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M. Délibérations du 20 mars 1627 et de

â08 HISTOIRE DE TOULOUSE CHRETIENNE.

Dès les premières années du dix-huitième siècle, les prébendiers de saint Dominique, qui ne jouissaient plus que de six cent quarante livres de revenus, insuffisantes pour l'entretien de la chapelle, se réunissaient à la chapelle Saint-Louis

Lorsque la chapelle fut restaurée, après le rétablissement du culte, elle fut placée sous l'invocation de saint Vincent de Paul, mais son ornementation fut gravement altérée. On rasa les élégantes arcatures que remplacèrent des peintures grises et fades, et on ferma le passage vers la chapelle suivante.

Derrière l'autel , sur un encadrement à colonnes et à fronton classiques, est placé un tableau représentant le saint entouré de Filles de la Charité, peint par Faure, en 1829.

On a ménagé dans les murailles deux niches fermées par des arcatures de marbre blanc, abritant des reliquaires où sont contenus, du côté de l'épître, des ossements de saint Adéodate, de saint Bruno, confesseur, de saint Gyprien, évêque et martyr, de saint Antoine, abbé, de saint Aubin, évêque, et de plusieurs autres saints; du côté de l'évangile, des ossements de saint Vincent de Paul, de saint Vincent, diacre, de saint Aventin, martyr, et une parcelle du bois de la vraie croix. Des inscriptions prises dans le Deutéronome, le

1. Arch. de la H. -G,, fonds de Saint-Etienne, n« 86. Registre des prébendiers, année 1707.

I l/ÉGLISE SAINT-ÉtiENNE. 309

I Livre de Job et l'évangile de saint Marc, se rapportent aux charités de saint Vincent de Paul.

Chapelle de Saint- Augustin.

La chapelle de Saint -Augustin, autrefois dédiée à sainte Catherine , a subi à la même époque d'aussi déplorables altérations. On n'y voit plus de traces des arcatures ogivales ni du passage. Quatre bas-reliefs de terre cuite reproduisent les principaux traits de la vie du nouveau patron de l'autel : sa conversion, son baptême par saint Ambroise, sa mort, son apothéose. Ils sont attribués à Ambroise Frédeau, religieux augustin, peintre et sculpteur, élève de Simon Vouet, qui avait rempli son couvent de Toulouse, où il mourut simple Frère portier en 1673, de tableaux et de sculptures. Les petites nefs du chœur devinrent pendant la Révolution le dépôt d'un grand nombre d'œuvres d'art retirées des églises supprimées, et on les utilisa pour orner la cathédrale dépouillée lorsqu'elle fut rouverte au culte. C'est ainsi que furent placés ces bas-reliefs dont la composition et le mouvement des groupes ne sont pas sans valeur.

Au-dessous d'eux, le sculpteur toulousain Ajon, dont^ on rencontre parfois d'élégantes statuettes en terre cuite ^gui furent assez recherchées dans les années qui suivirent la Révolution, sculpta daus des encadrements de marbre divers attributs ecclésiastiques ainsi que le groupe de saint Augustin porté au ciel par les anges, que l'on

voit au-dessus de l'autel, sous un entablement de style antique, accompagnée de l'inscription païenne : divo

AUGUSTINO.

Mais, par une heureuse compensation, cette chapelle, comme la précédente, a conservé son beau vitraiP et aussi sa clef de voûte montrant un roi, la tête ceinte d'une couronne fleurdelisée et nimbée, certainement saint Louis, tenant d'une main une palme et de l'autre une croix inscrite dans un disque. La clef de voûte de la travée correspondante du collatéral est ornée d'une charmante figure de sainte Catherine, portant une palme et un livre avec une grâce déjà un peu maniérée.

C'est dans cette chapelle que Pierre de Saint-Martial avait fondé, en 1^01, par son testament, quatre prébendiers qui jouissaient encore, à la veille de la Révolution, de 2,200 livres de revenu.

Chapelle de Sainte-Ge7'niaine.

