‹ L'église russeChapitre 7 sur 14 · L'ARCHEVÊCHÉ DE KIEV · texte numérisé non relu

L'ARCHEVÊCHÉ DE KIEV

ques d'une religion toute de justice et de charité. « Quand un des guerriers du Grand- P rince YonlSiit se convertir, dit Nestor, on ne l'en empêchait pas, mais on se moquait de lui.» Les efforts d'Olga auprès de son flls Sviatoslaf, qui, à sa majorité, avait pris le pouvoir, restèrent inutiles. Il ne voulait pas se donner un ridicule devant ses guerriers, en embrassant une religion étrangère. « Mes hommes se moqueraient de moi,» répondait-il aux supplications de sa mère, et souvent, Nestor le constate avec douleur, « il s'emportait contre elle. » Vainement Olga disait-elle que « s'il voulait se faire baptiser, tous ses sujets feraient bientôt de même.» L'opinion n'était pas encore assez bien préparée pour que l'exemple du prince eût une telle puissance. La chrétienne Olga, dont l'Eglise orthodoxe a fait une sainte « la première qui de la Russie soit montée au royaume céleste, » resta donc une exception, peu remarquée ou peu considérée, au milieu de l'aristocratie païenne. » Rambaud, 49.

6. Conversion des Russes sous Vladimir (972-1016). — L'année 998 marque une date célèbre entre toutes dans les annales de la Slavie orientale, la date de l'entrée en masse des Russes dans la famille chrétienne. Toute une grande race célèbre encore aujourd'hui l'anniversaire de cet événement mémorable avec un saint enthousiasme. En ce temps-là régnait à Kiev un prince normand, rusé, barbare et sensuel, au cœur troublé par les passions violentes, à l'âme travaillée par d'énergiques aspirations religieuses. Le vieux paganisme indigène l'attira sans le retenir. Dégoûté des vieilles croyances, ilenvou-. lut pour lui et pour les siens de nouvelles, de plus l'église russe. 2

nobles, de plus dignes d'un peuple dont il semblait déjà pressentir les hautes destinées. De vieux récits légendaires, dont Nestor s'est fait l'écho, nous le montrent alors envoyant par l'Europe des ambassadeurs à la recherche de la meilleure des religions. « On entendit, on visita les musulmans, les juifs, les catholiques, représentés, lesmusulman^;, par les Bulgares du Volga, les juifs, sans doute par les Khazars réputés juifs Karaïtes, les catholiques, par les Polonais et les Allemands. Vladimir ne voulait ni de l'islamisme qui prescrivait la circoncision et défendait « le vin qui fait la joie des Russes, » ni du judaïsme dont les sectateurs chassés de leur patrie, erraient dispersés par le monde, ni du catholicisme romain qui lui paraissait manquer de magnificence dans ses cérémonies. Au contraire les députés qu'il envoya à Gonstantinople revinrent émerveillés. Les splendeurs de Sainte-Sophie, l'éclat des vêtements sacerdotaux, la magnificence des cérémonies rehaussée par la présence de l'empereur et de toute sa cour, du patriarche et d'un nombreux clergé, l'encens, les chants religieux, avaient fortement agi sur l'imagination des barbares. Un dernier argument triompha des scrupules de Vladimir : « Si la religion grecque n'était pas la meilleure, lui dirent ses boïars, Olga, votre aïeule, la plus sage des mortelles, n'aurait pas songé à l'embrasser. »

« Le fier Vladimir n'entendait pas mendier le baptême chez les Grecs; il entendait le conquérir les armes à la main et le ravir comme une proie. Il descendit donc en Tauride et assiégea Ghersonesos, la dernière ville qui, dans cette région, fût restée soumise aux empereurs. Un certain Anastase, peutêtre par zèle religieux, lui livra sa patrie. Rendu plus orgueilleux par cette conquête si fameuse. Via-

