LE CHAPITRE DE SAINT-ÉTIENM
Confirmation des privilèges du chapitre par les papes. — Différends du chapitre avec les capitouls. — Charte de Philippe le Hardi appelée la PhUijjjnnc, nouvelle charte du même prince en 1282, amortissements. — Protection des rois, conventions avec les capitouls. — Composition du chapitre, variation du nombre des chanoines, chanoines laïques, piévôt' chancelier, archidiacres, prieur claustral, théologal, sacristain, ouvrier infirmier, cellériers. — Droits de l'évêqueetdu chapitre. — Institution de prêtres de chœur, prébendiers hebdomadiers, prébendiers de la douzaine des vingt-quatre, de Saint-Dominique et de Saint- Martial, costume des chanoines, armes du chapitre.
Le chapitre de Saint-Étienne pouvait dès lors développer les magnificences du culte dans l'église agrandie. Ses possessions s'étaient accrues en même temps que celles du diocèse et les papes et les rois avaient assuré ses prérogatives,
En 1162, Alexandre III, renouvelant les bulles de Pascal II et d'Innocent II, abritait sous la protection du Saint- Siège les donations de l'évêque Izarn, confirmait le droit des chanoines à l'élection des évêques, défendait de construire des églises dans le diocèse ou de démolir celles qui
étaient bâties, sans la permission de l'évêque et du chapitre, autorisait enfin les chanoines à ensevelir les nobles qui mourraient dans la ville, privilège cjue s'était réservé jusqu'à ce moment le chapitre de Saint-Sernin^
Clément III, en 1188, au moment où un interdit général était jeté sur le diocèse après les premiers excès des hérétiques albigeois, permettait aux chanoines de célébrer l'office divin dans la cathédrale, d'y admettre leurs prébendiers, à moins qu'ils ne fussent excommuniés personnellement, et d'ensevelir les morts, les portes toutefois demeurant fermées et les psalmodies dites à voix basse 2.
Grégoire IX, par sa bulle de 1228, tandis que la province était encore déchirée par les dernières convulsions de la guerre, autorisait de même les chanoines à se rendre dans l'église cathédrale ou dans les autres églises interdites, pour la conservation de leurs droits^. Par une autre bulle de la même année il confirmait, au moment où Toulouse était à la veille de passer sous une suzeraineté nouvelle, les privilèges et les exemptions du chapitre, son droit d'élection du prévôt et de l'évêque, maintenait l'observance de la règle de Saint-Augustin, et prenait sous sa protection le lieu même où l'église était bâtie avec ses appartenances, les dîmes et les offrandes de blé qui étaient présentées à l'autel*.
1. krch. de la H. -G., fonds de Saint-Etienne, n° II, 1. 1., t. 1.