LETTRE DU PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE AU SYNODE RUSSE
Jérémie, par la grâce de Dieu, archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique de la Nouvelle Rome, au trèshaut et sérénissime synode de Russie, notre très^aimé frère dans l'Esprit-Saint, et en Jésus-Christ, salut, bénédiction et prière dans le Seigneur !
aM L'ÉGUAB SOHSHAnQUK Bf SSE.
Nous approuvons dans notre sage jugement, par U^ce et le pouvoir du très-saint, très-viviGant et suprême véguhiteiif k Saiqi-£sprit| el doos doonons force de loi au saânt sysode de BMSsie qui a été éri^é dans son «nspîpe, padr mtre fib dam le SMBt*£sprit, le très-picuK et très-sage attiooBaiey onr de iMile la Mosoovie«.diela PctiierRassiA, de la Russie^-Blaodbv^ de tous les pays sefk(eDtriQaaux,inéridk»iau» eâ«ccidiMiUtts et d*UQ grand nombre d'autres Étais» le souverain «k seigacHi Pierre AJexiwitch. Ce synode esA notée frèrft^n.Jésii^^Chvist, l« saint et. sanctifiant synode^ leqiwi titre il recevra, de teiis h^ ehrétiens ortibodoxes, tant eoolésastkpses que séeulkrs, nobles ou autres, de tout homme, de quelqae coedàtifui' et laeg •qu'il puisse être. Ce synode a le inêne drok dk'ag^el de oommander a^ec la mé«ke pléiûtude de- puiasanee qws les quatne patriarches^ Toutefois» nous rexhefftoBS et le coojurensdkideH weenrer ferme dans les disposkions et lee usages que sepit coa«iles oocuméniques ont établis etd-ohîewverpom loet le reste ce qu'observe la sainte église orientale^ Que le synode se ivende donc ainsi ferme et immoëile poue tous les siècles fu- Ujon. Que la bénédietion du, Seigioeuri sa gnâ«e eâ notffe prière soient) suc vous.
Donné ù Gonstantînople, le 23 septembre 1723.
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Jérémie, par la grâce de Dieu, archevêque de ConstantînofJei^ patriarche œcuménique de la Nouvelle Bpme^ au très- ^nt et séréois^me synode de l^kMSWf, notre tjrèfir^^aimé feàie dans le SaintrEsprût, et en Jésus-Cbrisi. salut, béaédiclion H l^rière dans le* Seigmeur J
Nous vous envoyous la réponse aux dema9des Csûies^par \$$
MÉCTBS «fSTIFICJnPIVES, 983
habitants de la Grande-Bretagne, parce que nous et nos frères îes patriarches qui se trouvent ici présentement, nous Tavons examiné longuement et sérieusement, et ensuite, d'un commun accord, novs avons appelé le synode notre (Vère. Le patriarche d'Alexandrie a diB])uis ce temps passé à f autre vie, et nou9 cherchons un sujet convenable pour ce siège patriarcal. Le patriarche de Jérusalem s'étant trouvé indisposé dtptris qu'il a signé la profession de foi et la lettre qui raccompagne, se trouve au lit jusqu'à présent. Conséquemment nous sommes resté seul pour confirmer le synode et pour le ratifier comme il convient. Notre sage jugement Ta raffermi comme en font fol nos lettres de confirmation et celles du patriarche d'Antioche. Nous ferons également nos e£forts pour que lacfîte confirmation ait lîeu de la part des autres patriarches si cela parait nécessaire, bien que la nôtre seule soit suffisante.
S'il vous arrive de nouvelles demandes de la part dès Anglais, envoyez- îes-nous. La miséricorde de Dieu ,, notre prière et notre bénédiction soient toujours avec vous.
Le 23 septembre 1723.
VÉCLARikTIOlff M LA PilOnEB8l>(nf DV 9(91 hW fi*ËGUM GRECQBE ORTENTALE EIT iTW^.
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Nous croyons au vrai Dieu, unique, éternel, régulateur de rameis. Père, Fiis et S«nt-£sprît :: le Pèr/e qui Dt'a pascié
^Nous n'^avons parsbesMii d'avcrlh* nw lecteurs ^e cette proftwiofi de (bî renferme iratureHtemeiit les erreur» dogmatiques wdrHaires» dès Grecs. Comme sont : La procession du Saint-Esprit'; la primauté difine de saint Pierre et de ses successeurs les pontifes de Rome"; le purgatoire, et enfin la miligation des peines del'enftr. Ce n'est* pas ici !e fien dfe'Ites
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engendré ; le Fils qui est engendré du Père de toute éternité, et qui a avec le Père la roéme nature et la même substance; l'Esprit Saint qui procède du Père, et qui a la même nature et substance que le Père et le Fils. Nous appelons ces trois personnes dans l'unité de leur nature et de leur substance ^ la très-sainte Trinité y qui sera toujours et de tous dignement adorée, louée et glorifiée.
