‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 161 sur 193 · Ici., n" 158, déhbérations du 15 juin 1753, du 15 juin · texte numérisé non relu

Ici., n" 158, déhbérations du 15 juin 1753, du 15 juin

3. icZ , nM60; délibérations du 3 cotobre 1772, du 26 mai 1870. Les filles du Bon-Pasteur avaient été fondées, en 1715, pai^ l'abbé de Tournier, prieur de Clairvaux, conseiller au Parlement. Elles étaient encore au nombre de vingt-cinq à la Révolution avec une quarantaine de repenties. L'ancien couvent de Saint-Orens, démoli^en 1858, a été remplacé par l'hôtel destiné au général commandant l'artillerie.

cinquante-six ans, à Paris, après trois années écoulées à peine depuis sa promotion à Toulouse. Le 11 février 1763, le chapitre apprit que l'évêque de Gondom était nommé archevêque de Toulouse et, le 20 août, Charles de Loménie de Brienne fut installé solennellement. Le nouveau prélat s'appliqua aussitôt à continuer les travaux de son prédécesseur, qu'il devait développer avec ampleur, et fit construire sur un plan monumental, malheureusement demeuré inachevé, les quais avec l'avenue Saint-Gyprien et creuser le canal qui a conservé son nom.

Bientôt après son arrivée, il manifesta l'intention d'introduire dans le diocèse le bréviaire de Paris, et le nouveau rituel, avec les nouveaux livres de chant, furent adoptés sans résistance en 1772. Ce ne fut cependant que cinq ans après, à partir du dernier samedi de juin de l'année 1777, que l'on donna la bénédiction en prononçant à haute voix le nom des trois personnes de la sainte Trinité, selon le rit parisien. Le 21 de ce mois. Monsieur, frère du roi, était arrivé à Toulouse. Douze chanoines allèrent le saluer et tout le chapitre se rangea dans la nef de la cathédrale lorsqu'il entra accompagné de l'archevêque et précédé par les archidiacres ^

Le 23 mars 1780, l'archevêque rendit une ordonnance par laquelle il interdisait définitivement les inhumations dans les églises. Les paroissiens de Saint-Étienne reçurent

1. Arch. de la E.-G., fonds de Saint-Etienne, n« 160; déhbérations du 3 novembre 1770 et du 15 mai 1772. Registre non coté, défibération du 21 juin 1777,

la sépulture au cimetière Saint-Aubin ; le cimetière Saint Sauveur avait été supprimé en 1769 et les habitants du faubourg demandèrent l'érection de l'église en paroisse ^ encouragés par l'exemple de ceux du faubourg Saint- Michel dont l'église était devenue le siège d'une paroisse nouvelle, par une ordonnance de l'archevêque en date du 31 décembre 1780, en 'vertu des lettres patentes du roi données à Versailles le 3 juillet précédent.

Le l^r mai 1787, l'archevêque était nommé par le roi chef de son conseil royal des finances. L'ambitieux prélat obtenait enfin le but qu'il poursuivait depuis plusieurs années et qu'il venait de préparer pendant la tenue de l'assemblée des notables, en s'eff'orçant de contredire et de supplanter Galonné. Lié avec les littérateurs et les philosophes dont il partageait les illusions et jusqu'à l'incrédulité, il devait bientôt préparer les catastrophes par ses légèretés et ses précipitations ; mais à Toulouse on ne le connaissait que par son activité, son goût pour les arts, ses créations d'embellissements et de bienfaisance. Le chapitre s'empressa de le féliciter de sa nomination au ministère et de lui exprimer ses regrets lorsqu'il fut nommé, en 1788, archevêque de Sens. Il disait qu'on aurait de la peine à maintenir le bien qu'il faisait dans la ville : enfants élevés, familles pauvres secourues, travaux entrepris. Il lui demanda son intervention pour obtenir du

1. A7'ch. de la H. G., fonds de Saint-Etienne; délibération du 20 juillet 1787

roi les services nécessaires pour la reconstruction de la nef, que le hardi prélat avait projetée sans doute et que les habitants de Toulouse et le chapitre ne cessaient d'espérer. « C'était le seul ouvrage, disaient les chanoines, qui avait manqué à son pontificat, car cette nef sans collatéraux, sans décoration, ressemble plus à quelque vaste magasin profane qu'à un édifice consacré aux exercices augustes de la religion*. •>■> Ainsi, de même que quelques années auparavant, on n'avait pas d'autre pensée que de continuer la nef selon le prolongement du chœur et on ne paraissait pas admettre qu'elle pùt être doublée par une nef semblable.

Le chapitre demanda son portrait à l'archevêque pour le mettre à la salle capitulaire^.

Le samedi 12 avril, il nomma vicaires généraux le prévôt de Malaret, qui avait remplacé depuis dix ans Antoine de Valette ; le chancelier de Gambon, l'archidiacre de Barbazan et le chanoine d'Hélyot, le fondateur de la Bibliothèque du clergé 3.

