L*^LI8E 8CH18MATIQUB RUSSE
cette perfide satisfaction; à ce point, qu*insultant aux seigneurs catholiques victimes de ces tyranniques exigent ces, on est allé parfois jusqu'à leur envoyer des décora* tiens en les félicitant de ce que, spontanément et p^r pur zèle pour Vorthodoxiey ils se sont distingués dans la construction des églises nationales. — Cette spontanéité, aussi effrontément affirmée, donne la mesure de l'état qu*on doit faire des assurances de liberté d'action dans les codversions rutbéniennes.
Les mariages mixtes sont regardés par le synode comme le moyen le plus efficace pour amener la Pologne au schisme. Le procureur suprême en espère une victoire complète sur le catholicisme dans ces malheureuses contrées. « Dans le royaume de Pologne, dit la Relation » de 1837, on voit augmenter chaque jour Foribodox/e. » Le nombre des fidèles de notre communion s'y élève » déjà à 7,200 ftmes » ( heureusement c'est encore bien peu de chose sur six millions d'habitants cathoUques ) ; « mais nous avons Vespérance certaine que ce nombre aug- » menterapar le moyen des mariages mixtes. » Et afin que le troupeau futur de l'orthodoxie en Pologne ne manque pas un jour de temples convenables pour se réunir, le pieux gouvernement enlève chaque jour aax catholiques leurs églises l'une après l'autre. Le zélé procureur su» préme et le très-saint synode semblent en faire un objet tout particulier de leurs soins, spécialement à Var* sovie.
Telle est en ce moment la triste condition de la foi catholique en Russie.
Nous adresserons une dernière parole à l'église ruthé-
l'églisb schismatiqce russe. 341
nienne, et nous la puiserons dans nos saints livres I « Que
• tu étais belle, ô fille de Siou ! quand tu resplendissais
• dans tes charmes ^ — Pourquoi donc , orgueilleuse de
• ta beauté, as-tu consenti à te déshonorer, comme si ta » puissance sur toi-même eût été entière ? pourquoi donc » as-tu exposé ton déshonneur aux yeux de tout étranger » pour te donner à lui*? «—Fuis maintenant, honteuse
• dans ton ignominie, ô toi qui habites ce beau pays K »— « Tes portes seront en tristesse et en deuil, et désolée tu » demeureras assise sur la terre ^. »
Dans le même sens , mais avec d'autres paroles, le vé* nérable Michel Lewicky, métropolite de Léopol, s'expri* mait dans sa lettre pastorale du 10 mars 1841 , alors que s'adressant à ses frères infidèles et au peuple ruthénien , demeuré sous lui constant dans la foi , il reproche aux uns leur aveuglement, et les engage à réparer leur crime, en même temps qu'il fait ressortir aux yeux de son peuple, les bénédictions et la gloire que leur aj^rte la fidé* lité aaSaint-Sége. Avec quelle grandeur il reproche aux évêques apostats d'avoir, à l'exemple du traître Judas, vendu pour un peu d*or leurs églises aux étrangers ! Comme il leur représente avec force le crime qu'ils ont commis en abandonnant l'Église romaine I Cette église dont ta sainteté comme la suprématie sont reconnues dans les livres sacrés par Végtise russe j cette sceur bâtarde de V orientale. Semblable vérité se trouve insinuée par le souverain pontife Grégoire XVI , dans le bref qu'il adres* sait le 17 juillet 1841 à ce vénérable prélat, pour l'engager