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dimir envoya déclarer aux empereurs grecs, Basile et Constantin, qu'il voulait épouser leur sœur Anne, et que sur leur refus, il marcherait sur Gonstantinople. Ce n'était pas la première l'ois que des barbares faisaient aux Césars grecs cette proposition, et Constantin Porphyrogénèto enseigne même à ses successeurs le moyen d'écarter ces demandes inconvenantes. Cette fois les deux empereurs, qui se trouvaient aux prises avec des révoltes intérieures, crurent devoir consentir, à condition que Vladimir se ferait baptiser. Ce fut dans sa conquête que le prince russe reçut le baptême et qu'il célébra son mariage avec l'héritière des empereurs de Rome. Les prêtres qu'il emmenait à Kiev, c'étaient ses captifs; les reliques des saints dont il allait embellir et sanctifier sa capitale, c'était son butin. »

« Quand il revint à Kiev, ce fut en apôtre —Isapostolos — , mais en apôtre armé qu'il catéchisa son peuple. Les idoles furent renversées au milieu des pleurs et de l'épouvante des Russes. Péroun fut fouetté et précipité dans le lleuve. On montre encore sur le flanc des falaises kié viennes la Dégringolade du diable, et plus loin, l'endroit oii Péroun, porté par les eaux, échoua sur le rivage : là le peuple se remit à l'adorer, mais les soldats de Vladimir le rejetèrent dans les flots. Puis, sur l'ordre du prince, on vit les Kiéviens, hommes et femmes, maîtres ou esclaves, vieillai'ds ou petits enfants, se plonger nus dans les. ondes sacrées du fleuve païen, tandis que les prêtres grecs, debout avec Vladimir sur le rivage, lisaient sur eux les promesses du baptême. Après avoirbeaucoup résisté, les Novgorodiens à leur tour furent obligés de précipiter Péroun dans les flots du Volkhof

et de s'y plonger eux-mêmes. » Rambaud, 57-58 (1), Nestor ne peut assez vanter l'amélioration qui s'opéra dans Vladimir après son baptême. Il se montra jusqu'à sa mort, époux Adèle, prince pacifique, apôtre surtout. Des évêchés furent par lui fondés à Kiev, à Novgorod, à Rostov, à laroslav, à Tchernigov, dont les premiers titulaires reçurent du patriarche de Constantinople, avec la consécration épiscopale, la mission d'organiser l'Eglise russe. Par ses soins furent ouvertes dans les villes épiscopales, des écoles ecclésiastiques dont les premiers maîtres furent des moines bulgares chargés d'enseigner aux jeunes russes l'alphabet de saint Cyrille et la littérature slavonne. L'Eglise russe reçut ainsi de ce prince la forme particulière qu'elle a gardée jusqu'à nos jours ; elle fut dès sa naissance ce qu'elle est encore aujourd'hui, de foi byzantine et de langue slave.

7. Erection de Vévêché de Kiev en Métropole sous laroslav-le- Grand (i033). — Si, pour ses vices autant que pour ses vertus, Vladimir a pu être justement surnommé le Glovis des Russes, laroslav son fils, par les grandes œuvres qu'il a entreprises, ne semble pas trop indigne du surnom glorieux de Gharlemagne des Slaves que quelques historiens se plaisent à lui donner. Ce prince en effet après avoir, par violence ou par ruse, réuni sous son sceptre toutes les provinces de la Slavie orientale s'efforça tout d'abord daffermir l'Etat par des alliances de famille avec les cours européennes. Il maria

(1) « Les Russes, dit le cardinal Hergenrœther, furent amenés au baptême sans autre préparation. » IIl, 526.

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sa sœur à Casimir roi de Pologne, ses trois filles, Elisabeth, à Harold le Brave roi de Norvège, Anne à Henri 1" roi de France, Anastasie à André 1" roi de Hongrie. L'un de ses flls épousa la fille de Constantin Monoraaque. Son palais devint l'asile des princes proscrits, et son empire fut véritablement un Etat européen.

