sympathie est acquise d'avance : conférences, concerts, tombola, troncs, etc. Les moindres dons seront reçus avec reconnaissance, et qu'on veuille bien se souvenir que la pite du pauvre, ici, se marie admirablement avec la pièce d'or du riche. Enfin, qui nous défend d'espérer que de bonnes âmes, à l'heure solennelle du départ suprême, ne favorisent notre pieuse entreprise en l'honorant d'un legs?-* Qui nous défend d'espérer que, dans une heure bénie où la Providence a bien voulu sourire à tel ou tel de ses enfants par quelque don de sa munificence, elle ne gratifie notre œuvre d'un écho de cette munificence et d'un reflet de ce sourire ? Il en est qui, heureusement dans la vie, se souviennent de ce mot du divin maître : (c Quand tu ({ donnes un repas, invite les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles », c'est-à-dire quand tu dépenses pour loi et tes plaisirs, n'oublie pas les malheureux, n'oublie pas les œuvres de bienfaisance et d'utilité publique. Comptant sur ce qu'il y a de noble et de généreux dans le cœur de l'homme, nous croyons que notre appel ne retentira point dans le vide.

Comme ces anciens Israélites qui, rebâtissant leur temple, travaillaient d'une main et tenaient une arme de l'autre, nous allons nous mettre à l'œuvre semblablement, c'est-à-dire d'une manière active, l'espoir et la confiance dans le cœur, accomplissant notre pieux labeur sous le regard de a Celui sans l'aide duquel en vain l'on bâtit et l'on travaille » .

Redard, pasteur.

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