La clef de voûte de la chapelle qui suit, dédiée autrefois à saint Nicolas, montre un évêque bénissant de la main droite et tenant de la gauche une crosse à volute fleuronnée. On voit aussi à la clef de voûte de la travée correspondante du collatéral une tête d'évêque barbu portant une mitre triangulaire richement ornée de même que l'orfroi de la chasuble.

Cette chapelle passa^ vers la fm du seizième siècle,

i. Voir pour les vitraux de la cathédrale le chapitre suivant.

sous l'invocation de saint Alexis lorsque le chanoine Alexis Dubreil l'eut choisie pour abriter sa sépulture en y fondant un obit. En 1649, le chapitre voulut permettre au conseiller au Parlement, de Lafond, de la prendre avec la même intention, de l'orner et d'y faire placer un tableau représentant une scène de la vie de saint Bernard que l'on voit encore dans la chapelle de saint Augustin: mais M^^^ Dubreil s'y opposa en disant que la sépulture de cette chapelle, où reposaient ses ancêtres avec le fondateur, lui appartenait ^

La chapelle fut dédiée à saint François de Paule après le rétablissement du culte; mais elle a été donnée, depuis sa canonisation, à la sainte chère aux Toulousains, la bergère Germaine dePibrac. Elle fut restaurée en 1878 ; les arcatures furent rétablies et décorées de peintures; mais, par une négligence regrettable qui fit oublier les dispositions anciennes, on ne rouvrit pas le passage vers les deux chapelles voisines 2. Tandis que M. Ghalons peignait sur le vitrail les traits principaux de la vie de saint François de Paule, avec des tons trop assourdis par la robe brune des religieux minimes, M. Bénezet décorait le rétable d'un tableau plein de fraîcheur

1. A7^ch. de la H.-G.^ fonds de Saint-Etienne, n» 148; délibération du chapitre du 8 janvier et du 27 mars 1649.

2. M. Chambert, architecte diocésain, découvrit en restaurant cette chapelle un bas-rehef de saint Nicolas avec les trois petits enfants, que l'on résolut de placer sous une des arcatures, mais qui a disparu. Il fit rétablir le banc de pierre disposé sur le pourtour de la chapelle.

et de grâce représentant l'apothéose de sainte Germaine et traçait aussi sur les murs quatre scènes de la vie de la sainte, où revit la suavité des maîtres primitifs : le miracle du pain de l'aumône transformé en fleurs, sainte Germaine traversant le Courbet qui arrête ses flots sous ses pas, puis apprenant l'évangile aux petits enfants, mourant enfin sous l'escalier de la chaumière paternelle.

On voit au-dessus de ces peintures les armoiries de Léon XIII, du cardinal Desprez, du chapitre et de de Gantalause, bienfaitrice de la chapelle».

Les guerres et les violences de la réforme avaient remis en honneur le souvenir du chanoine de Saint-Étienne, Raymond de Costiran, appelé aussi Raymond Scriptor, qui avait été massacré à Avignonet avec les inquisiteurs de la foi le 28 mai 1242, et dont les restes avaient été déposés dans le cloître avec ceux de son clerc Bernard. Le chapitre résolut, en mai 1645, de les faire rechercher, afin de leur rendre les honneurs qui leur étaient dus; mais l'archevêque de Montchal ne procéda à l'ouverture de leur tombeau que le mardi 7 janvier 1648. Les ossements retrouvés furent transportés à la sacristie: le chapitre demanda à Rome la permission de célébrer leur culte et s'informa auprès des religieux de Saint-Dominique de la forme qu'il devait suivre pour l'obtenir. En mai 1652,

1. Armes des Gantalause : parti d'argent à l'alouette de sable sur une terrasse de sinople au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or, et d'azur à la croix d'or cantonnée de quatre croissants de même. Couronne de baron.

les ossements furent déposés dans la chapelle Saint- Alexis, et comme l'inscription de leur pierre sépulcrale dans le cloître fut trouvée trop grande, on la remplaça par une plaque de marbre que l'on voit encore, sur laquelle le sculpteur Atfre creusa les lettres indiquant simplement leurs noms et leur genre de mort sans précision de date ni de lieu ^

