Mascaron fut prévôt de Saint-Etienne de 1205 à
3. Tôt dreit vas Sent Estephe sils poiram dan tenir. Eï lo coms esperona ab lor par tal air
Ca l'olm de Santas Carvas fan la terra frémir. Per lo pla de la gleiza comensan a issir.
geois et les servants. Ils vont l'attaquer entre les épées et les massues, et des deux cotés les combattants commencent à s'entre-frapper, à s'envoyer traits, lances, flèches et couteaux, à brandir épieux, dards et faucilles. Ils s'entrechoquent de si près que nul ne peut se retourner. C'est là que vous auriez pu voir une belle mêlée ! rompre les camails, briser les hauberts, bosseler les heaumes, fendre les poitrines, abattre les hommes, tuer les chevaux et le sang s'épandre sur la place avec des débris de cervelle. Mais ceux de la ville reçoivent si bravement l'ennemi qu'ils lui font abandonner le carnage et la l)ataille. « Seigneurs, dit le comte de Montfort, je puis « vous dire en toute vérité que nous ne forcerons pas ces « gens-là de ce côté, mais si vous voulez me suivre, je
« les aurai d'un autre » On combattit jusqu'à ce qu'il
commençât à faire noir. Le comte, repoussé de partout, se retira avec inquiétude et colère au château Narbonnais^ »
Ainsi, ne pouvant résister aux Toulousains devant le palais du comte de Comminges, près du château Narbonnais, Simon de Montfort porta la lutte vers Saint-Étienne et la Croix-Baragnon, espérant refouler ses adversaires vers la Garonne ; mais il ne put y réussir, courat sur un autre point de cette bataille des rues, vers la porte Gerdane, auprès de Saint-Sernin, et put rentrer ensuite au
1. Chanson de la Croisade^ vers 5160 à 5197, traduction Fauriel.
château Narbonnais sans être inquiété, parce que les bourgeois de Toulouse étaient plus habiles à se défendre qu'à prendre l'offensive.
Ce fut le prélude de la défaite et de la mort prochaine du vaillant chef de la croisade.
Lorsque Amaury de Montfort et le prince royal vinrent mettre le siège devant Toulouse, le 16 juin 1219, les chevaliers languedociens s'établirent sur les divers postes des remparts, et l'énumération homérique de la chanson place à la barbacane Saint-Étienne Jordan de Lantar, au cœur énergique, et Raymond Hunaud, plein d'adresse et d'avenance^
1. El en R. Unauts qu'es adreitz et plazens, En Jordas de Lantar ab'afortitz talens, Son de la barbacana Sent Estefe tenens (V. 9o!9-9521.)
l'église saint-étjenne.
LE CHŒUR DE BERTRAND DE l'iSLE.
Aspirations nouvelles de^ l'art monumental.— Parenté du chœur de Saint- Etienne avec les cathédrales d'Amiens et de Narbonne. — Hauteur des voûtes des chapelles ; dallage de ces voûtes , colonnes rondes , pénétrations, passages entre les chapelles, sculptures rares mais élégantes, arcatures, dimensions du chœur comparées à celle des églises similaires chapelles, fenêtres, contreforts. — Magnificence do Bertrand de l'Isle , ses donations, son testament, sa mort.
Le dominicain Raymond de Falgar, successeur de Foulque, n'ajouta rien à la cathédrale. Il donna tous ses biens à la superbe église de son ordre, où il célébra, en 1231, la canonisation de saint Dominique; et dans les derniers temps de son long épiscopat, le 6 septembre 1258, il déposa les reliques de saint Sernin dans les nouvelles cryptes de la basilique. Mais le dernier comte de Toulouse n'oublia pas, dans les legs nombreux qu'il fit aux églises et aux monastères de la province, la cathédrale relevée par son père, et il laissa à la Fabrique de Saint-Étienne cent marcs d'argent ^