‹ L'Eglise, sa raison d'êtreChapitre 8 sur 27 · AU LECTEUR XIX · texte numérisé non relu

AU LECTEUR XIX

Ire, — encore que tout n'y soit ]>as plus parfait (|iie dans le reste des clioses humaines.

Car, il faut le reconnaître, la prédication devenue ainsi, — suis'ant le mot de Lacordaire, — « une conversation élevée », court cependant risque, — comme toute conversation, — de fluctuer, avec de s intermittences de çravité et de familiarité, au gré des inspirations incessamment renouvelées, qui viennent à l'orateur des émotions de son auditoire. Plus il y aura communication et plus ces variétés d'allure et de ton amèneront la possibilité de ce qu'on appelle le vulgaire et même le trivial, puisqu'il faut trancher l'expression. Sans passion, sans entraînement, le parleur sera sans oubli: mais jeté par sa pensée, et par le saisissement des auditeurs, dans des voies souvent imprévues, — parce qu'elles étaient impossibles à pressoir dans la tranquille {(réparation du cabinet ou de la cellule, — il ira tout droit devant lui, sans prendre garde à rien, sinon à la plus ^dvante formule qu'il puisse trouver, et ([ui lui vient sans crier gare. Lisez les discours, — je ne dis pas d'O'Connell, l'éloquence et l'incorrection mêmes, — mais de Berryer, tels qu'ils ont été prononcés à la tribune, et vous verrez si les véritables orateurs ont souci d'un mot vulgaire, quand il traduit mieux, ou qu'il est seul capable de traduire leur pensée. Les ivoiriers de Dieppe cares-

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