Id. t. 3 et
zième siècle, au point que les chanoines avaient été obligés de vendre la plupart des joyaux et des ornements de I l'église, et le pape Martin Y réduisit le nombre des chanoines à vingt-cinq, y compris le prévôt, par une bulle de l'an 1420, qui fut exécutée par l'archevêque de Toulouse Dominique de Florence et Jean Belin, évêque de Lavaur^.
Les chanoines admirent aussi parmi eux des chanoines laïques, ainsi que l'indiquent les trois inscriptions tumulaires de Jean de Gurtasola et des deux frères Bruno de Garrigues, déposées au Musée. Les chanoines laïques étaient des princes ou des seigneurs que leurs libéralités envers les églises avaient fait admettre dans les chapitres ; ils pouvaient tenir une place au chœur, après s'être dépouillés des habits séculiers et s'être revêtus d'un surpris, et même prendre leur part des revenus canoniaux 2.
Des prêtres pouvaient aussi acquérir, par leurs dons, le droit de se placer dans le chœur et de s'abriter ainsi sous la protection du chapitre, pendant leur vie et après leur mort. On leur donnait le nom de chanoine lai ou de chanoine honoraire.
Le chapitre avait à sa tête un prévôt élu par les chanoines, chargé par eux, comme son nom l'indique 3, de
1. A7'ch. de la If.-G., fonds de Saint-Étienne, 1. 1, t. 8. 2 Du Caiige, canonicus.
3. Preposilus, préposé. Dans les premiers temps ce dignitaire s'était appelé primicier, primus in cera^ le premier inscrit sur les tablettes de cire.
sauvegarder leurs droits, de protéger leurs intérêts et de diriger leurs affaires. Mais si les chanoines devaient obéissance au prévôt, le prévôt n'exerçait aucune juridiction sur eux et ne pouvait rien entreprendre sans leur consentement. Il n'avait pas le droit de présenter à un bénéfice dépendant du chapitre, pas même de donner seul aux chanoines licence de prendre les ordres, ni de donner en garde les portes de la chanoinie et d'en remettre les clefs
Il ne pouvait prétendre aux distributions quotidiennes que s'il était présent et le chapitre refusa, en 1408, au prévôt Alain de Goëtivi, cardinal et évêque de Preneste, de remettre les provisions de vivres, comme il le demandait, à ses deux prêtres et à son écuyer^.
Dès qu'il avait été élu, le prévôt revêtu de la chape et tenant en main le bâton pastoral, prétait serment de maintenir les droits du chapitre, et conduit processionnellement au chœur par les chanoines, il entonnait le Te Deum devant le grand autel.
Il avait le droit d'officier, durant les deux jours de la fête de saint Etienne et les jours des quatre grandes fêtes annuelles, lorsque l'évêque était absent, avec trois chanoines pour diacre, sous-diacre et prêtre assistant. Quatre prêtres de chœur l'accompagnaient portant le gré-
{. Archiv. de la H. -G. fonds de Saint Etienne, n^ II, 1. 1. titre 15, statuts, de 1281. 2. Id.
mial, le bâton pastoral, le bougeoir et le livre. Il se plaçait, vis-à-vis l'évêque, dans lajpremière stalle de chœur, garnie d'un tapis blasonné de ses armes, et de deux coussins dont la couleur variait selon la rubrique. Un écuyer, l'épée au côté, portait son aumusse au chœur et dans les cérémonies. Il recevait le salut de tous les membres du chapitre, lorsqu'ils entraient dans le chœur ou qu'ils en sortaient.
Il nommait à plusieurs bénéfices , dans divers diocèses, et la prévôté de Toulouse était appelée la première aumusse de France.
Le prévôt habitait une maison spéciale, la prévôté, qui était comprise dans l'enclos de la cathédrale, mais qui ne s'ouvrait pas sur le cloître. Elle était située au pied des remparts de la ville, entre l'abside de la cathédrale et la porte Saint-Étienne, sur l'emplacement occupé aujourd'hui par le vaste hôtel isolé sur ses quatre faces, qui a conservé sur une de ses portes intérieures une inscription du dernier siècle. Ses bâtiments furent reconstruits dans le quatorzième siècle , au moment où les murailles de la ville furent relevées. On a trouvé en les démolissant, pour construire l'hôtel, de beaux carrelages émaillés de couleurs diverses ^
Le prévôt avait seul le droit de donner la bénédiction au prédicateur en l'absence de l'archevêque, et l'évêque
i. Esquié, Mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse^ 7« série, vol. X, p. 397.
98 HISTOIRE DK TOULOUSE CHK.ÉTIKNNE.
de Vabres, ayant béni le jour de Pâques 1482 le Gordelier qui venait de monter en chaire, fut obligé de déclarer qu'il n'avait agi que par inadvertance ^
Quelques années auparavant, un grave conflit s'était élevé avec l'évêque de Carcassonne, qui s'était assis dans la stalle du prévôt.
Le chancelier, nommé par l'évêque ou l'archevêque, avait la garde des archives et remettait les titres conférant les grades et les bénéfices. La chancellerie était la première dignité du chapitre après la prévôté.
C'était de plus un chanoine de la cathédrale qui devait être pourvu de la charge de chancelier de l'Université.
Lorsque l'Université de Toulouse fut fondée, après le traité de Paris, en 1229, le chancelier du chapitre cathédral, l'ancien capiscol du haut moyen âge, devint le chef des études dans le diocèse, et ce fut à lui que l'on confia la surveillance des nouvelles écoles. Il eut seul le droit de licence, c'est-à-dire de donner la permission d'enseigner, d'après la bulle d'Innocent IV, en 1245. Mais bientôt les deux charges furent séparées.
Le grand archidiaconé de Lanta et les sept archidiaconés de Vielmur, de Villelongue, de Lézat, de Villemur, d'Ulmes; de Gimont et de Savez étaient des dignités attachées au chapitre.
L'archidiacre avait d'abord remplacé l'évêque pour
1. At'ch. de la H.-G., fonds de Saint-Etienne, inventaire de Cresty.
rendre la justice en son nom, et était devenu comme son premier ministre, lorsque l'étendue du diocèse eut rendu difficile l'administration d'un seul. La puissance de l'archidiacre prit bientôt un tel ascendant que l'évêque, pour l'amoindrir, divisa le diocèse en plusieurs circonscriptions dirigées par un archidiacre spécial. Mais ces charges devinrent bientôt purement honorifiques, du moins quant au pouvoir spirituel, parce que l'évêque le délégua aux grands vicaires placés auprès de lui, de même qu'il remit à son officiai la décision des affaires juridiques. Les archidiacres étaient d'ailleurs nommés par l'évêque. Ils conservèrent toutefois une importance réelle par les bénéfices dont ils jouissaient et par ceux dont la collation leur était réservée.
Le prieur claustral, élu par le chapitre, devait prendre soin du chœur et de la direction du culte dans l'église. Il prit plus tard le nom de grand chantre. Il était, en réalité, le maître des cérémonies, et la chantrerie était une dignité fort recherchée.
Le chapitre possédait encore les dignités du théologal chargé, comme son nom l'indique, de diriger les études des jeunes clercs, fonction importante à une époque où les séminaires n'étaient pas encore institués ; du sacristain, qui avait la garde et la surveillance des ornements de l'église et devait fournir le luminaire et l'encens ; de l'ouvrier \ directeur des travaux de la cathédrale; du