IDÉE ET PLAN DE LA PUBLICATION. XIII
L'organisation paroissiale n'est pas, toutefois, la seule manifestation de la vie chrétienne dans l'histoire de Toulouse. La Daurade n'a-t-elle pas ses moines aussi anciens qu'elle? Les cloîtres de Saint -Étienne et de Saint-Sernin n'abritent-ils pas des chanoines soumis à la règle? Les chanoines de Saint-Étienne et ceux de Saint-Sernin se sécularisent au commencement des temps modernes, c'est vrai. Mais la Daurade ne perd point ses moines ; au contraire , au dix-septième et au dix-huitième siècles, elle devient et elle reste pour tout le Midi le foyer de la réforme de Saint-Maur; elle reçoit d'elle une gloire sans rivale, puisque Dom Tarisse, Dom Montfaucon, Dom Vaissete, Dom Brial, etc., y ont vécu ou y ont été élevés. Du reste, à l'époque où les chapitres de Saint-Étienne et de Saint-Sernin se sécularisaient comme partout ailleurs, les ordres militaires et les ordres mendiants avaient dans la ville une existence séculaire et de riches annales. Avec les chevaliers de Saint-Jean et du Temple, avec les Trinitaires et les Frères de la Merci, Toulouse épanche au loin la flamme de son courage militaire et de sa charité. Quels couvents que celui des Jacobins, celui des Gordeliers, celui des Carmes et celui des Augustins au treizième et au quatorzième siècles, avec leurs grandes églises, leurs cloîtres superbes, leurs légions de religieux et de tierçaires ! Plus tard, les Récollets, les Capucins, le Tiers-Ordre de Saint- François , les Minimes viennent ajouter à ces forces vives et apportent un généreux appoint de zèle à cette
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population toujours ouverte à toute inspiration du ciel, pendant que les Chartreux lui en montrent la route austère par la prière de la nuit, les longs jeûnes et l'ascétisme de leur vie. Enfin, à l'aurore des temps modernes, presque au moment où, en Europe, la royauté fédérative se transforme en royauté absolue, les fils vaillants de saint Ignace, soumis à la volonté d'un seul, prennent, du premier coup, une place principale, la première, dans les rangs de ces frères d'armes, en attendant que des congrégations de prêtres plus libres, les Oratoriens, les Doctrinaires, les Sulpiciens s'appliquent, comme eux, aux œuvres du ministère ou de l'enseignement.
C'est encore la même loi de progrès : les origines de la vie religieuse n'ont presque pas laissé de trace ; et à la veille de la Révolution, il n'y avait pas de rue, i)Our ainsi dire, sur laquelle ne s'ouvrit ({uel(|ue couvent.
Il ne faut pas oublier, en elfet, les monastères et couvents de femmes ; on peut en nommer de toutes les règles : les religieuses contemplatives, conmie les Recluses et les religieuses de Sainte-Scholastique: les chanoinesses, comme les chanoinesses de Saint -Etienne et celles de Saint-Sernin : les hospitalières, comme les Maltaises; les religieuses mendiantes, comme les filles de Sainte-Catherine de Sienne, les Clarisses, les Carmélites, les Tiercerettes, les Augustines de Saint- Étieniie, les Sachettes ou religieuses de la pénitence; enfin, les congrégations modernes, comme les Feuillantines, la Visi-