‹ L'Église schismatique russe, d'après les relations récentes du prétendu saint-synode, tr. de lChapitre 51 sur 129 · C INTRODUCTION · texte numérisé non relu

C INTRODUCTION

gloire insigne d^avoir fourni l'auguste pontife placé aujourd'hui sur la chaire apostolique.

A toutes ces marques d'intérêt données aux séminaires ecclésiastiques, Grégoire XIII ajouta l'institution d'une congrégation particulière de cardinaux, appelés à régler tout ce qui concernait ces établissements dans le monde.

Sixte-Quint suivit l'exemple de Grégoire, et plusieurs séminaires italiens ou étrangers datent de son pontificat. Qément YIII fit plus encore. Sa lettre encyclique en &veur des études est un monument précieux dans l'histoire de la science. Ce pontife contribua efficacement à la fondation des collèges écossais à Rome, allemand à Liège et à Tournay, ainsi que de plusieurs autres en France, en Allemagne et en Italie.

§ 24. Collège Urbain de la Propagande,

Parmi ceux que Paul V institua, nous devons placer ceux des Écossais à Paris et des Irlandais à Lisbonne.

Urbain VIII suivit généreusement les mêmes traces; les collèges de Louvain et de Lille pour les Irlandais, celui des Illyriens à Loreto, lui doivent entr'autres leur naissance. Il eut enfin la gloire d'attacher son nom, célèbre d'ailleurs et par tant de grandes actions, à l'établissement du collège de la Propagande. Cette création, unique dans le monde, doit sa première origine à l'espagnol Vives; mais par l'intérêt qu'il y porta, ainsi que par les bienfaits dont cet intérêt fut accompagné, le

pbie est redevable de si précieux encouragements et de si sûres lumières. £nûn, parmi les élèves les plus distingués de rétablissement, nous nommerons les cardinaux Asquiui et Ferretii , le dernier à jamais recommandable par sa piélé, son zèle et sa belle conduite au temps du choléra de Napies ; Mgr. Viale-Prela, le docte et habile nonce de Vienne ; Mgr. Brunelli, si digne d'occuper la position importante de secrétaire de la Propagande; Mgr. Brunelli, Tune des colonnes futures du sacré collège, dont la vaste doctrine et Tesprit élevé seront toujours un puissant appui pour les vrais principes de missions développés dans V Instruction à laquelle il a eu la gloire d'attacher son nom. Nous citerons enfin les abbés Graiio i et Palma dont s'honore aussi le collège romain.

INTKODUCTION. Cl

pontife mérita que la reconnaissance de TÉglise fit porter au collège le nom d'Urbain, conservé encore aujourd'hui.

Innocent X, si juste appréciateur de Timporfance du clergé* pris parmi les nationaux l, établit à Rome le collège irlandais, où de nos jours, sous la direction d'un ecclésiastique aussi savant que modeste 2, nous voyons élever une si belle famille ecclésiastique pour la fidèle Irlande.

Il est inutile de parler des autres établissements d'instruction ecclésiastique formés sous l'influence bienfaisante des souverains pontifes. Cette influence apparaît si visiblement et d'une manière si éclatante, que les faits rapportés jusqu'ici suffisent et bien au delà pour montrer ce que la science doit au Saint- Siège.

§ 25, Académies et XJnhersUés fondées.

Mais les grandes vues des papes ne s'arrêtèrent pas plus à la fondation des séminaires particuliers, dans les temps moder* nés, qu'auparavant leurs encouragements ne manquèrent jaâHais aux grandes institutions scientifiques de leur âge. Ainsi agissaient Jules III et ses successeurs pour les universités et les académies de Dillingen, Douai, Gratz, Pont-à-Mousson et Wilna.

§ 20. Mouvement du clergé de France, — Institution des sémi»^

Pendant ce temps, les évéques de la catholicité, à l'exemple principalement de saint Charles Borromée, dotaient à l'envi leurs diocèses d'établissements d'éducation ecclésiastique. Le clergé de France en particulier se distinguait de tous par son ardeur à suivre sous ce rapport le grand mouvement imprimé par le saint concile de Trente. Les congrégations de Saint- Sulpice, de la Mission, de Saint-Nicolas-du-Chardonnet él cel-

' Voir les Leflres d Mgr. de Langres sur les Missions Étrangim, p. 29.. ' Mjjr. C.ullen.

eu INTRODUCTION.

les que nous avons déjà indiquées, toutes filles de l'Oratoire k divers titres, changèreat la face de la France, à Taide des seroinaires pour le clergé séculier.

. Une foule de prêtres zélés, formés à la vertu dans les sémi* naires, et à la science dans la glorieuse et à jamais regrettable institution de la Sorbonne, remplirent les sièges épiscopaux et les autres positions élevées de l'ordre hiérarcbique , où ils montrèrent plus tard comment on scelle sa foi de son sang, après j'avoir défendue glorieusement par la parole*

§ 27. Missions Étrangères,

D'autres enfin, parmi eux, enflammés de zèle et réalisant les souhaits prophétiques du grand homme à qui Saint-Sulpice doit sa naissance i, trouvèrent trop étroites les bornes de la France; ils ambitionnèrent et obtinrent la gloire d'aller planter dans les pays infidèles la bannière du clergé séculier et de la sainte hiérarchie 2.

