AU LECTEUR XIII
des phrases. Pour mieux atteindre mon but, j'ai suivi le conseil de Napoléon, qui voyait, dans la répétition, la plus puissante des ressources oratoires : j'ai répété autant que je l'ai cru nécessaire pour être compris à toute la mesure de mon désir, et si je n'ai pas réussi, je prie qu'on reconnaisse ma bonne volonté.
J'ai cru devoir être sobre de citations, parce qu'elles embarrassent l'exposition plus qu'elles ne la servent : je n'ai jamais compris ce travers, — pourtant si en faveur dans les cours de prédication, — qui consiste à charger sa thèse de textes plus ou moins appropriés et concluants. Cela s'appelle, il est vrai, « nourrir ses discours d'Ecriture, de patrologie et de tradition ». Le sermon n'en reste pas moins maigre, dans bien des cas où les auditeurs l'ont trouvé indigeste. Le mieux, à coup sûr, est de s'assurer cette érudition, par une sérieuse préparation, et de la laisser seulement transparaître dans sa parole, dont elle peut et môme doit être le fond, sinon la forme. J'ai suivi ce sentiment, comme on peut facilement le constater, en puisant d'abord aux sources traditionnelles, l'Ecriture sainte, les Pères et saint Thomas d'Aquin,Suarez etBelIarmin.Mais j'ai aussi emprunté aux modernes, parmi lesquels j'ose placer Léon XIII, ce qu'ils ont dit de plus propre à éclairer les esprits sur le sujet traité : les cardinaux Pie, Franzelin, Zigliara, Hergenroetlier,