LES CHAPELLES DE SAINT-ÉTIENNE
Les trois chapelles de la nef. — Les dix-sept chapelles du chœur. — Leur histoire et leur ornementation.
Chacune des chapelles de la cathédrale devrait avoir son histoire avec celle des dévotions spéciales et des confréries qui les avaient peuplées ou des familles dont elles abritaient les tombeaux. Elles ont souvent changé de vocable, et bien peu conservent celui sous lequel elles furent placées à l'origine. Leur construction a été plus d'une fois ainsi gravement altérée, et plusieurs d'entre elles demandent encore à reprendre leur forme ancienne.
Chapelle de l'Agonie.
La chapelle de l'Agonie, dans la nef à droite en entrant, a été construite dans la seconde moitié du quinzième siècle, sous l'épiscopat de Bernard de Rousergue, dont on voit les armes à l'une des clefs de voûte. La dévotion à Notre-Dame-de-Pitié se répandait à cette époque où Ton plaça la statue de la Vierge, portant le Christ mort sur ses genoux, dans un grand nombre d'édifices religieux ou civils, et jusqu'au-dessus des portes des forte-
resses. Chacune des églises importantes voulut lui consacrer un autel.
Cette chapelle se compose d'une travée barlongue et d'une abside à cinq pans couvertes par une voûte d'arête aux robustes nervures. Elle forme ainsi comme une petite église avec une chapelle voûtée à gauche, utilisant l'espace entre le mur et le contrefort de la grande nef, et une sacristie particulière voûtée en berceau, éclairée à travers un mur épais par une fenêtre donnant sur la ruelle du presbytère. Ses murs étaient autrefois couverts iVeœ-voto perpétuant la reconnaissance des fidèles. Un grand nombre de lampes étaient suspendues à ses voûtes. Une belle grille, montant du sol jusqu'à la naissance de l'ogive, la séparait de la nef. Ces ornements et ces souvenirs furent enlevés peu après 1830 ; un lourd rétable du style classique les remplaça, abritant une statue de la Vierge avec le Christ mort en bois doré et deux statues de saints de même.
Le beau groupe en terre cuite de Notre-Dame-de-Pitié, placé à l'entrée de la chapelle contre le pilier de la grande nef, œuvre d'un artiste inconnu et daté de 1654, avait été donné par le généreux marchand Taffin, placé d'abord derrière le grand autel du chœur, puis bientôt après dans la chapelle de Notre -Dame -de -Consolation, au fond de l'abside, oû il était demeuré jusqu'à la restauration de cette chapelle, dans ces derniers temps ^ .
1. A?^ch. de la U.-G , fonds de Saint-Etienne, n« 149. Délibération du 25 septembre 1654. Le prévôt dit que Taffin, mar-
l'eGMSK SAINT-ETIENNE.
Chapelle actuelle des Chaises.
La chapelle à gauche de l'entrée, réservée aujourd'hui aux chaises de service, fut bâtie en 1555, mais elle remplaça sans doute une chapelle antérieure. Elle est de forme carrée et s'ouvre par un arc en plein cintre, dont de maigres moulures ornent les jambages. Elle est couverte par une voûte à nervures compliquées formant au centre un losange dont deux arêtes triangulaires joignent les côtés aux angles des murs. Ces combinaisons venaient d'être adoptées pour faciliter la construction de voûtes plates lorsque l'espace ne permettait pas de s'élever beaucoup ou simplement lorsque la fantaisie de la nouveauté inspirait l'architecte, selon la tendance naturelle qui entraîne constamment notre race vers les changements ingénieux et les raffinements sans repos. On voit une voûte analogue, mais plus élégante, à la chapelle qui précède la sacristie de l'église Saint-Nicolas.
Un espace fut réservé entre le mur et le massif plein du clocher, afin de donner à la chapelle et à sa voûte une forme exactement carrée. Il pouvait être utilisé d'ailleurs pour renfermer divers ustensiles de l'église.
L'étroite fenêtre est fermée par un vitrail représentant le baptême de Notre-Seigneur peint par M. de Nozan, di-
chand, connu par le don magnifique qu'il a fait à Saint-Sernin, veut donner une Vierge en relief qu'il a fait faire par un ouvrier excellent. Le sculpteur inconnu serait-il Guépin? Le groupe n'est pas indigne de lui.
304 HISTOIRE m TOULOIÎSK CHRETIENNE.
recteur du télégraphe, à Toulouse, dans le milieu du siècle, qui fut l'un des premiers restaurateurs, dans la province, de l'art du verrier.
Un groupe de marbre du baptême de Jésus-Christ par saint Jean, dù à Griffoul-Dorval \ est préservé des chocs, mais caché aussi aux regards par une palissade en planches.
Cette chapelle fut occupée aussitôt après sa construction par les fonts baptismaux 2, qui avaient été placés auparavant dans la petite chapelle à laquelle on les a restitués en 1876, selon la tradition liturgique, exigeant qu'ils soient établis à l'entrée de l'église, à gauche.
Chapelle des Fonts-Baptismauœ.
Cette chapelle prit sa forme actuelle lorsque Pierre du Moulin construisit le grand portail. La porte de forme carrée s'ouvrarit sur l'église montre les dispositions et les moulures de la fin du quinzième siècle. Lorsqu'on a rétabli à cette place les fonts baptismaux, on a fermé l'accès par quelques montants de la grille du quinzième siècle, qui se dressait autrefois devant la chapelle de l'Agonie. Elle est semblable aux belles grilles du même temps que l'on voit autour du chœur de Saint-Sernin^.