INTRODUCTION. CIX
» OÙ il buvait et mangeait avec eux, et les excitait à faire en 0 public 9 usage de viandes défendues par PÉglise. Il leur en- » seignait sans détour, que la simple fornication, loin d'éti*e » un péché, était permise et même nécessaire. Pour leur y rendre compréhensibles ces nouvelles maximes de morale , « il les conduisait lui-même dans les fossés de la ville , aux » heures où les soldats ont coutume de s'y livrer à leurs orgies ; » il repaissait ses sataniques regards de ce dégoûtant spectacle, » et exhortait ses séminaristes à imiter en toute sécurité de » conscience ces abominables exemples ^. »
A Vienne, les choses étaient exactement sur le même pied. « J'ai remarqué, disait un religieux de l'ordre de St-François, » dans ce séminaire général , une si effroyable immoralité , » que si je ne Pavais pas vue de mes propres yeux, je n'ajoute- » rais pas foi à ce que d'autres m'en diraient. On compte ici » quatre-vingt séminaristes 5 mais le nombre des filles de joie » à qui les directeurs accordaient la libre entrée de Tétablisse- » ment, dans le but d*ôter à ces jeunes gens tout sentiment de » honte, est beaucoup plus considérable '. »
La Belgique , et à sa léte, le cardinal Frankenberg, firent de vives réclamations contre ces affreux établissements. Le temps et le changement de règne y apportèrent quelque remède. Mais quand de pareils trésors de vengeance s'amassent contre une couronne, doit-on s'étonner si Dieu vient sévèrement la châtier un jour ?
§ 34, Fondalion du séminaire de Maynooth en Irlande.
Pendant ce temps, la Bavière également dominée par les illuminés, suivait la même roule. Mais l'Irlande, Théroïque Irlande, donnait à la même époque, par la fondation toute catholique de son collège de Maynooth, l'exemple de ces établissements renouvelés dans tous les âges, où la main de Rome
' Histoire des insiit, (l*éduc, eccL^ t. 11, p. 66. — * Loc, ci7„ p. 69>
GVIII INTRODUCTION.
§ 33. Séminaires généraux de Joseph 11, — Corruption de ces établissements. — Doctrine anti^catholique qu'on y professe.
Mais le grand coup porté à cette institution vint de Joseph II , lors de rétablissement des séminaires généraux de Vienne, Louvain et Pavie, séminaires que, dans ses règlements, l'empereur enleva entièrement à la surveillance des évéques.
On pieut avoir une idée de l'enseignement qui s*y donnait, par ces principes professés ouvertement dans les cours : »c 1° L'infaillibilité de TÉglise n'est plus crue aujourd'hui que » d'un petit nombre de têtes faibles ; elle est douteuse. 2o Le • concile de Trente a créé plusieurs dogmes, qui ne sont point » garantis par l'antiquité. Le concile n'est pas infaillible, 3" II M est difficile d'établir l'origine divine de la confession. 4® L'É- » glise n'a point de pouvoir législatif , ou du moins ses décrets »> n'ont pas force de loi, tant qu'ils n'ont point obtenu la sanc- » tion de l'Etat. 5° L'Eglise n'a pas le droit de fixer les empé- » chements au mariage. 6° Le célibat n'est pas plus parfait que »> le mariage. ?« La fin de l'homme n'est nullement Dieu et la » glorification de ses perfections divines ; mais l'homme est sa » félicité à lui-même. 8° Les sacrements appartiennent à l'in- » térieur de la religion, et celle-ci ne consiste pas dans l'usage » des sacrements, qui ne font pas la religion. 9° Le jeûne est w contraire aux lois de la nature, du moment où il dépasse les » règles ordinaires de la tempérance. 10« Les peines de l'eny fer ne sont pas éternelles. Il© l'Eglise a conservé comme » des dogmes beaucoup de subtilités purement scolastiques. » 12» L'amour de soi est la seule vertu; il renferme en lui M toutes les autres. 13^ Le démon ne tente par les hommes ^. »
A de telles maximes se joignaient des mœurs dignes d'y correspondre. Dans le séminaire de Fribourg, qui oserait le croire ! il est de fait que Kolb , directeur de cet établissement, « menait ses élèves le vendredi, dans les plus mauvais cabarets,
' /fis foire (Us in.'<li(. (Vcdnc. eccl.^ t. ir, p. 63,