Les démarches pour le culte à leur rendre se poursuivirent sans beaucoup d'activité, bien que les Dominicains et les Gordeliers eussent manifesté l'intention de joindre leurs soins à ceux du chapitre. En 1688, l'assistant du général des Dominicains, le P. Massoulier^, demandait encore des éclaircissements sur les martyrs d'Avignonet. Le P. Percin, religieux du couvent de Toulouse, réunit dans les années suivantes un volumineux dossier pour leur canonisation; son projet fut repris en 1727 par le prieur des Dominicains de Toulouse,

1. Voir l'appendice épigrapliique. A?^ch. de la H. -G., fonds de Saint-Etienne, n°^ 148, i49, 150, 131, 155; délibération du 6 mai 1645, du 4 janvier J648, du 19 janvier et du 4 mai 1652, du 24 septembre 1688, du 10 octobre 1727. Hist. de Languedoc, VI, p. 371; baron Désazars, Les inquisitew^s tués à Avignonet^ Revue de Toulouse, XXX, p. 117.

Il importe de ne pas confondre Raymond Scriptor, massacré à Avignonet, avec son contemporain portant le même nom, qui fut prévôt du chapitre de Saint-Etienne de 1237 à 1255.

2. Le P. Massoulier, dominicain, né à Toulouse en 1632, mort à Rome assistant du trône pontifical en 1706, savant théologien, a écrit plusieurs traités philosophiques et ascétiques.

auquel le chapitre joignit trois de ses membres pour poursuivre spécialement la canonisation de Raymond Scriptor et de son clerc, puis en 1860 par un autre religieux de l'Ordre, mais toujours sans succès.

Chapelle de la Sainte-Croiœ.

La chapelle suivante est une de celles qui a conservé son premier vocable à travers les temps. La clef de voûte porte, en effet, une croix fleuronnée soutenue par deux anges, et celle de la travée du collatéral un roi à genoux, Constantin ou saint Louis, tenant une croix très ornée.

Elle avait subi des dégradations et surtout des restaurations qui détruisaient son caractère; mais son état ancien a été rétabli en 1879 à l'occasion d'un fragment de la vraie Croix donné par la famille Doujat d'Empeaux. Les arcatures ont reparu ; des peintures imitant des draperies tombantes, dans le goût du treizième siècle, remplissent les entrecolonnements ; le passage vers la chapelle qui suit a été rouvert, et un vitrail de M. Chalons, représentant avec des tons fort éclatants saint Louis tenant la couronne d'épines sur un coussin de velours, et Constantin portant la croix, a été donné par M'"^ la vicomtesse de Salignac-Fénelon, dont on voit les armes au bas du panneau de droite ' . Le peintre a donné à l'offi-

1. Parti d'or k trois bandes de sinople, qui est Salignac-Fénelon, et d'un écartelé au premier d'azur à Pépée d'or posée en

cier escortant l'empereur romain les traits du général de Salignac-Fénelon, qui commanda le dix-septième corps à Toulouse de 1873 à 1878, de même qu'il a donné à l'archevêque ceux du cardinal Desprez et à l'empereur les siens propres. Les armes du cardinal sont peintes au bas de l'autre panneau.

On retrouva en restaurant la chapelle l'inscription en lettres gothiques anguleuses consacrée à Bertrand de Glusel, prieur de Sauvimont, dont on voit le tombeau au Musée avec une inscription pareille, accompagnée de deux blasons au lion passant. Il avait été député au concile de Constance, en 1414, avec les évêques de Pamiers et de Lavaur, l'abbé de Saint-Sernin et le prieur de la Daurade \ et il avait adopté cette chapelle. Une armoire, ou peut-être une ancienne piscine, est ménagée dans le mur du côté de l'épître.

Chapelle des Reliques.