Nous croyons que la sainte Écriture a été inspirée de Dieu; et par conséquent nous devons croire tout ce qu'elle contient, sans réserve , non selon le bon plaisir de cbacun^ mais expressément selon que TÉgiise catholique l'explique et le propose. La fausse science des hérétiques admet également la sainte Écriture, mais elle l'explique d'une manière perverse, et l'explique avec figures et images selon la malice du savoir humaio, en altérant ce qui ne doit pas être altéré, se faisant uu jeu d*une manière déraisonnable dechoses qui ne doivent pas être exposées à un pareil usage. S'il était permis à cliacun d'expliquer la Sainte-Écriture selon son propre caprice, l'Église catholique n'aurait pas pu, comme par la grâce de Dieu elle l'a fait, demeurer jusqu'au jour d'aujourd'hui la même Église, iova* fiable dans sa pensée et dans sa foi, qui croit toujours la même chose; elle se serait au contraire divisée en portions sans nombre, en s'abandonnanl* aux hérésies avec lesquelles elle eût cessé d'être la sainte Église, la colonne et l'appui de la vérité. Elle serait devenue plutôt l'église des imposteurs, auxquels
réfuter. Nous renverrons le lecteur à nos meillears ouvrages grecs et latins sur cette matière, savoir : Léon Allazzi ou Allatius et Arcadias, grecs. Parmi les latins : Le Quien, le P. Pétao, jésuite; le P. Goar, dooiinicain ; et Touvrage extrêmement intéressant pour les missionnaires , pn* blié sous ce titre : Manuale misnonariorum Onentalium. , etc. Juthori adm, rev. Paire Fr. Carolo Franeiseoa Breno ordinU Mmorum sîriciicfii obêervaniioif etc.— In-follo. Venise. BalleonL 1720*
sont soumises nécessairement les églises des hérétiques, lesquelles n'ont pas honte de commencer par se faire instruire dans réglise et la repousser ensuite injustement. En conséquence nous croyons que l'explication de la sainte Écriture par Torgane de l'Église catholique est aussi nécessaire que la sainte Écriture elle-même, parce que l'auéeur de l'une et de l'autre est le même, c'est-à-dire le Saint-Esprit; d'où il suit que c'est la même chose, se faire instruire par la sainte Écriture ou par rÉgHse universelle. L'homme qui parle de lui-même, peut se tromper, peut tromper et être trompé; mais l'Église universelle, qui n'a jamais parlé et ne parle jamais d'elle-même, mais toujours par l'organe du Saint-Esprit, (lequel a toujours été son maître et le sera jusqu'à la consommation des siècles), ne peut ni se tromper, ni tromper, ni être trompée. Son autorité seule est irréfragable et infaillible, comme celle de Fa sainte Écriture elle-même.
Nous croyons que Dieu dans sa bonté souveraine a prédes« tiné à la gloire tous ceux qu'il a choisis pour cela de toute éternité, et qu'il a abandonné à la damnation ceux qu'il a également réprouvés dès le commencement. Il ne s'ensuit pas cependant que par là Dieu ait voulu justifier les uns et ré* prouver les autres , et les damner ainsi sans aucune raison ; car ce serait incompatible avec un Dieu qui est le père impar* tial et universel de tous; lequel veut que tout homme se sauve^ et que tous arrivent à la connaissance de la vérité.—-! Tim. II, 4. — Mais au contraire il suit de là qu'ayant prévu que les uns se seraient bien servis de leur liberté, et que les autres en auraient abusé, il a prédestiné les uns à la gloire et les autres à la réprobation. Quant à l'usage de la liberté, nous pensons de la manière suivante : La bonté de Dieu nous donne sa grâce divine qui nous éclaire, et pour cela est appelée grâce prévenante; parce que, de même que la lumière éclaire celui qui marche dans les ténèbres, de même aussi la grâce est
3M L'ÉGLISfi SCHISMÀTIQUE EUSSE,
le^de de tooft. Celui qui ia désire^ doit s'y seumeUre (parce que la grâce aide ceux quiia cherchent, et non ceux qui lui résistent) et en suivre les .ina{ûradons. La grâce est absolument nécessaire au salut. Ainsi on secoit une grâce spéciale, laquelle coopérant dans Thoaune, le fortifie et le consolide 4laos Tsmour de Dieu, c'est-à-dire dans les bonnes œuvres que Dies exige de nous (lesqueUes nous sont inspirées par la grâce prévenante).