François de Fontanges reçut bientôt ses bulles, arriva

1. Arch. de la H. -G-, fonds de Saint-Étienne ; délibération du 21 mai 1787, du février 1788.

2. Ce portrait est conservé aujourd'hui à l'archevêché; le prélat est représenté tenant les plans des quais de Toulouse, Un autre portrait de Loménie de Brienne se voit à la BibUothèque de la ville qu'il avait fondée, principalement avec le fonds de celle des Jésuites.

3. Arch. de la H.-G.^ fonds de Saint-Etienne ; délibération du 12 avril 1788.

à Toulouse le 24 février 1789 et fut installé solennellement le surlendemain.

La ville était déjà très agitée par la fermentation qui soulevait tous les esprits. La mesure hardie par laquelle Louis XVI avait rompu, en mai 1788, l'existence politique des parlements et rapproché la juridiction d'appel des justiciables, objet constant des vœux du pays, avait vivement irrité les magistrats, la noblesse territoriale qui leur était unie par des liens étroits et la clientèle nombreuse qui s'appuyait sur eux. Forts de ces soutiens naturels, ils voulurent envoyer quatre députés à Paris, mais l'intendant n'autorisa pas leur départ. Ils réclamèrent alors la convocation d'un conseil général dont la réunion fut interdite par le comte de Périgord, commandant en chef de la province. Le chapitre de Saint-Étienne unit aussitôt ses protestations à celles de la noblesse^ et des autres corps de la ville. Le chanoine d'Aldéguier, l'un des célériers, dit à la réunion capitulaire du 10 juillet : « Le clergé de France a donné l'exemple, jaloux de détourner de nos têtes les maux qui nous menacent... les peuples attendent de nous les effets de notre tendre sollicitude..., la religion adopte les sentiments de patriotisme et resserre les liens de la société. La triste situation où se trouve une classe nombreuse de citoyens nous impose le devoir de ne pas y être insensibles. »

i. Voir les protestations de la noblesse et les signatures, Histoire de Languedoc, XIII, p. 1352.

l'église SA.INT-ÉTIENNE.

Les chanoines multiplièrent leurs lettres au comte de Périgord , à l'abbé de Montesquiou , agent général du clergé de France; au nouvel archevêque, au comte de Breteuil, ministre d'État. « Nous pleurons nos magistrats, écrivaient-ils à ce dernier, dans le langage emphatique qui commençait à altérer la franche pureté de la langue, ils sont proscrits. Tous les ordres de citoyens réclament en vain ces pères du peuple qu'un exil rigoureux tient éloignés du sanctuaire de la justice, tant de familles sont réduite à la plus affreuse indigence, les esprits sont abattus, tous les cœurs sont flétris. Point de confiance en ces hommes nouveaux jugés par l'opinion publique indignes des emplois importants dont ils sont revêtus. La nature entière gémissant sous les coups redoublés d'une autorité arbitraire est réduite à craindre la main qu'elle aime à bénir*. »

La lettre au ministre d'État se terminait par la demande de convoquer les États-Généraux.

Le procureur général de Rességuier, à qui le chapitre avait envoyé une copie de ces lettres, répondit du château du Secourieux. « La part que ce corps respectable prend aujourd'hui à la cause publique est une suite

1. Arch. de la lî.-G.^ fonds de Saint-Étienne, déhbération du 10 juillet 1788. La lettre au baron de Breteuil est signée par le prévôt de Malaret, les archidiacres d'Aldéguier, de Barbazan, Daspe, le grand chantre DeUle, les chanoines Dèzes, RouUan, Dreuille, Saint-Médard, Boutaric, du Bourg, Malafosse, Desinnocents, d'Hélyot, de Vicques, Saint-Félix, Pons, Carrère, Betou, Dever.

toute naturelle de celle qu'il a toujours prise aux événements qui ont intéressé la nation. Il n'a jamais perdu la plus légère occasion de donner des marques de son patriotisme et de son attachement à la magistrature. »

Louis XVI désireux de plaire à son peuple ne résista pas aux mécontentements soulevés par la réforme de la magistrature. Dès le 8 août, il suspendait l'exécution des mesures prises et annonçait la convocation des États- Généraux pour le mai de l'année suivante.

Le 15 octobre, un Te Beum pour le rappel du Parlement fut chanté à la cathédrale.

L'appel adressé à la nation par la généreuse initiative du roi enflamma tous les cœurs. Tous les ordres, tous les corps d'état, voulurent être représentés directement dans la grande assemblée convoquée à Versailles. En Languedoc ils se heurtaient à une difficulté particulière. Il avait été décidé que les membres des états nommeraient les députés dans les pays en possession de ces assemblées annuelles. Mais le droit d'entrer aux États de Languedoc était attaché à des titres fixes ou à des fonctions spéciales et ne résultait pas de l'élection. La Cour des comptes de Montpellier, la noblesse du diocèse de Toulouse, présidée par le marquis de Gudanes, attaquèrent vivement cette représentation imparfaite des États et leurs prétentions ^

Le chapitre de Saint-Étienne n'avait pas attendu leurs

Page 1