‹ L'Eglise, sa raison d'êtreChapitre 6 sur 27 · AU LECTEUR XV · texte numérisé non relu

AU LECTEUR XV

nos'délicals : pour ne plus lire, ils ne savent rien de la suprême liberté, avec laquelle les maîtres de la prédication traitaient les gens de cour et les gens de lettres, au temps oîi il y avait des courtisans lettrés et des lellrés à grandes manières. Jamais je n'ai prétendu à de pareilles audaces, parce que j'avais la conscience très nette de mon milieu et de mes moyens. Je m'en suis du reste expliqué, au cours de la retraite pascale, et ne vois pas avantage à revenir sur ce sujet. Cependant il peut être bon de dire un mot de certaines excentricités de langage, dont la trace se retrouvera peut-être, bien qu'affaiblie, dans ces conférences sur l'Église : et ceci m'amène à dire mon humble avis sur ce qu'il est convenu d'appeler <( l'Eloquence de la chaire ».

Dans tous les traités de rhétorique, dont s'inspirent ceux qui éprouvent le besoin d'enseigner l'art de prêcher, on établit doctement des distinctions entre les différents genres d'éloquence. Je me permets de trouver ces distinctions dépourvues de véritables raisons. Il n'y a pas deux genres d'éloquence. Celui qui parle, — où qu'il parle et de quoi qu'il parle, — est ou n'est pas éloquent : voilà toute la distinction à établir. Saint Jean Chrysostôme, saint Bernard, Bossuel, Lacordaire,sonl éloquents, — chacun à sa manière, — c'est-à-dire suivant son tempérament, son temps et son milieu : Démos-

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