‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 61 sur 193 · Catel, p · texte numérisé non relu

Catel, p

en imitant plus directement la basilique de Constantin à Rome, où de petites voûtes, couvrant les chapelles, contrebutaient la grande voûte centrale. C'est sur ce modèle que fut commencée, avant la fin du siècle, la belle église conventuelle des Cordeliers, si inutilement démolie, et, dès lors, ces vastes nefs, avec chapelles comprises entre les contreforts, se répandirent à Toulouse, comme à la Dalbade, aux A^ugustins et au Taur, et dans les villes voisines, même dans les contrées de la pierre, comme à Garcassonne, avec les églises de la ville basse, à Mirepoix, avec la cathédrale de Guillaume du Puy et de Philippe de Lévis, que notre siècle a terminée. Les plus insignes modèles de ces églises, si belles par leur aspect d'ensemble et que l'on embrassait d'un regard , sont donnés par la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges, surtout par Sainte-Cécile d'Albi, où les voûtes des chapelles s'élèvent à la hauteur de la grande voûte, disposition qui développe l'espace et l'élancement ' .

Raymond VI i)arvint sans doute à terminer la voûte de sa cathédrale avant que la défaite de Muret, en 1213, ne

\. Largeur de Saint Etienne, 19'^24'^; de l'église des Cordeliers, M mètres; de Sainte-Cécile d'Alby, 18 mètres; de Saint- Vincent de Carcassonne, 20"'26*^; de l'ancienne cathédrale de Mirepoix, Si-^GO^-; mais elle n'a été voûtée que dans ces dernières années. Enfin, la nef de la cathédrale de Girone, en Espagne, emporte la primauté avec ses 23 mètres, mais elle n'a été couverte de sa voûte en berceau avec pénétration qu'an quinzième siècle, après la junte célèbre de 1416.

l'eût obligé à quitter le château Narbonnais et bientôt à se réfugier en Angleterre.

La rose de la façade ne peut cependant avoir été dressée qu'après la paix définitive arrêtée par le traité de 1229, puisqu'elle imite si directement celle de Notre-Dame de Paris, placée en 1220.

La ville et le quartier même où s'élevait l'église virent de terribles luttes pendant que l'église s'achevait. Lorsque le jeune fils de Raymond VI eut commencé, dans l'été de 1216, à s'attirer des alliés par son intrépidité et reconquis le château de Beaucaire, l'irascible chef des croisés, rentrant à Toulouse au retour de sa campagne inutile sur les bords du Rhône, accusa les habitants de préparer le retour de leurs anciens souverains. Il fit emprisonner plusieurs d'entre eux. Ses violences excitèrent un soulèvement général et la résistance fut acharnée. Pères et fils, dames et demoiselles, dît l'Homère de VIliade languedocienne, qui est une histoire autant qu'un poème \ élèvent des barrières devant leurs maisons, et bientôt les lances et les piques, les flèches et les pierres, les tuiles et les tisons brûlants fracassent les heaumes et les poitrines. Le comte Guy est repoussé. Lorsque Simon de Montfort vit qu'il n'avait pas d'autre ressource, il commanda que l'on

1. Chanson de la a^oisade^ vers de 5110 à 5190. La Chanson de la croisade^ écrite jusqu'au vers 2768 et à l'an 1213 par Guillaume de Tudèle, fut continuée jusqu'en 1218 par un poète inconnu, ardent patriote méridional, qui laissa le poème inachevé.

mît le feu partout, et aussitôt les torches sont allumées à Saint-Remésy et à Joux-Aygues, et la plus furieuse mêlée se livra sur la place Saint-Etienne ^ t T.à commença le carnage. Les Français s'étaient fortifiés dans l'église, dans la tour Mascaron^ et dans le palais de l'évèque..., les nôtres combattent l'incendie et les charbons brûlants, et font des tranchées dans chaque quartier pour repousser l'ennemi; d'autres vont l'assaillir dans le palais du comte de Comminges et l'y tiennent bloqué. Montfort s'écrie : « Courons les attaquer sur un autre point, tout « droit vers Saint-Etienne , voir si nous pourrons les « forcer 3. » Et le comte et les siens éperonnent si fièrement, que, vers l'orme de Saintes-Carbes, ils font trembler la terre. Ils débouchent sur le devant de l'église, mais ils n'atteignent aucun de ceux de la ville. Le choc des hauberts et des heaumes, le frémissement des enseignes, les éclats des cors et des trompettes font retentir le ciel, la terre et l'air. Mais aussitôt qu'ils arrivent droit par la Croix de Baragnon, ceux de la ville les viennent assaillir de telle manière qu'ils brisent et font craquer les barrières et les solives. De toutes parts accourent, ardents à repousser l'ennemi, les chevaliers, les bour-

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