‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 122 sur 193 · Catel, p · texte numérisé non relu

Catel, p

poussée des voûtes du chœur et aussi des petites voûtes contrebutant le mur dressé sur le dernier arc doubleau de la nef du treizième siècle. Ces petites voûtes furent bandées en même temps que celles du chœur, après la construction du mur, et rien n'était préparé sur le pilier du cardinal pour en recevoir d'autres.

Des pierres d'attente attachées à ce pilier sur le mur du triforium indiquent le projet de construire en pierre cette clôture qui fut dressée simplement en briques un siècle après.

La galerie du triforium, prolongée par le cardinal d'Orléans entre la dernière pile du chœur et le grand pilier, présente des formes d'un gothique empâté et abâtardi très différentes de celles de la galerie élevée, vis-à-vis, au-devant de la chapelle construite par Bernard de Rousergue, qui sont absolument semblables à celles qui régnent tout autour du chœur, et évidemment contemporaines.

Une tradition populaire, qui n'a pas entièrement disparu, voulait que ce robuste pilier renfermât un escalier à vis. Le cardinal de Glermont-Tonnerre le fit sonder par l'architecte Laffont , et s'assura ainsi qu'il était absolument massif et plein, comme il était facile de le prévoir ^

L'erreur s'était accréditée sans doute, parce qu'une

1. D'Aldéguier. Mèmoi7^es de la Société at^chéologique du Midi de la F7'ance, I, p. 37.

tourelle en encorbellement adjacente au pilier, que l'on prenait pour le prolongement du pilier lui-même, et partant seulement des voûtes du collatéral , renferme un escalier inachevé, destiné à conduire aux balustrades projetées sur le couronnement du chœur. Cet escalier se prolonge, en effet, de quelques marches descendantes, probablement pour permettre d'examiner l'état des voûtes.

Jean d'Orléans construisit encore la sacristie sur le flanc nord-est du chœur, en supprimant une chapelle qui ne servit plus dès lors (|ue de vestibule d'entrée. Resserrée entre les contreforts ({ui se contournent autour de l'abside et une étroite ruelle qui suivait la même courbe, elle obligea le constructeur à une ingénieuse structure de voûtes. Il dut résoudre ces difficultés par d'élégantes combinaisons, suivant les ressources infinies que l'art ogival à son déclin offrait encore.

Les nervures des voûtes, reliées par des liernes et des tiercerons, reposent, en suivant des courbes variées, sur des piliers ronds accolés aux contreforts ou sur les murs extérieurs. Les clefs de voûte, les culots et les chapiteaux des piliers portent les armes de l'archevêque soutenues par des anges ou par des chimères. Huit fenêtres, à meneaux en contrecourbes entrecroisées par un ovale, ajourent cette charmante construction. La fontaine reconstituée dans ces dernières années, occupe une arcature ouverte dans le mur occidental.

La porte biaise, parce qu'elle s'ouvre contre le pre-

mier contrefort de l'abside qui prenait déjà une direction oblique, est munie de vantaux de chêne, et sur le montant du vantail ouvrant, est sculptée une statuette de saint Etienne, vêtu en diacre, couronné, suivant la tradition liturgique, d'un pavé de son martyre et tenant un autre pavé dans sa main. L'artiste délicat et raffiné, s'est plu à tailler en perspective, sur cette porte qui s'ouvre en fuyant, le support et le dais sur lesquels se montrent les premières traces de l'art de la Renaissance.

La porte est surmontée par un bas-relief de pierre, avec les armes du cardinal supportées par deux anges, qu'encadre une ornementation du même goût.

Les ornements et les vases sacrés furent transportés de l'ancienne sacristie dans la nouvelle , le 11 janvier 1527; la construction était donc terminée à cette \ époque ^ .

L'ancienne sacristie du chapitre, ouverte, suivant la coutume, sur une des galeries du cloître, était devenue insufffsante et on se plaignait aussi de l'humidité constante, dans laquelle la maintenaient les murs de la cathédrale et des remparts de la ville.

Jean d'Orléans termina les contreforts de l'abside, plus simplement que ceux de la façade méridionale, couvrit par un amortissement de pierre les petits contreforts des chapelles du rond-point, et commença à revêtir les con-

I. Arch. delà H. -G., fonds de Saint-Étienne, registre 140; délibération du chapitre du 11 janvier 1527.

treforts septentrionaux de moulures prismatiques dressées au-dessus du second ressaut sur les angles, pour en dissimuler la sécheresse. Il entoura ensuite le chœur entier, au niveau des voûtes des chapelles, d'une balustrade formée de cercles dans lequel s'enroule un meneau en spirale à redents, semblable à celle qu'il donna pour couronnement à la sacristie.

Enfin Jean d'Orléans construisit ou plutôt termina l'immense clocher de la façade.

L'église de l'évêque Izarn avait un clocher latéral dont on voit sur la rue des Cloches les assises de briques, maintenues par de robustes contreforts inégaux et percées de deux fenêtres cintrées. Il est mentionné souvent dans les délibérations du cliapitre sous le nom de clocher vieux, et le 10 mars 1542, les chanoines décidèrent d'y établir les gardiens de l'église. C'était sans doute la destination première de la salle éclairée par les deux fenêtres cintrées ^ L'étage supérieur de ce clocher dut disparaître, si toutefois il avait jamais été élevé, lorsque Raymond VI construisit la nouvelle nef, et on entreprit alors de munir d'un autre clocher l'angle nord-ouest de la façade. Les clochers à cette place, moins commodes pour le service des sonneries que les clochers dressés au-dessus ou h côté du chœur, moins liturgiques surtout que ceux qui dominaient le maitre-autel , indiquant de loin la place où la sainte eucharistie était conservée,

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