Ev xdvovi, Concile d'Antioche
d'où ils avaient pris leur nom. L'évêque n'avait ainsi presque plus d'action sur eux.
L'église de Toulouse fut une des premières qui reçut la règle nouvelle. Par la charte donnée en 1077, avec l'appui du comte Guillaume et les conseils d'Hugues, abbé de Gluny, l'évêque Izarn obligea tous ceux qui voudraient entrer dans la vie canoniale à ne plus rien posséder en propre, à prendre en commun les repas et le sommeil, à porter un vêtement semblable, à ne jamais sortir sans la permission du prieur. Afin que leur existence fût assurée et qu'ils n'eussent pas de prétexte pour secouer le joug de la règle, afm de rendre aussi à l'église cathédrale les ressources dont elle avait été dépouillée, il leur donna le droit délire le prévôt, le doyen, les archidiacres, le capiscol et le sacristain avec celui de jouir du revenu de ces charges, la dîme et les oblations dues à saint Etienne, les émoluments que les évêques retiraient des jugements où l'on ordonnait l'épreuve de l'eau froide, l'archidiaconé d'Agarnaguez, comprenant la large plaine qui s'étend entre l'Hers et l'Ariège possédé alors par le prieur Pierre Amélius, un autre archidiaconé comprenant le Lauragais, s'étendant de la porte Narbonnaise de Toulouse aux limites du diocèse de Garcassonne, dont Bernard Francon jouissait à ce moment, et tous les archidiaconés de ceux qui voudraient protesser la vie canonique, en sorte que tous les archidiacres fussent obligés d'en remettre le revenu dans le trésor commun, et qu'après leur mort l'évêque nommât leurs successeurs. La plupart des archi-
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diaconés étaient tombés à cette époque entre les mains des laïques.
L'évôque donna encore la terre de Braqueville, baignée par la Garonne en amont de Toulouse, avec ses champs, ses vignes, ses prés, ses bois et tous les hommes qui l'habitaient, la moitié du sel qu'il avait le droit de retirer du bourg de Saint-Sernin, puis au quartier du Férétral, au delà de la porte Karbonnaise, autant de terre qu'une paire de bœufs en pourrait labourer. Il permit enfin aux chanoines d'acquérir pour aumône les biens que les clercs ou les laïques tenaient en fief de lui ou de ses prédécesseurs.
Par le même acte, le comte Guillaume restitua aux chanoines le droit de nommer l'évêque que ses prédécesseurs avaient usurpé, et s'engagea à reconnaître celui que les chanoines auraient élu. Il se conformait ainsi au décret du concile de Rome tenu en 1075, par lequel il avait été défendu aux évéques et aux abbés de recevoir les évêchés ou les abbayes de la main des princes séculiers.
Izarn soumit sa charte au pape Grégoire et remit à son appel la plainte de ceux qui auraient à souffrir des infractions portées contre ce qu'elle prescrivait ou des usurpations des particuliers, des comtes et des évéques eux-mêmes.
Il ajouta ensuite à ces donations celle de la quatrième partie des oblations de Saint-Sernin qui lui était due, le tiers du cimetière de cette église, avec la nourriture que les chanoines avaient coutume de lui fournir le jour de la
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fête de saint Sernin, enfin le quart du revenu de toutes les églises du diocèse sur lesquelles il avait des droits.
Cette charte fut écrite en présence de Guillaume, archevêque d'Auch, de Raymond, évêque de Lectoure, du prieur Pierre, de Raymond Guifred et de Bernard Aton, et confirmée par Hugues, abbé de Cluny, et Hunald, abbé de Moissac^
Le chapitre ainsi constitué devait fournir une longue et bienfaisante carrière. Il fut l'Amo de la vie religieuse de Toulouse par sa permanence au milieu de la cité, tandis que tout se transformait autour de lui, le gardien de la doctrine dans l'enseignement, le défenseur de la tradition comme de ses propres droits, l'instigateur aussi d'œuvres fécondes, surtout dans les premiers siècles qui suivirent son institution.
Tandis que d'une main il introduisait la vie régulière dans son chapitre, l'évêque Izarn relevait de l'autre les murs de son église qui menaçaient ruine et s'efforçait de lui rendre l'éclat des ornements qu'elle avait perdus pour ramener les foules à ses cérémonies oubliées. Les termes mêmes qu'il emploie dans la charte de fondation indiquent que l'église ainsi tombée dans le délabrement avait été autrefois richement ornée 2, de même que l'église