1 CûnU Tii» 6. — > Exeeh. xti, 15. —> Mi^. m, 66,— « /#• iir, 26.
^ préserver sos outîHos des perfides mMKBiiTFe» de )a
Ouire tes feiU allégués dans ces àem% respeetoMes dQcumeiUs , nous eagageocs les fidèles et le ^ergé de r£glise grecque^calholique à jeter un coop d^<xSk sur le tableau es.«pt que nous venons de iaine de t- état affireux ovk 3f3 Uïoiiiie véiuik le clergé de Russie^ Nous engagerons également te clergé russe lui^mèoie , à réfiéohir sur sa eropire (légradatkm sous las pieds d'un poutoir tyraimque , et de se demander^ la maio sur la oonsoîsMe, s^i i^^mplii Tr>aki^eBity dans une telle âsrvîtude , les desseins ^ Diw sur lui. Nousi dirons aux. uns. et ans antres: lefi^ik» ^( yivye». de qpuels aiiifiees ^ de quelle» vioIeDees W \m PQur you§ gagner et vous asservir ensuite. Car ^,t£|lHea« 4ue \e saint s|niodelttiH»êaae naos trace |iete 9Wi égli^ lait piaillement yoir quQ jamais goufemement jC%^ çQOiinn la Russie, cherehé plus attentivement à se ÇMvrir du ipnnteatt da la rolîgion , en inènae> temps quil Iwlait igiiûniinieuseaient> auK pieds reKgio», église et «MPiatre^ du af0iciuiaif& Qu'ils iassent un seul inelant ces cskAoÛP^a, et qu'ils Dûuadiseni aussitôt si, en lestant leurs Yfigai^f^ veiTS^ notf e grande Église, eattudiqne roraaiRe, Os I^'og4 m^ ^Q^ coûter de leurs ymx de^hu-mes delMHH J^^m au de regret Qii'îis. nous disent e»niéiiie tènps, si, ^çom^^ le «ce{>trejusteçst modéré de l'ABtfîeheqai l^s, C9P4uit. m gaande pastie avec te knout d'M dMfr dl» fto^HJ^èp^, i^ n0 doivent pas enooxe k Dieu des netiens de ^^ciàce^ ppw un iP^aveiNL bianSait?
Que si nous-môme noqs^ramenons notre pensée suf les pages saignantes que les relations du synode russe nous
QUE dictéesriiiioiMi» se poavoos en ce mcvaieBi nowiâh empêcher de las flétrir de nouveauà la fiàoe de nés fiére», nous 1b. faiaooë coraaie bommes d'hooneor e4 de loyautéi^ comme veogeors de la ma^té impériale et de rbonaeur de Bieu^. «t^'oa^eairage. en même tempsdaaa ce& measougl0*a»Bappeffta«
L'hosana d*bûDiiear et de loyauté ea/effei repousse te measofige , et s'iloombai ses enoemis, c'e&t toujours la tète haute et ia poîlriiie découverte, se faisaot voir tel ^l'H* eak. Pour Vhemme d'hooaei^ , U n'y a qa\uie parafe en tauietpoatrIoQt, celle que leSaaveur nauhs dicte lui-même : EsA^ ta^sinam^ntm,! Arrière dene oes bommes à dmifatè' face et è double langage ; ce n'est pas ainsi ^^oo'afrhtt àla vérttaUe gloire, k ua sdida triomphe. ÛB^seii unîMrtaai^ peo^tra y sa cause par le mensonge; mais le jour des grande» Févétalions hîatoriqiiies arrive tôk ou tari Et alors y au lieu du succès passager qa'on dtâient, yjnflniblie vérité stygmatise die soni iaefibu^b|e soeamc Vb frmi de l'hypocri^ et de la dai^îcitè. Que leaaveiigle»^ à q«i la Ruesieî doit déjà tant dMi cause» de rokiM^ oavreol le» yeux, elils vetroai si' ié^ cette jMtice de tai vérité TeagercEsie ne oonMienee paa à s'appesmnrauraBiL
Qa^cn y réfUoUsae un senlmoaieiit ; que Von compare
lè'RMrie «ià^sandreavee te Rassîa d-aajourd'but^ pour
luplace^ qv'ette œcupa damFopiaion de rK«M>pe; qa'y*
insrfBr\H>fÊ , towt tf abord y sJdoii le phis significaltf eban-
• gemenlf
»ar» Afl«taiid4»c , l«or6pe akrirtl à voir uttprinrt de mœurs douces ^ #00 cwrar généreux , d'un beam carac-
Mi L'feLISB SCHISMATIQUE RUSSE.
tëre» qui, sentant le défaut capital de son empire, cherchait à effacer les traces barbares empreintes encore aux pas de Pierre-le-Grand , les vestiges honteux des duplicités de Catherine. La douceur dans l'absolutisme, la tolérance personnelle, avec un code de lois draconiennes; une noble intelligence des devoirs et des intérêts de son trône; tel était Alexandre au dedans. Aussi nul ne s'étonnait de voir dans sa plus douce intimité le plus noble, le plus sagement patriotique peut-être des Polonais ; pas plus qu'on était surpris, lorsque son impériale justice laissait à chacun, hors les limites du devoir politique, suivre devant Dieu la loi de sa propre conscience.
Au dehors , la conduite du prince se réglant sur les mêmes principes , portait empreint en elle un caractère de grandeur et de générosité , qui rélevèrent bien haut parmi les souverains d'Europe.