En même temps, il s'eflbrçait d'adoucir les mœurs du peuple par la promulgation de meilleures lois. « Le recueil du Charlemagne russe, dit Rambaud, c'est le recueil intitulé Rousskaïa Pravda, le droit ou la vérité russe. Cette législation rappelle singulièrement celle de la Scandinavie. Elle consacre les vengeances privées, poursuivies contre un assasisin par les plus proches parents du mort; elle détermine le tarir du rachat pour les différents crimes, ainsi que l'amende à verser au trésor du prince. D'autres documents prouvent que les Russes admettaient le duel judiciaire, l'épreuve par le fer rouge et l'eau bouillante, le serment corroboré par celui des cojuratores, le jugement par un jury assistant le délégué du prince. Leur droit criminel s'inspirait donc des mêmes principes que celui de l'ancienne Germanie ; ils ne connaissaient encore ni la peine do mort, ni les supplices raffinés, ni les châtiments corporels, ni la torture pour faire avouer les crimes, ni même la prison publique. La Russie avait alors presque les mêmes lois que l'Occident. »

laroslav tenta aussi de donner à l'Eglise plus de consistance en élevant l'évêché de Kiev à la dignité de métropole (1035). Kiev était au Xr siècle la capitale d'un grand empire, l'émule de Gonstantinople, au dire d'Adam de Brème, le rendez-vous des marchands de la Hollande, de la Hongrie, de l'Allemagne et de la Scandinavie. Il est de toute évidence

que le jour où sérieusement et définitivement elle deviendra ciirétienne, la « mère des villes russes » repoussera comme indigne d'elle le titre d'évêché» suffragant de Byzance, pour prendre, avec un titre plus solennel, une attitude plus indépendante.

Le titre, elle le réclama dès 1035. Théopemptos son quatrième évêque commença, en elTet, à cette date, à exercer les droits des métropolitains ; l'indépendance, elle l'affirma peu de temps après ; car, Théopemptos étant mort, il s'éleva entre le patriarche et l'empereur, au sujet de son successeur une violente contestation qui fut cause que le siège de Kiev demeura vacant pendant quatre années. Finalement, en 1051, laroslav chargea les évoques de son l'oyaume, de procéder, sans tenir compte des réclamations de Byzance, à l'élection et à la consécration du métropolitain. Le choix des évêques russes tomba naturellement sur un russe de naissance, cher à l'empereur, le moine Hilarion (1051- 1072), le fondateur du célèbre monastère des Catacombes de Kiev, encore aujourd'hui un des sanctuaires les plus vénérés du monde slave, et le premier pèlerinage du monde chrétien si ce n'est du ^lobe (1).

Plus encore que son père, laroslav fut un grand Jbâtisseur d'églises. Kiev devint sous lui la ville aux quatre cents temples qu'admiraient les écrivains d'Occident. Gomme Charlemagne il créa des écoles. Vladimir avait fondé celle de Kiev; laroslav institua wCoUe de Novgorod pour trois cents jeunes gens. L'éducation du clergé attira aussi sa sollicitude; il

(1) Ea 1886 le noi/ibre des pèlerins qui l'ont visité aurait atteint le chiffre invraisemblable d'un million . — Annuellement, à l'Assomption, il est au moins de 50000.

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fit venir de Constantinople des chantres grecs qu'il chargea de compléter l'œuvre des moines bulgares en initiant le clergé russe à tous les secrets artistiques des liturgistes byzantins. Les arts eurent en lui un protecteur généreux. Il n'eut jamais à son gré as^ez d'architectes pour bâtir ses temples, assez de peintres pour les orner de mosaïques, assez de sculpteurs pour enchâsser dans l'or ou le marbre les reliques des saints et les restes des grands. Kiev dans sa pensée devait égaler, surpasser même, en magnificence la vieille cité du Bosphore. Gomme Byzance, elle eut sa cathédrale de Sainte-Sophie et sa Porte-d'or. Sa foi, toujours sincère, dégénérait parfois en superstition naïve : on raconte qu'il fit déterrer les ossements de ses oncles, morts sans s'être convertis, pour leur faire administrer un baptême posthume. laroslav mourut en 1054 « et son cercueil de pierre est un des plus précieux ornements de Sainte-Sophie de Kiev (1).

