‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 146 sur 193 · Voir TAppendice épi graphique · texte numérisé non relu

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de la toute -puissance de Louis XIV. Le chapitre multiplia ses salutations au nouvel archevêque à son entrée, bien qu'il n'eût pas encore reçu ses bulles, selon la demande que le roi lui fit adresser par Ghâteauneuf, et plus tard à toutes ses rentrées des États. Il députa des chanoines pour aller se rendre en habit long au-devant de lui, à Gastanet, lorsqu'il revint en décembre 1689 des États tenus à Montpellier ^ Les chanoines se rendirent de même avec empressement et en grand nombre à une tragédie qui fut représentée au collège des Jésuites devant l'archevêque, en mars 1690. Mais l'Église de France était encore troublée par le schisme qui avait éclaté après les difficultés de la régale, et le diocèse voisin de Pamiers, qui s'était signalé à la fin du treizième siècle par la défense des droits de l'Église contre les usurpations du pouvoir civil, était redevenu, trois siècles après, l'âme de la résistance à l'omnipotence royale. Louis XIV, éclairé par sa foi sincère comme par la justesse de son sens droit sur le péril dans lequel était tombée l'Église du royaume, plus sage et plus loyal que ses conseillers, écrivit au pape, le 14 septembre 1693, une lettre dans laquelle il déclarait renoncer à l'observation des articles contenus dans son édit de 1683, touchant la déclaration du clergé de France. Les évêques nommés adressèrent

1. Arch. de la H.-G., fonds de Saint-Etienne, registre 151- Délibération du 17 mars 1688, registre 152; déhbérations du 23 décembre 1689, du 18 mars et du 17 juillet 1690.

ensuite au pape une lettre qui fut regardée par tous comme un désaveu, et ils reçurent leurs bulles. Golbert fut installé en qualité d'archevêque le dimanche 11 juin

Il était d'usage que l'archevêque donnât une collation aux chanoines la veille de saint Jean-Baptiste, mais il commençait dès cette époque à se dispenser de cette obligation en envoyant à chaque chanoine deux boîtes de confitures, transaction qui devint régulière pendant le cours du dix-huitième siècle. Le prévôt devait de même une collation ou deux boîtes de confitures aux chanoines la veille de Saint-Étienne d'aoûts

En septembre 1694, une autre transaction intervint entre l'archevêque et les chanoines au sujet des réparations de la cathédrale. Il fut convenu que l'archevêque payerait dix parts sur treize pour les réparations cie l'église, du cloître, de l'église Saint-Jacques, des cloches, mais qu'il ne devrait rien pour le dallage de l'église et du cloître, ni pour la cloche de la paroisse, dont la table du pain bénit était chargée, ni pour les réparations ou l'entretien des chapelles, qui incombaient aux familles dont elles abritaient les tombeaux ou aux confréries dont elles étaient le siège. Le chapitre devait jouir seul des revenus des bancs placés dans la nef pour les sermons de l'Avent et du Carême ou autres sermons et céré-

1. Arch. de la E.-G., fonds de Saint-Etienne, registre 152. Déhbérations du 1 1 juin et du 20 septembre 1694.

monies, à la condition de remettre soixante livres à l'archevêque la veille de Saint- Jean-Baptiste ^

Michel de Golbert éleva les façades de la cour de son palais archiépiscopal, le pavillon d'entrée et la grande chapelle, transformée aujourd'hui en salle d'archives, où il prononça solennellement l'adhésion à la bulle qui condamnait le Livre des Maximes des saints, de l'archevêque de Cambrai. Il mourut à Paris, le 11 juillet 1710, et, pas plus que lui, aucun de ses successeurs, jusqu'à la Révolution, ne reposa dans la cathédrale toulousaine, à l'exception de Henri de Nesmond, qui mourut le 27 mai 1727, après avoir institué les pauvres ses légataires universels.

Le chapitre n'entreprit d'autres réparations à l'église dans les dernières années du siècle que la reconstruction de la tribune où il se rendait pour entendre les prédications. Il avait d'abord commandé une balustrade de fer forgé, mais il décida, le 22 août 1692, de la faire exécuter en bois de noyer. Le tambour d'entrée, qui paraît un peu plus ancien, de même que la tribune et la balustrade elles-mêmes, doit avoir été établi à la même époque.

Antoine -François de Bertier, prévôt et évêque de Rieux, donna, en décembre de la même année, deux beaux manuscrits des Épîtres et Évangiles, revêtus de plaques d'argent, afin de remettre en honneur la coutume

1. A7^ch. de la H. -G., fonds de Saint-Étienne, registre 15^. Déhbérations du il et du 20 septembre 1694,

liturgique de les lire avec solennité. Les caractères imitent ceux de l'imprimerie ; les lettres initiales sont peintes et ornées. Des fleurs peintes ornent aussi la fin de chaque lecture. Plus tard, on appliqua sur des pages blanches, en face des évangiles, des gravures des maîtres du temps, Rigaud, Verdier, etc.^

1. Arch. de la IJ. G , fonds de Saint-Êtienne, n° lo2. Délibérations du chapitre des 22 août et 17 décembre 1692. — Les deux manuscrits sont conservés à la Bibliothèque de la ville, n°» 108 et 109.

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