‹ L'Église romane de Saint-Sulpice (Vaud) et sa retauration: ÉtudesChapitre 7 sur 8 · CX»3M · texte numérisé non relu

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Doj^ Vieux ^empdej^

Le canton de Vaud compte dans les cent quarante paroisses^ dont se décompose son territoire, plus de deux cents vieux temples et anciennes chapelles. — Si un amateur d'art, d'histoire et d'architecture sacrée voulait un jour se donner la peine d'en faire une inspection détaillée et l'objet d'une étude consciencieuse, il recueillerait de ce travail, non seulement des données utiles, mais surtout desimpressions très diverses.

Quel curieux album n'aurait-il pas à remplir, en relevant avec soin, par exemple, le dessin exact de nos clochers aux profils si variés et de nos chaires aux formes si différentes. Ici, il éprouverait une vraie jouissance à reproduire les lignes de telle construction an style gothique et vénérable; là. il aurait peine à dissimuler un sourire, en étudiant tel clocheton baroque et badigeonné. Ici, il mettrait un temps bien employé à rendre toute l'élégance de forme et de sculpture d'une chaire ancienne ; là, il aurait devant les yeux les plus bizarres et les plus disgracieuses tribunes qu'on puisse imaginer.

Est-ce qu'un jour un artiste, ayant le goût et l'amour des vieilles choses et des vieux souvenirs, ne se chargerait pas de doter nos bibliothèques d'un travail de ce genre, dont la valeur archéologique et artistique serait incontestable ?

Mais celui qui l'entreprendrait, en pénétrant dans ce but dans l'intérieur de nos édifices sacrés, aurait peine à éviter des impressions bien opposées : il éprouverait tantôt une joie sans mélange,, tantôt une réelle tristesse, tantôt une véritable indignation.

De la joie, dis-je, tout d'abord, en constatant avec une vive satisfaction le bon état dans lequel se trouvent plusieurs de nos

temples. Il serait heureux de se rendre compte des restaurations intelligentes (accomplies surtout en ces derniers vingt ans) et d'apprendre que plusieurs sont dues uniquement à l'initiative locale et aux sacrifices individuels. Il verrait avec plaisir Taspect de propreté, de recueillement et de confort qu'ont pris plusieurs de nos lieux de culte, grâce à des réparations de bon goût, à un éclairage bien entendu, à la pose de beaux vitraux, à l'installation de meilleures orgues, à l'inscription de passages bibliques bien choisis, à un chauffage plus correct et à des sièges plus commodes. Si bien qu'on peut dire de ces édifices qu'ils sont à la hauteur des besoins modernes et dignes, dans la terrestre mesure, de la gloire de Celui auquel ils ont été consacrés. Ce sont là des temples qui, par le recueillefnent qu'ils inspirent, par la solennelle simplicité de leur caractère et par les soins dont on les entoure, méritent en effet le beau nom de « Maison de Dieu ».

Ailleurs, il éprouverait un sentiment bien différent: celui de la tristesse, en voyant l'état de saleté et de délabrement dans lequel on laisse tomber des édifices d'une haute valeur artistique et qui, avant la Réformation, étaient l'objet de soins très attentifs. Aujourd'hui, plusieurs de ces vieux temples, envahis par l'humidité, la moisissure et les champignons, obscurcis par les toiles d'araignées et la poussière, montrent avec tristesse une chaire malpropre ou chancelante, des bancs incommodes et vermoulus, des fenêtres aux •carreaux cassés, des portes disjointes, un air de misère en un mot qui fait mal. Ils avaient connu jadis des jours de gloire et de célébrité, maintenant ils tombent en ruine sous l'effet du temps, de l'indifférence et d'un manque de sens et d'éducation artistiques. Si ■ces murs pouvaient parler, ils se demanderaient s'il ne surgira personne pour les venger bientôt du déshonneur qu'on leur inflige «t pour les sauver de Toubli et de l'abandon.

Ailleurs, enfin, notre artiste, poursuivant son voyage et ses croquis, éprouverait plus que de la tristesse, ce serait de l'indignation : en voyant l'effet de ces prétendues restaurations par lesquelles on a réussi à gâter un beau temple. Dirigées par des hommes sans goût et sans connaissances artistiques, confiées au rabais à des entrepreneurs ou maçons, dont toute la science archéologique et le sentiment poétique consistaient à user de la râpe et du badigeon,

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