‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 20 sur 193 · PRÉFACE. XXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXIX

dans la main l'oriflamme sur laquelle était imprimée l'image de Marie Immaculée, dans la vaste nef que rajeunissaient d'un sourire inattendu les flots pressés des tendres visages et le frémissement des petites bannières bleues et roses qui parcoururent ensuite les rues de la ville.

On pourrait grouper l'histoire entière de Toulouse autour des murailles vénérées de la cathédrale. Construite au moment où le christianisme atteignait les rivages du fleuve pyrénéen, elle fut peut-être la première qui s'ouvrit au culte nouveau. Elle refléta dans une ornementation somptueuse l'éclat éphémère des règnes de Dagobert ou de Gharlemagne. Le grand mouvement de réforme qui inaugura au onzième siècle la civilisation européenne du moyen âge se signala par sa reconstruction complète. A l'heure même où la province vit s'eflondrer dans une lutte épique sa glorieuse dynastie comtale, ses institutions, son essor poétique et ses mœurs , la grande nef des Raymond s'éleva en créant une architecture géniale qui fut imitée dans la région pendant trois siècles. Avec le règne réparateur de saint Louis, comme avec la puissance de l'Église fortifiée et enrichie par la croisade, apparaît le chœur, qui introduit à côté de ses voûtes austères l'art radieux de l'Ile-de-France. Après l'incendie de 1609, le chœur se complète avec le concours

Page 1