‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 102 sur 193 · Ca7Hulai7'e de Saint- Sernin^ p · texte numérisé non relu

Ca7Hulai7'e de Saint- Sernin^ p

2. Arc/i. de la H.-G.^ fonds de Saint-Etienne, n« XIX, 1. 5, t. 1. Accord entre l'évêque Raymond de Rabastens et l'abbé Hugues.

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pitres n'entendait céder à l'autre. Lorsque, le 15 octobre 1533, les chanoines de Saint-Étienne se rendirent à Saint-Sernin pour les prières ordonnées afin d'obtenir la paix et la prospérité du royaume, les chanoines de la basilique fermèrent leurs portes devant eux. Le Parlement prononça un arrêt selon lequel les deux chapitres auraient le droit de célébrer la messe l'un chez l'autre, mais il ne parait pas que les chanoines de la cathédrale soient jamais entrés dans le chœur de Saint-Sernin avec l'aumusse et le surplis.

Encore au dix-huitième siècle , malgré l'usage selon lequel les chapitres et les communautés assistaient aux thèses soutenues solennellement, le chapitre de Saint- Sernin invité, en juillet 1757, par le chanoine de Saint- Étienne, de Cambon, à assister à une thèse qui lui avait été dédiée, refusa, sous prétexte qu'il avait pris la délibération de n'entendre que la soutenance des thèses dont il aurait la dédicace ^

Le sentiment religieux s'est toujours plu à se manifester par les processions solennelles. Lorsque les populations, conduites par les ministres du Seigneur, s'avancent graves et joyeuses au milieu des chants de fête, à travers l'encens, les fleurs et les tentures, unies dans dans l'adoration et le recueillement comme dans l'oubli momentané des inquiétudes terrestres, ne semblent-elles

1. A7'ch. de la H. -G., fonds de Saint-Etienne, registre 158: déhbération du chapitre du 11 juillet 1757.

pas entreprendre le pèlerinage de l'éternité ? Les vieux siècles chrétiens multiplièrent ces témoignages de foi et ces pieuses réjouissances que le paganisme antique avait lui-même aimés. Ce n'étaient pas seulement les fêtes de l'Église qu'ils célébraient par ces marches triomphales, mais dans ces temps où la vie des peuples était imprégnée de christianisme, dans tous ses actes comme dans toutes ses pensées, et où il semblait que le Christ fût présent encore au milieu des hommes, les événements de leur existence civile, le couronnement d'un roi, le mariage d'un prince, une victoire, un traité de paix, le succès d'une entreprise qui intéressait une cité, entraînaient les fidèles hors de leur demeure, et leur joie sanctifiée rayonnait à travers les rues et les places publiques. Lorsqu'au contraire une calamité les frappait, qu'ils étaient menacés par la guerre et l'invasion ou décimés par une maladie contagieuse, le cortège suppliant et couvert des vêtements de pénitence semblait parcourir la voie douloureuse, et les prières ardentes montaient directement vers le ciel.

Les processions, ces fêtes pour tous, surtout pour ceux qui n'en connaissent pas d'autres, répandaient ainsi sans cesse leurs consolations et leurs espérances. Leur ordre était réglé selon les lois de la hiérarchie ecclésiastique et civile. Le chapitre de Saint-Étienne y maintint toujours sa primauté. Clément VI, confirmant par sa bulle de 1352 les prescriptions anciennes, ordonna que, malgré tous autres privilèges et exemptions, l'abbé de Saint-

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:Sernin, le prieur de la Daurade, celui de Saint-Pierredes-Cuisines, ainsi que ceux de Saint- Jean de Jérusalem et des quatre ordres de pauvreté assisteraient aux processions générales du chapitre, à la Fête-Dieu, aux Litanies et en temps de tribulation et de peste, de paix et de victoire des rois K

■ Les chanoines de Saint-Sernin tentèrent en vain d'occuper la place d'honneur. Un arrêt du Parlement leur enjoignit de marcher devant les chanoines de la cathédrale et après les moines de la Daurade 2.

Le chapitre défendait ses prérogatives contre les dignités de l'archevêché avec la même intrépidité jalouse, comme, par exemple, lorsque Antoine de Sabonnières, officiai d'Hector de Bourbon, eut entrepris, en l'absence de l'archevêque, de se placer, aux processions, entre les chanoines et le dais 3.

' Les confréries se multipliaient dans une sainte émulation. Chaque corporation d'ouvriers, chaque corps d'état, et aussi diverses manifestations des sentiments de foi avaient fait naître ces groupes fraternels, petites familles dans la grande famille chrétienne.

La plus ancienne, comme la plus haute, par l'objet de ses adorations était celle du Corps du Christ. Mais la confrérie de Corpo7^e Christi, avait été établie plus

1. A7'ch. de la H.- G . fonds de Sain^-Etienne,. ir XIX, 1. 5, t. 4.

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