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Ar ch. municipales de Toulouse, registre

2. A7'ch. municipales de Toulouse, registres. Le citoyen Lasserre avait offert, le 3 thermidor an II, de faire descendre et briser la fameuse cloche, pourvu qu'on lui donnât six charpentiers et six autres ouvriers. Mais ces hommes emportés par la fureur folle qui semblait être alors l'unique souveraine n'eurent pas la patience d'opérer paisiblement cette descente, et lancèrent la colosse de bronze par la fenêtre.

sortit, après la Terreur, et que les lois de 1795 rendirent au culte quelque liberté, en permettant aux communes de reprendre les églises non aliénées dont elles étaient en possession en 1793, il fut réduit à exercer les fonctions de curé à Gazères. Les villes demeuraient sous le joug des persécuteurs, et, d'ailleurs, le culte constitutionnel était absolument discrédité. Le malheureux usurpateur écrivait à Grégoire, le 15 avril 1796 : « Serezvous surpris après cela que nous n'ayons encore ici aucune église ouverte et que tout le service se fasse en chambre? Les anticonstitutionnels seuls font foule et chantent à tue tête. On a de l'argent en abondance et des vicaires apostoliques. Aussi les abjurations vontelles grand train dans la ville et surtout à la campagne. On a beau dire, jamais sans le concours du pape nous n'aurons la paix intérieure ^

Il put cependant au mois d'août reprendre possession du chœur de la cathédrale qu'un mur sépara de la nef où se célébrait le culte décadaire. Les administrateurs de Toulouse s'efforçaient de donner de l'éclat aux fêtes républicaines, et leur zèle s'activa davantage encore lorsque la province fut soulevée par le mouvement royaliste de l'an VII. Le ministre de l'intérieur, François de Neufchâteau, envoya avec une lettre de félicitations et en témoignage de la satifaction du gouvernement, un ta-

1. Victor Pierre, Revue des questions historiques^ octobre 1888, p. 207.

bleau peint par Vincent , qui représente Guillaume Tell renversant la barque du tyran Gessler. Il destinait, ajoutait-il, cette toile patriotique à l'ornement du temple décadaire. Le tableau fut en effet inauguré le 10 brumaire, avec musique triomphale, discours et salves d'artillerie.

Mais les habitués des réunions décadaires s'éloignèrent bientôt plus rapidement encore que ceux du schisme constitutionnel. Un petit nombre, purement officiel, se retira à l'église des Pénitents-Bleus, plus rétrécie qu'aujourd'hui, et le tableau verdatre et froid de Vincent fut envoyé ensuite au Musée spécial de l'école française à Versailles d'où sa médiocrité l'a ramené au Musée toulousain ^

La population de la ville était demeurée fidèle à la foi des aïeux. L'archevêque de P^ontanges, obligé de s'exiler, voulut avant de partir pour l'île Majorque qu'il avait choisie pour son refuge, assurer le maintien de la foi et rallier les bons catholiques autour d'une direction qui leur inspirât la confiance et le respect. Il remit l'autorité à quatre vicaires généraux et l'archiprêtré de Toulouse à l'abbé Philippe du Bourg, docteur en Sorbonne et chanoine de Saint-Étienne. Le dépositaire courageux des pouvoirs de son archevêque plaça quatre cents prêtres dans les divers quartiers de Toulouse et dans les petites villes voisines, nourrit les pauvres devenus

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