Ce prince , il est vrai, n'était pas encore arrivé , il s'en faut, à dépouiller son gouvernement d^ funestes traditions des règnes précédents. I.es mêmes honunes qui conduisent en ce moment son malheureux sucoessear à un abîme où son honneur et sa réputation s^tuit kjtir mais engloutis, s'il ne s'en délivre; ces hommes entoaraient, obsédaient encore le trône d'Alexandre ; ilsdéter* minaient trop souvent encore l'adoption des mesures, comme nous en avons signalé quelques-unes. Mais eioSa le beau caractère d'Alexandre dominait. Ce prince aimait le bien, il pratiquait la douceur; il recherchait la justice avec cette bonté qui tempère dans la punition, et devient libérale dans la récompense. Voilà ce qu'était Alexandre voilà ce que tout le monde savait de lui.
L'ÉGLISB 8CHIS11ATIQUE RUS8B. 345
Comment Dieu Ten récompensa- t-il ?
Une partie considérable de notre génération se rappelle encore l'époque mémorable, où, frappée de mort par les foudres de TÉglise, la puissance de Napoléon s'anéantit dans les cendres de Moscou et les glaces de la Bérésina. Lorsqu'on ces jours glorieux pour TAllemagne , l'armée des rois coalisés vint demander compte à la France de vingt ans de victoires, qui donc, entre ces souverains, sut mériter, par^dessus tous les autres , les applaudissements de ce peuple enthousiaste, léger, mais habile à juger ses maîtres? Qui donc excita, dans cette nation si vive , une sympathie dont on comprit ûi peu toute la sincérité, que, pour plusieurs, l'attitude de Paris devant Alexandre était indigne d'un grand peuple? Qui donc sut maintenir ensuite, pendant tant d'années, la Russie dans la haute opinion que l'Europe en avait conçue? Qui sut laisser à l'empereur aujourd'hui sur le trône , un si bel héritage d'estime et de gloire? Qui maintint, par les souvenirs que le monde en conservait , la faveur de l'opinion à cet empire, même dans la guerre si délicate de la Turquie? Qui avait su tellement séduire Tintelligence publique , que d'un bout à l'autre de la chrétienté , les vœux universels des peuples étaient , dans cette guerre, pour la Russie menaçant l'Europe, contre la Turquie faible obstacle qu'il faut à tout prix maintenir? Qui donc avait opéré toutes ces merveilles? Était-ce la dureté personnelle de l'empereur, son ardeur implacable dans ses vengeances, sa volonté tyrannique , imposée pour sanction à toutes les loûs, son intolérance religieuse ,*et son joug de fer étendu sur les peu(ries?
346 L'ÉGLISI «GBIMUVSQVI ROSftB.
Certes la réponse à une semhilabte qoesiioii ne SBHrait être douteose. TasI de diarrae Ibt répandu partout; tant de merveilles s*acconip4irenl, inrii|aefDCiit paroei|Be l'empereur Alexandre était toatle contraive de ee fotimt
Mais que s'est-il donc passé depois^cetle époque? Fomv quoi ees cris d'indignation et d'anathèmesv poussé» d'ut bout du monde k l'autre, eontre œtte inève paissanoe accueillie acrtrefois par tant d'horaimges? Feonpioè de l'Irlande k l-Amériquet de la France libérale è la géné*reuse Allemagne, josqo'aiix terres tes plus kmitaiDca, éclairées par le moindre reflet de la ciiâiisafiiOB aanhpéenne, ou foulée par ks pas dTun seul msMOBsaire^ pourquoi cette unirerselle réprobation des peiqiies, cfaceordant tous^ ensemble à élerer leur v€hx cooCle ia Itas^ sie> jusqu'au tréoe de la justice éternelte?
Pourquoi? Demandons-le à cette Potognecaittiolkiiie', dont te front humilié se courbe jusque danslap^usiîèfe, que soûlèrent, en l'écrasant, les ehevaux de sasoppKeaseurs. Demandems^to è ces populstioiis gémiasaaileiy qoB la violenoe dissimulée sous la perfidie arrache Mdacteasement des autels qu'avaient entourés leurs pèresL Demandons-le à ces victimes^ de< leur fbi^ que les veepa des bourreaux ont meurtries,, qu'an nom de Vemperanv en n-s pas craiRt de faire; mourir dans les- piiTatkms*elfte supplices. Demsndons^le enfin à ce» sditiides gl«eialaSf.à ees' effr0yri4e68épul«resdBila>syfférief dVià ils'^âdMipiis, mialgri^ kr sunmltanee'' dus haurteattZî, de^ hMi^i^ crisde (douleurs. Ne? les eutefidez^iiaes pas^ cescrislaiiiflnlaUaB qm, s^étendant auloinipar «maMiste iaccmiiiie àlSf fyfaanie, traversent les terres barbares dlmmesaesemfiiei,
l/ÉGIk1SE SGHIftMATIQUB RVSSB. 917
e( vieBoeot pastout fctpper les éohos du* monde sur tous tes.fivi^e» de VOcéftOr?
