AVANT-PROPOS. O
a fait sujet du tsar le chef religieux de la nation arménienne, le Gatholicos d'Eschmiadjin.
Il ne sera question dans ce traité que de l'Eglise orthodoxe.
Des plaines sans fin, coupées de vastes marais, de grands lacs et de larges fleuves, de larges fleuves surtout, voilà ce qu'on rencontre de la Vistule à l'Oural et de l'Océan glacial au Caucase : c'est la Russie. Pays immense, sans relief, sans frontières. Les seules limites étant des cours d'eau, l'inlluence de ces derniers sur les destinées tant politiques que religieuses du pays ne pouvait pas ne pas être décisive et souveraine. Elle le fut. Le Dnieper avait fait de la Russie née sur ses bords une province byzantine ; le Volga fit du peuple russe maître de tout son cours un dominateur asiatique ; la Neva fera de l'empire installé près de son embouchure une puissance européenne. Toute l'histoire de ce pays est celle de ses trois grands fleuves. Elle se divise en trois périodes: celle du Dnieper avec Kiev, celle du Volga avec Moscou, celle de la Neva avec Saint- Pétersbourg. D'où les trois chapitres de cet aperçu sur les destinées de l'Eglise russe : L'Archevêché de Kiev, le Patriarcat de Moscou et le Synode de Saint- Pétersbourg.