‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 48 sur 193 · Id. : « Que olim vario laquearium et parietum rutilo · texte numérisé non relu

Id. : « Que olim vario laquearium et parietum rutilo

ancienne de la Daurade et aussi l'église qui avait précédé celle que l'on construisait à Saint-Sernin, si l'on en juge par les bas-reliefs de marbre blanc décorant aujourd'hui encore le pourtour intérieur de l'abside. Les églises mérovingiennes, de même que celles de Gharlemagne et de ses premiers successeurs , resplendissaient en effet de mosaïques, de marbre et d'or, mais elles étaient d'une structure très imparfaite. Izarn reconstruisit sa cathédrale en même temps que les chanoines réguliers de Saint-Sernin, rendus par Grégoire YII à l'indépendance que l'évêque avait voulu leur enlever en remettant l'abbaye entre les mains de l'abbé de Gluny, faisaient surgir au delà des murailles la superbe basilique rivale ^

On voit encore des restes de la construction du onzième siècle : d'abord un mur de briques épaisses qui se dresse sur la rue des Cloches, maintenu par de puissants contreforts inégaux.

Il est percé de deux fenêtres cintrées, encadrées par un ébra sèment de même forme et de même entièrement en briques, fort analogues aux fenêtres un peu plus grandes ouvertes dans le mur septentrional de l'église Saint- Sernin. A l'intérieur, ces fenêtres sont entourées par

exposito fulgore, dominice mense oriiamentorum vernans décore. »

1. On sait que le chœur et l'abside de Saint-Sernin furent consacrés, en 1096, par le pape Urbain II; la reconstruction, car c'en était une aussi, avait donc été entreprise une vingtaine d'années auparavant.

trois simples arcatures, étagée dans Tépaisseur du mur, qui n'est pas moindre de 1"^70. L'arcature supérieure repose sur un pilastre intermédiaire, couronné par un bandeau à billettes, comme on en voit plusieurs encore à la basilique contemporaine. L'autre extrémité de l'arcature de la fenêtre la plus rapprochée de l'abside s'appuie sur un autre pilastre engagé dans l'angle formé par le mur sur la rue et un autre mur de môme épaisseur, se retournant vers la nef actuelle, qui a été démoli en partie lorsque l'on reconstruisit la nef au commencement du treizième siècle, sans qu'on ait pris le soin depuis de fermer la brèche ainsi ouverte.

Cette partie de la construction de l'évoque Izarn s'arrêtait donc au niveau du second arc doubleau de la nef actuelle. Elle n'a jamais été voûtée. C'était une salle, premier étage, peut-être, du clocher vieux souvent mentionné dans les délibérations du chapitre, et elle ne faisait pas partie de la nef qui devait se prolonger davantage. Elle était évidemment plus large que ne l'a rendue la construction de la nef nouvelle, et peut-être prenait-elle de l'espace sur deux ou trois travées du bas côté de la nef ancienne. Les églises s'entouraient de dépendances nombreuses, même en dehors des cloîtres, et réservaient souvent une salle dans le clocher, comme à Moissac, par exemple, pour la surveillance et la garde, et aussi pour le dépôt d'ustensiles ou de mobilier.

Le mur du onzième siècle, en briques petites séparées par un lit de mortier plus épais qu'elles, continue au-des-

sus du cintre des fenêtres, bandé en briques plus fortes, mais il a été remanié dans sa partie supérieure lorsque Jean d'Orléans appuya sur ses assises le gigantesque clocher.

On avait formé le projet de démolir ce mur antique, ou du moins conçu la pensée qu'il devait se démolir un jour, lorsqu'on construisit la nouvelle nef, car on aperçoit à l'intérieur de la salle les montants préparés contre le mur de cette nef et encore en arrachement, pour ouvrir sur la travée du milieu une baie semblable à celle qui déploie ses larges divisions au-dessus de la tribune des chanoines ^

Ce n'était pas seulement par économie que les constructeurs du treizième siècle conservèrent ces débris du onzième. On aimait, dans ces temps de tradition, à maintenir dans les nouveaux édifices religieux quelques parties des murs anciens. La chaîne des pieux souvenirs n'était jamais interrompue et les travaux des générations successives se reliaient ainsi les uns les autres, sans nuire à la liberté des maîtres de l'œuvre, plus

1. Il est probable qu'il en était de même à la première travée; mais les appropriations pour le logement du carillonneur empêchent de voir les dispositions anciennes. Ce fragment de la salle du onzième siècle est divisé aujourd'hui en trois étages par des planchers; au rez-de-cbaussée, un réduit ouvert sur la nef et où l'on renferme quelques ustensiles de l'église; au premier, une cbambre du logement du carillonneur éclairée par une des fenêtres cintrées, l'autre donnant sur l'escalier; au second, un galetas, où l'on voit les montants de la grande fenêtre projetée au treizième siècle.

féconde et plus progressive cependant à cette époque qu'elle ne le fut dans aucune autre.

D'autres témoins plus précieux sont demeurés de l'antique église d'Izarn. Les chapiteaux qui supportent encore aujourd'hui les robustes doubleaux de la grand nef avaient auparavant surmonté les colonnes isolées. On les trouva fort beaux avec raison et on voulut les utiliser dans la construction nouvelle. On les entassa sur les lourds pilastres carrés, et quelques-uns même furent sciés, comme on peut le voir, afin qu'ils pussent entrer dans un emplacement pour lequel ils n'avaient pas été faits. Leur forme générale est une dégénérescence du corinthien, très répandue à ce moment dans la région toulousaine, où les débris des monuments de Rome se rencontraient encore à chaque pas. On en retrouve d'analogues dans la belle église de Saint-Gaudens, à Saint- Sernin surtout où ils sont traités avec les mêmes recherches d'un art à la fois fort monumental et très délicat.

Mais plus encore, les belles arcatures qui décorent à l'intérieur le mur de façade. Elles se prolongeaient autrefois sur toute la longueur de la nef au nombre de sept et s'ouvraient au dehors. Quatre arcatures intermédiaires durent être fermées lors de la construction du portail par Pierre du Moulin. Il n'en reste qu'une seule, à droite en entrant, et deux, encore accouplées, à l'autre extrémité. Elles furent montées avec une rare élégance, reposant sur des colonnettes de marbre, retirées probablement ellesmêmes d'un monument antérieur, car elles sont d'un dia-

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