LIV INTRODUCTION
Saint Martin >, cette héroïque victime des empereurs bizantins persécuteurs de la foi , l'église russe avec tout l'Orient le nomme : « Le plus glorieux maître de la foi orthodoxe, un vrai » évéque des saints et pieux maîtres et des évéques ; un fleuve » gonflé des eaux spirituelles, une lampe éclatante de la lu- » mière de l'orthodoxie, laquelle, bien que partie de l'Occi- » dent, a répandu sa clarté dans TOrient. « Elle le dit : « En- » flammé du saint zèle, et qui, fondement de la doctrine de » l'Église, chassé de Rome par des scélérats et maltraité, mar- » che comme un soleil qui éclaire tous les fidèles. »
Enfin, la Russie n'hésite pas à dire de saint Grégoire II : « Dieu t'a choisi pour suprême évéque de son Eglise et suc- » cesseur de saint PieiTe, prince des Apôtres *. »
§ 7 . Contradictions de f église russe.
Ainsi donc, il est impossible d'en douter, au temps où l'église orientale, aujourd'hui séparée de nous, a fixé les monuments de ses doctrines primitives, Constantinople aussi bien
* Le saint pape Martin V avait condamné au concile de Latran, en 6^9, les deux manifestes publiés par les empereurs Héraclius et Constant en faveur des monolhélites. Par ordr& de ces princes il fut enlevé de Rome, conduit à Constantinople, et jeté dbns une dure prison. Vingt faux lémtins l'ayant accusé de crimes honibles, il fut livré au bourreau par le préfet de Constantinople. On le conduisit sur la place publique, on le couvrit d^outrages, on le chargea de nouveau de chaînes; ensuite on renvoya en exil dans la Chersonèse-Taurique, où il mourut de misère.
> La traduction de la Lettre | astorale d'où sont extraits ces passages renferme quelques inexactitudes rectifiées ici.
Du reste, outre ces témoignages de Tantique orthodoxie de Téglise russe, on peut en trouver dans Thistoire une quantité d'autres également irréfragables. On peut consulter en particulier, sur ce point, l'ouvrage publié assurément dans un esprit peu suspect de partialité en faveur de la foi catholique, sous ce titre : BistoricaRussiœ monumenfa ex antiquis exterarum ffeuiium archivis ex bibliothecis deprompta. Par M. Tourguenoff. In-4. Saint-Pétersbourg. Pratz, 184i.
Ce livre qui servira un jour de guide aux Russes eux-mêmes pour retrouver les traces de leur union primitive avec l'Église romaine, doit certainement ses documents les plus précieux au savant préfet des Archives de Rome, Monseigneur Marino Mariui.