La grâce justifie pareiUement l'homme, ^t le rend prédestioe; tandis qu'au contraire ceux qui n'obéissent, pas A la grâce, qui ne veulent pas la suivre, et n'obéissent pas aux coramande- Bsents de Dieu, mais au «ontraire écoutent les instigations de Satan, «busent xle la liberté ^'ils avaient reçue de Dieu afin de (pratiquer vAilontairement /la justice, et ainsi, d*eux-ménies, ils se jettent dans la. masse des réprouvés» Quant auxliérétiques blasphémateurs qui disent que Dieu prédestine ou réprouve sans avoir égard aux œuvres des réprouvés ou des prédestinés, nous déclarons qu'une opinion sembiabie est contuaire k la caison et inqfue; parce que, dans ce «asi, la saônte Éoribune se trouverait ^a «on toadictioa avec eUe-7même^ attendu qu'elle (enseigne que les fidc^es se (Sauvevt parle moyai de .la foi unie aux oounjnes, lesquelles réunies constituent Bien l'unique «out ce de «atne aali^, par«e que lui sexxl accorde la gràpe illuminante, qui «unduk J'bomne à la ooainaissance de la divine véfité, el lui j^ipsend à y coo^pérer ,( s^U jie résiste y«s), et à fiiire tout ce .qui est juste et agréable .àDîev, afin qu'il obtîcniie le sahut» De cette manièBey la Uber te.de ChwniBf aVB6t pas détruite, puisqu'il reste à son libre arbitre la ibcMllé de soiwe Tacliott de la grâce «m d'yj'ésîaittr. «Gi^ioesvèntéi ^fiiabKes, riVst-oe poscoDlRiire à.braisoiiictsamjMimHi'l«Bd» ineot, de <tPouloir Boutenir qnela foloaâé de XAtu estia-ctiM ds maHisur des 9épnBiiifés?.]S'4sl«tee,poifA^ ipioiMooer use bmrrible caloainie^oootre Dieti? If e»t*tce point là {vffofiker uas ■KRiatruMBeinjuslke ooalJK k cieL? Dieii4|aixii'€8t|MS of»- Ue4ftr isire k mal, veni'fiinsdi$lNMftioa c&dTuBe^qgalenaM*
PIÈGES JIII»iFiG4TlVES« ^67
le saint de tous. En lui il 11*7 a pas lieu à partialité. Aussi nous confessons qae Dieu abandonne justement à la damnation ceux ^|u^ suivant leur volonté corrompue et les mouvements dé leur oœur pervers et endurci, persistent dans Vim piété. Mais nous n'avioss jamais dit, nous ne dirons jamais que Dieu soit la cause de la peine et des tourments éternels, ou qu'il soit en* iMoni de ThoDune^ lui qui, de sa propre bouche, dit que le le Ciel se réjouit de la conver^on d'un seul pédieuar qui lait pénitence. J96us n'aurons pas l'audace de croire et de penser de la soriep tant que nous conserverons l'usage de Ist raison, et ncMS nbandonooDS an contraire à la réprobation éternelle tous ceux qui pensent et parlent de cette manière, les croyant plus méchants que tous les in&déles.
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]Nous croyons que Dieu en trois personnes^ Père, Fils et Saint-Espritj a créé tout ce qui existe, le visible comme Pinvisible. Sous le nom d'invisible nous comprenons les puissances angéliques, les âmes raisonnables et les mauvais esprits, bien gue Dieu n'ait pas créé les mauvais espiits dans l'état où ils se sont précipités ensuite par leur propre volonté. Par le visible nous entendons le ciel et tout ce qui existe sous le ciel. Parce gue Dieu créateur est bon par nature et selon son essence, il a tout produit en bon état^ et il ne pouvait pas être créé de mal. Si ensuite^ ^ans l'homme et les esprits malins se trouve le mal, c*est-àr-dire le péché (car dans l'état primiiif on ne connaissait pa&le mal]» il faut dire que ce mal, contrairement à la volonté de Dieu, est sorti de l^omme ou de l'esprit malin. Car c'est ;une vérité absolue que Dieu ne peut être l'auteur du mal, et ainsi la jparfaite justice demande qu'il ne lui soit pas attribut»