INTRODUCTION. CVII
déric les secondaient, non moins activement (jne les aberrations de Joseph II.
§ 32. Les illuminés s* emparent de t éducation,
G>mme par V Encyclopédie en France, on avait attaqué tous les fondements du christianisme ; de même on se servit à Berlin de la Bibliothèque universelle allemande, pour arriver au même but. La secte active des illuminés se mêla aux rationalistes de toutes les écoles, pour travailler à cette œuvre de destruction. Elle se chargea même de la partie la plus importante de l'attaque, en s'emparant de l'éducation civile et religieuse de la jeunesse.
En peu de temps les ravages furent affreux. L'université de Bonn devint le centre d'où partirent tous les efforts de perversion tentés contre le clergé. Celle de Fribourg en Brisgaw rivalisa de zèle avec la première. Mayence s'y joignit. L'œuvre des séminaires diocésams fut attaquée sous toutes les faces ; on la livra au ridicule ; on la mina par la corruption, à ce point qu'on pouvait bientôt dire : « Faut-il s'étonner après cela si » nous voyons l'institution des séminaires en Allemagne tom- » ber de jour en jour en décadence , au point de perdre com-
* plétement toute importance ecclésiastique , et de se réduire » sije peux m'exprimer ainsi, à n'être plus qu'un établissement » d* entraînement^ où les jeunes lévites, après s'être vautrés » pendant plusieurs années à l'université , dans la piscine du i> vice et du dérèglement, venaient passer cinq ou six mois » pour apprendre les cérémonies du culte et autres coutumes » liturgiques en rapport avec leur profession, mais auxquelles,
* le plus souvent, ils ne croyaient pas eux-mêmes, et dont ils » se moquaient tout haut, et pour aller de là travailler comme » de vigoureux ouvriers à la vigne du Seigneur ^ ! »
* //m/, des instit, (Tèduc, cccL\ I. ii, p. 45*
CVIH INTRODUCTION.
§ 33, Séminaires généraux de Joseph 11, — Corruption de ces établissements. — Doctrine anti^catholique qu'on y professe.
Mais le grand coup porté à celte institution vint de Joseph II , lors de rétablissement des séminaires généraux de Vienne, Louvain et Pavie, séminaires que, dans ses règlements, l'empereur enleva entièrement à la surveillance des évéques.
On peut avoir une idée de renseignement qui s'y donnait, par ces principes professés ouvertement dans les cours: »< 1° L'infaillibilité de TÉglise n'est plus crue aujourd'hui que » d'un petit nombre de têtes faibles ; elle est douteuse. 2o Le • concile de Trente a créé plusieurs dogmes, qui ne sont point » garantis par l'antiquité. Le concile n'est pas infaillible. 3" Il M est difficile d'établir l'origine divine de la confession. 4® L'É- » glise n'a point de pouvoir législatif, ou du moins ses décrets V n'ont pas force de loi, tant qu'ils n'ont point obtenu la sanc- » tion de l'Etat. 5° L'Eglise n'a pas le droit de fixer les empé- » chements au mariage. 6*» Le célibat n'est pas plus pai*fait que »> le mariage. ?« La fin de l'homme n'est nullement Dieu et la » glorification de ses perfections divines ; mais l'homme est sa » félicité à lui-même. 8° Les sacrements appartiennent à l'in- » térieur de la religion, et celle-ci ne consiste pas dans l'usage » des sacrements, qui ne font pas la religion. 9° Le jeûne est » contraire aux lois de la nature , du moment où il dépasse les » règles ordinaires de la tempérance. 10*^ Les peines de l'en- :> fer ne sont pas éternelles, 11© l'Eglise a conservé comme » des dogmes beaucoup de subtilités purement scolastîques. » 12» L'amour de soi est la seule vertu; il renferme en lui » toutes les autres. 13» Le démon ne tente par les hommes 1. »
A de telles maximes se joignaient des mœurs dignes d'y correspondre. Dans le séminaire de Fribourg, qui oserait le eroire! il est de fait que Kolb , directeur de cet établissement, « menait ses élèves le vendredi, dans les plus mauvais cabarets,
' /fhtoirc des in^iif, d'cdiic, eccL^ t. it, p. 63,