K( vQwnMr demanderez maintenant pourquo» le monde soulevé contre la Russie a passé, en si peo d'années, de radoûraU^n. au mépris, de la sympathie la plus vive à Yà pluft violente répulsion t coaseillers insensés d-un maitHe quatani cto'grancles qualités distinguent, ne voyez-vous donc pas Tablme cpie tous entrVyuvrez sous ses pas, et oh. voti^ f n^MTe pept se briser avec hii ? Ne compreneiNVOus pas ^luedans le> monde, à la face de ee beau soleil, sanis parler des masses innombrables enrôlées sous I^s dt^ peaux dn lihéraiisme, et qui vcws ont juré une implacable haÎM) tioua sommes aujourd'hui cent soixante mil Fions de catholiquasi, fuîne formons pasun assemblage donations, mais un eoiq» unique et compacte, quand ii s'agit de ressentîp les dooleors de nos. ôrènes? Ne compnenez^-vous pers que ehaque blessure faite au plus petit d^entre nonseât une tflossiire dont notre eœur, à tous, ressent use vive atteinte? fil cent soixante millions d'âmes qui prient et dem^ndent(i Dieu justice et secours. Et cent soixante millions de cœura aigris contre vous et par votre ftKite^; esoyez-TOOftquecesoitune puissance d^un poids vulgaire dans la. somme des élément» composant la force morate du» monde? Bt en présence d'un telobstàfcle, en présence ifei» adwreaire aussi riiultfple, aussi fbrmidablei, d^pandiversairecpii vous ronge le sein, comme vous êtes 8^jMle»le«venoontrer partout où vos^aigles r^ent do nouvelles eonqoèles; en présence de cet adversaire imnyoptel €t inoorrH]|>l>ble^ nombrez vos trésors, comptez vos'baîonnettes, et dîte^-nous ce qoo vous ôtes, enfimls delà Lape-
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nie , contre un semblable géant. Oui, la responsabilitéque vous avez amassée sur voâ tètes, est immense, ministres orgueilleux qui perciez la Russie. Oui, le jour peut yenir, il n*est pas loin peut-être, où d'effroyables soulèvements vous forceront de tendre la main vers des peuples qui vous aimaient , vers celte Germanie k qui vous devez déjà tant de reconnaissance, pour les jours où sa poitrine s*est placée entre vous et le fer de vos ennemis. Eb bien! je vous le demande, que. voulez-vous que voosr^nde cette noble Allemagne, lorsque vous lui crierez miséricorde? Nos cœurs, vous le savez, ne savent pas pla« dissimuler leurs répugnances qu'ils ne savent mettre de bornes à leur dévouement. Que vous dira donc l'Allemagne, sinon que vous avez froissé tous ses sentiments, fait disparaître toutes les illusions de sa bienveillaoce â yotre égard. Catholiques, l'Allemagne vous reprodiera d'avoir persécuté sa foi monarchique ; d'avoir fourni à l'anarchie ses plus grands arguments, les plus spécieux sujets de ses déclamations; libérale, enfin, elle a déjà prononcé votre an et. Avec vous, c'est une guerre à mort que reqsrit d'indépendance et de liberté vous a vouée.
Et qui donc est responsable, envers rinforliinée Russie, de maux si terribles? Est-ce l'empereur, que tant de voix accusent, il est vrai, mais que les faits pourraient disculper, que de grands ministres Aberdeen, Guizot, Mettcrnich ont chaleureusement défendu? Non, ce ii^est pis rempereur qui a commis ces actes de brutale cruauté, qui s'est laissé emporter à ces violences, qui s'est souillé de ces actes perfides, dont le récit a rempli l'univers d'horreur ei d'indignation. Non, le grand caractère du souverain
dont le courage a éclaté dans des occasions difficiles, ne s'est pas abaissé jusque-là. Non, le gardien des droits du peuple, le maître suprême de tant de millions d'hommes, ne s'est pas laissé aveugler par Tamour excessif de la domination, jusqu'à ce point de se faire lui-même le bourreau de ses sujets. Non, le dépositaire d'une force si formidable n'a pas méconnu sa mission sur la terre, au point de dépasser d'une manière aussi tyrannique les limites de son droit et de son devoir. Tout cela, ce sont des conseillers perfides qui l'ont fait; tout cela il en a repoussé lui-même, à la face de l'Europe, l'outrageante responsabilité.