La chapelle qui suit est la première du rond-point. La clef de voûte montre un évêque en chasuble, bénissant, aA^ec deux blasons à ses côtés aux armes de Gaillard de Pressac. Sainte Anne et saint Joachim furent ses patrons.

pal, la pointe en haut ; au second et troisième, d'argent à neuf mouchetures d'hermine ; au quatrième, d'azur à trois branches feuillées d'or posées en pal, qui est Randon.

1. Hist. de Languedoc, XI, p. 1026. Voir l'appendice épigraphique. Le tombeau du prieur fut retiré par Dumège d'une brasserie du faubourg Saint-Cyprien.

Mais on l'appela communément la chapelle de Vayrolés parce qu'on y voyait le tombeau de l'archevêque Geoffroy de Vayroles, mort en 1376, qui y avait fondé quatre obits bienrentés^ Pierre Flouet, chanoine et vicaire général de l'archevêque Charles de Montchal, la décora richement dans le milieu du dix-septième siècle, mais en dénaturant le caractère de la construction primitive 2.

Cette chapelle avait été dédiée à saint Joseph quelques années auparavant, lorsque la dévotion au père nourricier de Notre-Seigneur se fut établie et répandue. Un remarquable tableau de Subleyras, où saint Joseph est figuré assis présentant l'Enfant-Jésus , aujourd'hui au Musée, fut placé plus tard derrière l'autel.

1. Les doutes exprimés au sujet du tombeau de Geoffroy de Vayroles, aujourd'hui au Musée (voir page 176) sont levés par la connaissance d'un sceau de l'archevêque conservé aux A7^chives de la Haute-Ga7*onne, fonds de l'archevêché G 310, représentant les bandes de ses armes figurées aux angles du carreau à glands sur lequel repose sa tête. L'armoriai de l'archevêché, peint d'après un armoriai du dix-septième siècle, qui fut remis, il y a quelques années, à Son Eminence le cnrdinal Desprez, contient plusieurs erreurs et a donncà Geoffroy de Vayroles, les vairs, tels qu'ils sont figurés habituellement en blason, mais qui ne sont pas en réalité les armes de l'archevêque.

2. A7'ch de F.-G., fonds de l'archevêché, n» 314 G; registre de Gaspard Sorèze, f^ 35. L'obit de Pierre Flouet était situé à Beaufort, dans le diocèse de Mirepoix, près de Gaja-Ia-Selve; les trois autres obits, qui avaient pour titulaires à cette époque le chanoine de Latour et les prébendiers Reich et Solier, étaient établis à Montastruc, à Baulat, paroisse du Bourg- Saint-Bernard, et à Chantilla, paroisse de Balma.

Peu après 1850, la chapelle reprit son ornementation première, sous la direction de M. Virebent, qui crut toutefois pouvoir surmonter les arcatures basses de gables en terre cuite empiétant sur les vitraux. Des niches furent creusées entre les entre-colonnements pour recevoir les reliquaires dans lesquels on déposa les nombreuses reliques, retirées au moment des spoliations révolutionnaires du couvent des religieuses de Saint- Pantaléon et remises par les officiers municipaux de 1792 aux paroissiens de Saint-Étienne, sur leur demande.

Les inventaires du couvent mentionnent parmi les reliques conservées dans son église un fragment de la sainte Épine et un morceau de la vraie Croix, un bras de saint Etienne, premier martyr, un os de l'épaule de saint Grégoire le Grand, un doigt de saint Pantaléon et la coupe qu'il avait ciselée , quatre têtes des onze mille vierges et plusieurs autres petites reliques données de même par le cardinal de Gomminges, fondateur du couvent; en outre, des reliques de saint Maurice et de ses deux compagnons, saint Candide et saint Innocent, envoyées à la requête du cardinal, par Barthélémy, abbé de Saint-Maurice d'Agaune ; enfin, des reliques des saints martyrs Eusèbe, Justin, Antonin, Libéral, Marcelin et de sainte Béatrix, données par le cardinal Carpino, vicaire général du pape Innocent XI, et qui venaient d'être retirées du cimetière Pontien ^

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