8. Kiev et Rome. — Les Slaves du Dnieper avaient reçu de leurs premiers apôtres, avec le rite grec et la langue slavonne, la foi catholique : les disciples des saints Cyrille et Méthode, qui leur enseignèrent la langue slavonne, et les prêtres de

(1) La merveille de Kiev, c'est Sainte-Sophie : les mosaïques de l'époque de Jaroslav subsistent encore, et l'on peut admirer sur le « mur indestructible » la colossale image de la Mère de Dieu, la cène où le Christ apparaît double présentant à six de ses disciples son corps, et aux six autres son sang, les images des saints et des docteurs, l'Ange de l'Annonciation et la Vierge. Les fresques conservées ou soigneusement restaurées sont encore nombreuses et couvrent de toutes paris les piliers, les murailles «t les voûtes à fond d'or. Toutes les inscriptions sont non pas en langue slavonne, mais en grec. » Rambaud, 63-4,

Byzance, qui leur apportèrent le rite grec, ayant tous vécu en communion avec le siège de Rome, cela ne suflit-il pas pour qu'on puisse dire en toute vérité que l'Eglise gréco-slave de Kiev est née catholique? — Pendant les 152 ans qui s'écoulèrent depuis la mort de Photi us (891) jusqu'à l'avènement de Michel Gérulaire (1043), les deux capitales du monde chrétien étant officiellement en paix, Kiev se mit sans méfiance à l'école des byzantins, et se laissa peu à peu envahir par les préjugés et les passions anticalholiques des maîtres fourbes et jaloux que lui envoyait le Patriarche. Ignorante comme elle l'était des choses occidentales, et condamnée à ne les connaître que défigurées par les déclamations écrites ou parlées des moines grecs, comment aurait-elle pu résister à l'entraînement, surtout lorsque les princes le favorisaient? Néanmoins, l'idée de la primauté romaine était si enracinée dans le cœur des Russes, qu'il fallut pour l'en arracher des efforts plus prolongés que partout ailleurs. Ainsi nous voyons, sous Léon IX, au moment de la rupture définitive des deux Eglises (1054) les légats du Saint-Siège chassés de Constantinople, trouver sur terre russe, asile et protection contre les menées criminelles de Michel Gérulaire, et sous Grégoire VII, le grandduc Démétrius mettre son royaume sous la protection du Saint-Siège, et Grégoire VII (1073-1085) lui envoyer des légats et lui écrire une lettre que nous possédons encore. Un siècle plus tard, 1170, nous trouvons le métropolite Jean qui s'adresse au pape Alexandre III dans un litige et sollicite la décision pontificale au nom de tous les évêques russes. Plus tard encore, Alexandre, fils de laroslav II, après avoir battu les Suédois sur les bords de

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la Neva en 1241, rentra dans la communion de l'Eglise romaine (1),

9. L' anarchie princière et le morcellement de V Eglise russe. (1054-1224) — « La période qui s'étend de 1054, année de la mort de laroslav, à 1224, année de Tapparition des Tatars, ou, pour prendre notre chronologie française, du règne d'Henri 1" à la mort de Philippe-Auguste, est une des plus confuses et des plus troublées de l'histoire de Russie. Comme la coutume Scandinave des partages continue à prévaloir sur l'idée byzantine de l'unité politique, le territoire national est sans cesse morcelé. L'anarchie princière de l'Europe orientale fait le pendant de notre anarchie féodale en Occident. Monsieur Pogodine énumère, pour cette période, 64 principautés qui eurent une existence plus ou moins longue, 293 princes qui pendant ces deux siècles se disputèrent Kiev ou les autres domaines russes, 83 guerres civiles, dans quelques-unes desquelles le pays tout entier se trouva engagé. » rambaud, 74.