Ne Tavons-nous pas vu, en effet, naguère, ce puissant potentat, abaisser par respect devant un auguste vieillard tout l'orgueil de cette puissance ? N'a-t-il pas écouté avec un attendrissement mêlé d'une vénération involontaire, cette bouche imposante, ce cœur paternel, lui demander compte de mesures dont il a rejeté l'odieux sur les vrais auteurs du mal. Et lorsque cette bouche réservée autant que puissante lui faisait seulement comprendre combien les actes de ministres dangereux amassaient de honte autour du trône des czars, ne savons-nous pas qu'un démenti fbrmel a repoussé de la part de l'empereur toute responsabilité de cette nature? Ce démenti que la dignité impériale exigeait, ne savons-nous pas aussi qu'il a été officiellement annoncé à toutes les cours de l'Europe?
Et nous voudrions après cela soupçonner un grand souverain d'une complicité doublement coupable avec les actes infâmes de ses ministres ? Nous oserions supposer qu'un si puissant potentat serait venu lâchement insulter
a50 L'iGLISE SCHISVJLTIQCC ItVMt.
par un mensonge sanglant aux eheveux blandils de ee vieillard, dont ia voix le citait d'avance au tribunal de Dieu ? Lorsque terrassé , subjugué îmoloAtairemeot j^ celte force et cette majesté surhumaine d*un vieillard sans défense; lorsque se trouvant pour la première fois de sa vie en face d'une puissance dont sa {R^opTe émotion lei révélait si fortement Torigine, nous Toodriods que, pOdr échapper à la honte de Taveu, il se fût coavert de la honte d'un lâche qui s*avilit par un mensonge?
Ohl si jamais la pourpre d'un empereur pouvait ainri se traîner dans la fange.l Si la majesté souvenkine soiiiJIatt ainsi son bandeau dans l'ignominie, après l'avoir trempé dans le sang ! Qui donc, grand Dieu ! ne se voileniit la face; et ne s'abîmerait dans la douleur, en voyant les roid travailler si activement à Ja ruine de leur pirissMice dans le monde ; dans ce monde où, de notre temf», les petiples ne sont que trop disposés à s'affranchir de toute dépendance ?
Mais qui donc aecuserons-nous de cette marche fr neste, où la Russie s'est si malheureusecÉeiil engagée aoos le présent règne, à la suite de Pierre et de Gotherifie? Leurs actes officiels nous les dénoncent d'eux-^méoieil. Ce sont ces hommes sans iièteHigeoee des choses et Mf temps, ces aveugles qui semblent ne pas voir iptexâte Pierre, entre Catherine même et Nicolas, il y a des §iMm entiers écoulés, des siècles faisant époque dans le mende. Ceuxque nousaccuserons , ou phitôt qui s'àccusentd'eatméme, c'est ce triumvirat d'imposteurs, pris eu flagrant délit de mensoc^s par leurs propres éerits offlcicds ; ces hommes qui, trop impuissants pour accomplir par leur
I,*É6LI8E SCfliSBUTiOCE ftUfiSE. 351
propre force les projets impies de leur iniquité, se couyreot 4ti Aom de l'empereur pour commettre leurs attentsuU. Ce soBtoes hommes qui trompent leur maître, leur pays et l'Europe sur les trames de leur perfidie ; ces hom«* mes qui, plus 4*uiie lois dans le cours de cet ouvrage, iMMis^BtAtitpeut^tre reporter jusque sur la majesté ion périale leUàmede leurs actes. C'esl oontre ees bommes que le sang do tant de victimes, les tourments de tant de malheureux, la spoliation de tant d'autres, la profanation descbosQs saintes, Tasservissement et Tignominie de TÉglise, r^postasie des Judas de l'empire; c'esteontre eux, en un mot,que tant de persécutions, d'attentats et d'outrages font monter, depuis si longtemps déjà, vers le trône de Dieu tes larmes et les gémissements des opprimés et des martyrs. Vrais descendants des hordes de Tartares qui les ont poussés sur la Russie, c'est d'eux, peut-être, comam de leurs sauvages ancêtres qu'on peut faire ce portrait si bien appliqué aux irinés de leur race : « le Ma» dû la horde a la patienee du chieuy la prudence de » la ffrue, la perspicacité du earèeau^ ia rapacité du loup, le »ealme 4v ciicai et l^impétuoeHé Au sanglier des monr
£i vcilà entre les maiiis de qttcte hommes le malheureikx NlooiasaTemia des intérêts si précieux à la conservation eti la paix de son empire. Ces mains ont porté partout les fruits de teuf instinct; partout la perfidie jointe à la violence ; partout la rapacité unie k ta sauvage io^étuoaîté qui arrache par lambeaux, et à Fastuce qui dépoujjie dans le silaice.
