CXXIV INTRODUCTION
GilleS' Joseph-Louis Delamotte, prêtre des missions étrangères.
Enfin, en 1840, G.-J.-L. Delamotte mourait en prison, après avoir regardé comme des jeux d'enfant^ la torture des tenailles froides, des pinces roupies au feu et de la chaise garnie de pointes de fer, à laquelle il fut soumis à plusieurs reprises.
Pendant ce temps, une mort moins violente, mais bien précieuse aussi devant Dieu, moissonnait largement un grand nombre d'autres missionnaires. Et le grand cœur de Mgr. Retord pouvait, dès l'année 1836, s'écrier en parlant de-ces glorieux désastres : ^ Voilà comme la vie des missionnaires s'en » va vite ; ils passent comme un messager qui porte à pas ra- » pides des nouvelles pressantes, comme la flèche qui fend » Tair, et tend à son but; mais ce but, c'est l'éternité ! M. Suât » est mort il y a trois ans; M. Mollin a péri sous les eaux d*un » fleuve; un prêtre annamite a été étranglé ; le P. Odorico est » mort en exil; M. Rouge a succombé sur les montagnes; » M. Jaccard meurt lentement dans un cachot ; M. Marchand !!! » et voilà, je le répète, comme les missionnaires passent vite!... >» Quels seront les hommes hardis qui viendront maintenant M pour les remplacer, pour remplir, comme dans un jour de » bataille, les vides de ceux qui tombent, et pour combattre » avec ceux qui restent 2 ? »
Depuis cette époque , que de gloire encore et que de combats ! Redirai-je les luttes éclatantes de cet évêque, de ces missionnaires emprisonnés, flagellés, condamnés à mort et délivrés par rintervenlion de la généreuse marine militaire de France 3 ? La modestie de ceux qu'il faudrait louer ici, nous rc-
^ Expression du confesseur. — /inn, de la Prop, de la Foi^ t. un, p. 462.
2 Loc. ciUt t. X , p. 302.
' Voici un résumé des services plus saillants rendus dans ces derniers temps aux missionnaires de la Chine et royaumes voisins, par les officiers delà marine militaire française. En 1843, M. Favain-Lévèque , capitaine