Les révolutions politiques tournent bien rarement à l'avantage de la société religieuse. L'Eglise russe eut beaucoup à souffrir des agitations incessantes qui troublèrent si profondément les Slaves du Dnieper du XI* au XIll* siècle. Elle y perdit l'orthodoxie et l'unité — Kiev s'éloigna de plus en plus de Rome et épousa toutes les rancunes de Byzance. Le premier métropolite qui se déclara ouvertement

(t) « Toutes ces dëmai'ches, résultat d'une détresse momentanée, ne modifièrent cependant pas essentiellement la subordination ecclésiastique de la Russie à Byzance. » Hergenrœther, III, 527.

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schismatique fut Nicéphore (1104-1121). Ses successeurs immédiats, sacrés comme lui pour la plupart à Constantinople, furent comme lui, partisans avoués du schisme. Ses suffragants soutenus par leurs princes respectifs, ne tardèrent pas à se soustraire à son autorité, et bientôt la Kiévie, compta autant d'Eglises autocéphales que de principautés indépendantes. Le premier à secouer le joug fut l'évèque de Novgorod. « Dans le reste de la Russie, dit Rambaud, le clergé est russe orthodoxe. A Novgorod il est novgorodien avant tout. C'est au Xll* siècle seulement que les novgorodiens purent avoir un archevêque sorti, non de la Grèce ou de la Russie Kiévienne, mais de leur propre race. Dès lors l'archevêque de Novgorod est élu par les citoyens, par la vetché (milice municipale) : sans attendre l'investiture du métropolitain de Kiev, on installe le nouvel élu dan^s son palais archiépiscopal. 11 est un des grands personnages, le premier en dignité, de la République. Dans les actes publics, son nom est cité avant tous les autres : « Bénédiction de la part de l'Archevêque Moïse, dit une lettre patente, salut du Possadnik Daniel et du Tysatski Abraham. » Sur le prince il a cette supériorité d'être un enfant du pays, tandis que le descendant de Rourik. est un étranger. En revanche, les revenus du prélat, le trésor de Sainte-Sophie sont au service de la République. Au XIV siècle, nous voyons deux archevêques élever, à leurs frais, l'un des tours, l'autre un kremlin de pierre. Au XV siècle les richesses de la cathédrale sont employées au rachat des prisonniers russes enlevés par les Lithuaniens. C'est une Eglise essentiellement nationale que celle de Novgorod : les ecclésiastiques se mêlent des affaires temporelles, et les laïques des affaires spirituelles.

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Au XIV siècle, la veiché fait mettre à mort les hérétiques strigolniks, proscrit d'anciennes superstitions, fait brûler des sorciers. Gomme elle élevait l'archevêcxue, elle pouvait lu déposer. Avec la colonisation novgorodienne, s'étendait parmi les tribus païennes la propagande orthodoxe : vis-à-vis des Finnois l'Eglise et la République avaient des intérêts identiques. C'était la religion qui contribuait à la splendeur de la cité et qui profitait surtout de ses richesses. Novgorod était pleine d'églises et de monastères fondés par la piété des particuliers. Novgorod qui s'était alfranchie de la suprématie politique de Kiev, aurait voulu secouer aussi sa suprématie religieuse, se dispenser de chercher sur le Dnieper l'investiture de sou archevêque, faire de celui-ci un métropolite indépendant. Elle n'y réussit pas. Qaand Moscou commença à grandir, ce n'était pas seulement l'indépendance politique, mais l'indépendance spirituelle de Novgorod qu'elle menaça. La religion écait dans la main des princes moscovites un instrument de règne. Le prélat novgorodien fit toujours cause commune avec ses concitoyens et partagea avec eux les éclats de la colère du maître. » 113-114.

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