Ëst-il besoin maintenant , d'îeotrer dans «m développe-
352 l'église SCHISMATIQUB RUSSE.
ment nouveau , pour prouver que la justice éternelle et rtionneur de Dieu sont intéressés à ce que de pareils attentats reçoivent un jour ou Tautre leur tropjuste recoin^ pense?
Mais, hélas! prêtre de Jésus-Christ, ministre d'un Dieu de paix et de miséricorde, pourquoi faut-il que des paroles amères aient à sortir ainsi de nos lèvres , qui ne voudraient . s'ouvrir que pour bénir et prier? Église de Russie, 611e ingrate qui repousses avec tant d'aveuglement la voix de ta mère, quoi! faut-il que notre cœur en soit réduit à ne pas espérer de longtemps ton retour? Pourquoi te voyons-nous réduite à un tel état d'abaissement et de misère, qu'il ne t'est pas même donné de comprendre les biens que te procurerait ton retour à la foi antique de tes aïeux ? Grandeur et dignité, force et civilisation pour toi et pour ton peuple , voilà ce que t'offrirait cette union que tu méconnais^ ce que tu repousses violemment aujourd'hui, ce que tu cherches en vain ailleurs.
Mais au Seigneur seul il appartient de régler, dans les vues suprêities de sa Providence» les destinées des hommes et des peuples ; c'est lui qui les modère et les uns et les autres; c'est lui qui d*un Saul persécuteur fit un apôtre des nations ; lui donc aussi pourra opérer, dans le temps marqué par sa sagesse, le même prodige pour Féglise de Russie, alors que, selon sa promesse, il reconduira au sein de son unique épouse, ces égarés qui doivent former ud jour, un seul troupeau sous un seul pasteur; alors aussi, que tous les peuples de la terre, réunis en une seule famille chrétienne, chanteront au Seigneur les mêmes hymnes de gloire, sur tous les points de l'univers.
l'église sghismatique russe. 353
Réveille-toi, ô malheureuse fllle deSion, réveille-toi de ton sommeil de mort et retourne au sein de ta mère. Nous nous rappellerons tes souffrances et ton avilissementi non pour te les reprocher et t'en humilier, mais pour guérir tes blessures, et relever ton noble front de la honte où le retiennent tes oppresseurs. Vois l'esclavage auquel tu es réduite, et songe bien que tu as perdu toute splendeur, toute lumière et toute vie, uniquement parce que tu as quitté Tunité ronmine ; parce que tu. as été assez aveugle pour te séparer du siège immortel de Pierre, le centre de toute force et de tout appui. Réunis-toi donc à cette Église dont tes livres eux-mêmes constatent la sainteté et la primatie. Aujourd'hui tu es devenue la complice de ceux qui enchaînent ton peuple dans la servitude; alors il t'appartiendra de lui briser ses chaînes. Contemple donc en face de ta honte, le merveilleux spectacle d'une Mère que tu dédaignes sans la connaître. Vois comme elle demeure immobile dans les siècles, fondée comme elle l'est, sur l'invincible pierre que nul ennemi ne saurait ébranler. Vois comme elle est digne et féconde dans son enseignement toujours immuable aussi , dans les œuvres de son zèle et de sa charité, dans tout l'univers. En vain dix-neuf siècles de tempêtes et d'attaques ont-ils essayé de l'ébranler et de la rendre impuissante ; en vain, les sceptres des plus puissants monarques se sont-ils attaqués à elle : ils se sont brisés en poussière en la touchant. D'autres se briseront encore dans la guerre impie entreprise, par le monde, contre Dieu et contre son Christ. Et la seule immortelle dynastie de Pierre demeurera debout, victorieuse au milieu des tempêtes
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