Enfin, à côté de renseignement supérieur développé à différents degrés, on vît la charité romaine, de temps immémorial ', s'occuper plus ou moins activement, suivant les conjonctures des temps, de l'éducation élémentaire pour les enfants des deux sexes. Dans le xvi® siècle, saint Joseph Calasanzio y donna le premier exemple d'écoles gratuites , instituées plus

* « Au sortir de l'oraison , M. Olier écrivair. à son directeur : Dieu qui B m*animait, me faisait dire, étant hors de moi-même , et voulant répan- » dre la foi par toutes les créatures, si je pouvais : O done^ mon fovf , » que j'envoie par tout le monde! Et il me semble que je voyais ici un » oommencement de séminaire pour les nations étrangères, w -^ Vie dt M. Olier ^ fondateur du séminaire de SainUSulpiee^ accompagnée de notices sur un grand nombre de personnages contemporains. Par M. Fayoo, directeur au même séminaire. In-8». Paris. Pous«5ielgue. 18^1, t. ii, p. A4i.

3 Nous avons fait connaître la portée de cette œuvre dans les Lettres à Mgr, de Lan grès sur la Cong, des Miss, Etrange res,

' E difficile determinare quand* esse (les écoles primaires) incomînciassero ad aversi, dappoichè mancano su ciô le memorie. — DegC istituti di publiea tarifa e d^istruzione primaria, etc. di Monsig, D, Carlo Luigi âîorichiniy etc. Jn-S. Rome. P. Aureli. 1835, p. 227.

INTRODLCTION. Glli

tard dans d'autres cootrées, notaiDiuent en France, où Tœuvre de notre vénérable de la Salle eut de si grands succès.

Du reste, tout ce qui s'est fait dans les temps modernes pour réducation ecclésiastique supérieure ou élémentaire, n*est, à proprement parler, qu'un développement des grandes pensées du saint concile de Trente. Aussi TÉglise doit- elle à cette auguste assemblée, entre autres bienfaits, la réforme, et par suite la réhabilitatiou du clergé séculier, très -dégénéré à certaines époques.

Ce développement, que le Saint-Siège a si admirablement dirigé, s'opérait en France, en particulier, d'un coté par les congrégations religieuses ravivées ou instituées à la suite du même concile, de l'autre par les institutious nées de l'Oratoire. Il en résultait, comme on devait Tesiiérer, une louable émulation entre les deux grands principes séculier et régulier. Tout en se combattant avec vivacité sur quelques points de détail , ces deux principes donnaient cependant une grande force à l'action commune dans les œuvres de grande importance.

D'ailleurs, l'énergique constitution de Tépiscopat français suffisait pour arrêter à temps les^abus vraiment graves, et par ce moyen la lutte même devenait profitable.

Aujourd'hui tout est bien changé. L'élément religieux n'existe plus, à proprement parler, dans l'Église de France. L'autorité des évêques, absolue sur bien des points, n'est plus, sous d'autres rapports essentiels, que l'ombre de ce qu'elle était autrefois. Les corporation;^ religieuses ne peuvent presque plus se reconstituer; et il n'y a même plus à' assemblées du clergé pour les évêques , tandis que les conciles provinciaux et nationaux seraient nécessaires à leur action.

Quoi qu'il en soit, et pour ne pas sortir de notre sujet, nous vous adresserons une seule demande, ô malheureuse église de Russie !

§28. Comparaison avec la nullité des œuvres de C église russe.

Vous voyez ce que Rome a opéré dans le monde pour la

GIV INTRODUCTION.

portion la plus intéressante de renseignement ; qu'avez-vous à nous oppo^r de votre part pour contre -balancer tant de glorieux efforts? Quelles écoles, quelles universités, quelles académies avez-vous su établir pendant les longs siècles de votre existence ?

Hélas ! faut-il que nous répondions pour vous ? faut- il vous épargner la honte d'un aveu qui vous pèse ? — Disons-le dono à votre place, puisque la rougeur vous couvre le visage. Jusqu*à Tannée 1786, il n'y avait pas plus de vingt-deux écoles en Russie.

Mais maintenant, direz-vous, ce reproche ne nous est plus applicable ; maintenant la Russie n'a rien ou peu de diose à envier à bien d'autres contrées de l'Europe. Lisez les rapports officiels de nos ministres, et voyez si des progrès éminents n'ont pas été faits depuis un demi-siècle.

A cela nous voulons bien ne pas répondre par le mol de Ca- Iherine à son favori de Moskou, que les oukases et les beaux rapports sont de merveilleux apologues imaginés pour l'occupation de la curiosité européenne.

A cela nous voulons bien ne pas opposer les piquantes observations du livre qui a donné naissance à ces lignes. Nous admettrons pour un instant tout ce que vous voudrez bien nous affirmer comme véritable; mais en cela quelle gloire peut vous revenir? Ne nous apprenez -vous pas au contraire que plus le progrès dont on parle sera véritable, plus le sujet de votre honte grandira, puisque par là on prouve inévitablement l'incapacité ou Papathie de vos prédécesseurs. Maintenant, ditesvous, le flambeau de la science est allumé parmi nous; désormais la lumière brille à nos yeux. — A merveille; il en sera comme vous le dites. Mais est-ce vous qui lavez découverte, cette lumière? est-ce vous qui avez trouvé un secret que Rome n'a jamais perdu, même dans les siècles de la plus universelle ignorance ?

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