‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 104 sur 193 · Voir chapitre IX · texte numérisé non relu

Voir chapitre IX

dée aussi de toute antiquité, dit un titre du seizième siècle, mais très probablement toutefois pas antérieure au douzième, était celle de Sainte-Anne, qui a survécu comme bien d'autres, et qui a imposé le nom de la mère de la sainte Vierge à la chapelle récente, construite sur les ruines de Saint-Jacques.

Elle fut reconstituée dans les dernières années du quinzième siècle et," le 5 octobre 1491, le chapitre ayant égard à la grande dévotion des nouveaux confrères envers Sainte-Anne, les autorisa à célébrer les offices de leurs fêtes, à se servir des vases sacrés et de l'orgue à tenir leurs assemblées dans la salle capitulaire du cloître, enfin à se réunir provisoirement pour leurs prières et offices dans la nef de Saint-Etienne jusqu'à ce que leur chapelle, dans l'église Saint-Jacques, fût terminée. Mais il stipula que deux chanoines, dont un chanoine claustral et un bénéficier, entreraient toujours dans la confrérie et en seraient régents annuels par tour, comme il en était dans les confréries De Corpore Christi et de l'Assomption de la sainte-Vierge 2.

La confrérie reçut des dons considérables par donations ou par testaments. Le 10 février de l'an 1500 elle

1. L'orgue servait aux deux confréries de Saint-Jacques ou des Pèlerins et de Sainte-Anne, après une transaction du 3 décembre 1514. Quelques années après, en 1558, l'organiste recevait 15 livres par an.

2. Arch. de la H.-G , fonds de Saint-Etienne. Registre de la confrérie de Sainte-Anne.

l/ÉGLISE SAINT-ÉTlExNNE. 159

acheta au prieur claustral, Pierre de Tournie, un local attenant à la chapelle pour y bâtir une sacristie.

Grégoire XV accorda des précieuses indulgences à cette confrérie par sa bulle des ides de septembre 1622 ^

Le peuple chrétien rencontrait à chaque pas de pieux souvenirs avec de saintes exhortations. Les statues de la Vierge et des saints apparaissaient aux angles des rues, sous des niches qu'éclairaient le soir des lampes soigneusement entretenues. La croix surtout se dressait, principalement sur les places et les carrefours où plusieurs rues aboutissaient : la croix Avellane au point où la rue Vélane d'aujourd'hui joignait celle de la Perche-Peinte ou du Puits-Doux; la croix Baragnon, dans la rue qu'elle désigne encore, vis-à-vis la rue Tolosane; la croix de la porte Montolieu, dans le fossé de la ville joignant la porte, abritée par un couvert d'ardoises, porté par quatre piliers de bois, transportée au delà du chemin au moment des guerres de religion, vers 1560, et convertie bientôt après en oratoire clos; enfin, la croix de Saintes-Carbes, sous un oratoire de même forme, érigé par les habitants des maisons voisines pour expier le meurtre des sieurs de Soupets et de Nantouillet, tués sur cette place en 1580. Mais l'oratoire avait remplacé l'orme vénéré de Saintes-Carbes,

1. Traduction de la bulle dans la plaquette : Statuts de la dévote et t7^ès ancienne confrèi^ie de Sainte- Anne, in- 12, Toulouse, 1704, veuve et fils Guillemette, rue de la Porterie.

ulmum sanctaru7n Carvarum^ mentionné dans les anciens textes, témoin des luttes sanglantes de la croisade, auquel on attachait de même qu'aux autres oratoires de la ville les premières gerbes de la moisson de l'année.

Ce n'était pas un simple oratoire, mais une chapelle qui s'élevait au milieu de la place Montaygou. Elle était dédiée à saint Georges, dont le nom a remplacé celui du riche bourgeois du moyen âge, et elle fut transportée, au quatorzième siècle, sur l'un des côtés de la place, au moment où elle devint la chapelle de l'hôpital Notre- Dame-du-Puy, dépendant de la cathédrale, fondé en 13591.

On voyait, en entrant dans les villes, après être passé sous les portes, une continuelle prière vivante, dans la personnne des recluses, qui ne quittaient jamais leur cellule et semblaient ainsi garder la cité. La porte Saint-Etienne avait sa recluse, et des dons ou des legs pieux avaient soin de maintenir cette forme saisissante de l'oraison qui ne se lassait jamais 2.

La charité ne tardait pas aussi à montrer ses fondations dès l'entrée des villes et l'hôpital des donats, mentionné déjà en 1152, s'élevait à côté de la porte Saint- Etienne.

Toulouse avait trente mille habitants au commence-

Page 1