‹ L'Église schismatique russe, d'après les relations récentes du prétendu saint-synode, tr. de lChapitre 80 sur 129 · CXLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXLVI INTRODUCTION

ces services dans la personne de ceux qui succèdent à vos bienfaiteurs ? Précisément le contraire de ce qu^ils avaient droit d'attendre. Vous vous êtes montrés haineux à notre égard. Et si quelqu'un de vos envoyés a témoigné parfois pour nous de la propension, vous l'avez immédiatement rappelé, afin de Fempécher de suivre ses sympathies '.

Quant aux Chinois catholiques, comment voulez-vous gagner leur affection? Comment- voulez- vous même ne pas leur inspirer une aversion mêlée de terreur ? Naguère encore exilés sur vos frontières, pour avoir confessé la foi, ils y recevaient les plaintes et les sanglots des victimes que votre propre persécution a faites.

Toutefois, direz- vous, parmi les populations chinoises non éclairées encore par la foi chrétienne, les répulsions que vous prétendez exister ailleurs, ne se rencontrent pas. Nous l'avouons; mais cet aveu n'est-il pas pour vous une honte? Et afin de mieux le faire comprendre, nous citerons volontiers le passage suivant d'un remarquable voyage récemment publié : « C'est, dit le savant auteur, c'est par Maimachin que passent » l'archevêque et les popes grecs qui se rendent annuellement » à la mission russe de Péking, ou ceux qui en reviennent, et il » est, on le conçoit, très-facile à des savants de se joindre à » cette manière de légation, et de visiter ainsi la portion la » plus intéressante du céleste Empire. Par cette voie, il eut » été aisé au gouvernement russe d'envoyer, à l'insu de tout » le monde, des ingénieurs aux Chinois pour les aider dans » la guerre contre l'Angleterre. Sur toute la limite, le nom » de l'autocrate est tout -puissant, et de même que dans le reste » de l'Asie, les populations tartares des deux côtés de la fron- » tière regardent déjà le czar comme leur chef suprême. De » cette influence politique résultent les plus grands avantages » commerciaux, et les négociants moscovites retirent d'énor- » mes bénéfices de leur transaction avec la Chine *. »

^ ]] y a quelques années, un archimandrite russe a été rappelé, dit««s» 4e Péking uniquement pour ce motif.

^ Exploration du torriioire de VOrégon, des Californie* et de (a mur

INTRODUCTION. CXLYII

Dans cette juste appréciation de votre influence, là oà votre renommée de persécuteurs n*a pas encore pénétré, vous sentirez certainement ce que vous avez perdu sur tous les points où l'on vous connaît mieux. Nous vous laissons le soin d'en déduire vous-mêmes les conséquences.

Ces réflexions sérieuses étant faites, nous terminerons l'ensemble de nos observations, en vous suppliant de considérer sous un autre point de vue le caractère général de votre propagande religieuse.

Qu'y trouvez-vous, en effet, pour pensée fondamentale et dernière ? L'intérêt de la foi ? la gloire de Dieu ? le salut des âmes? le bien-être moral des peuples? — Rien de tout cela. C'est une pensée d'agrandissement, de puissance, de domination politique qui se révèle partout.

Est-ce là de l'apostolat chrétien? Évidemment non.

Prêcher l'Évangile de Jésus-Christ, c'est annoncer aux peuples la bonne nouvelle ; c'est leur apporter la paix et les biens de l'âme ; non la violence et l'asservissement. Prêcher l'Évangile de Jésus-Christ, ce n'est pas travailler pour tel ou tel intérêt humain, intriguer pour telle ou telle puissance. L'Église de Jésus-Christ repousse des œuvres aussi contraires à son principe. Elle dit, par l'organe auguste du Siège apostolique, à ses enfants, pour les empêcher de préférer la vie des cours à la prédication vraiment chrétienne de la loi de Dieu : « Tenez- • vous toujours si éloignés des choses politiques et des affaires » d'État j que vous n'acceptiez jamais l'administration des

Vermeille t exécutée pendant les années 1840, 1841 et 1842. Par M» Duflot de MofraSf ete. Ouvrage publié par ordre du roi, etc, In-S**. Paris. A. Bertrand. 1844» t. ii, p. 319. — L'auteur de cet ouvrage , par Texcellent esprit dont il a fait preuve dans cette publication, a pris rang désormais parmi les hommes de talent et de probité, à qui Tavenir réserve une si belle mission dans la réhabilitation et le développement social des vrais principes unis au perfectionnement de la civilisation moderne. N. S. P. le pape Pie IX, si juste et si digne appréciateur du vrai mérite, a reconnu récemment celui de M. de Mofras, en le décorant de Tordre de Saint-Grégoire. Cat là une de ces distinctions qui honorent à la fois et celui qui les reçoit et celai qui les donne*

CXLVIU INTRODUCTION.

» choses civiles même quand on vous en prierait, quand on vous x) fatiguerait de supplications. C'est là une conduite que cette A sainte Congrégation (celle de la Propagande), a toujours ré- » prouvée et réprouvera toujours. C'est pourquoi il faut vous » en garantir avec beaucoup de soin, vous et les vôtres, et » vous tenir comme très-persuadés qu'il ferait une chose extré- » mement désagréable à la sacrée Congrégation, celui d'entre » vous qui se mêlerait d'intérêt humain, ou s'y laisserait enga- » ger. Et cela, non-seulement lorsque la chose tourne au dé- » triment de la religion et à la distraction des missionnaires, » mais même quand vous auriez, par ce moyen, l'espoir très- » certain de la dilater et de propager au loin la foi ^. 9

Église de Russie, examine tes œuvres, et dis-nous si tu De reconnaîtras pas trop sonvent ton portrait à cette vive image.

Et pourtant, dans les principes constitutifs de ton organisation, aussi bien au-dedans qu'au-dehors de tes frontières, se trouve conservée la vraie pensée apostolique de la hiérarchie* Partout féconde pour nous, cette pensée frappée de mort par le schisme demeure en toi tristement stérile. D'où vient cette différence, et ne faut-il pas que tu la reconnaisses? c'est one bien grande, bien indispensable chose dans l'Église de Jésus- Christ, que le principe de l'nnité catholique auquel tu refuses orgueilleusement de te soumettre.

* t Tarn loDge semper adeste à rébus polilicis negotiisque statas, ut » ervilrum rerum administrationem ne quidem rogaii et enixis precitnu t fatigaii »u$cipiatis, Quam semper rem Sacra base Gongregatio et serio

> et districte probibuit et porro probibebiL Quare vobis et vestris idipsam » est diligentissime caveodum, et boc Tobis certissime persuasum sit, rem » Sacr» Coogregationi molestissimam facturum eum, quîcumque se rebas 9 hujusmodi îngesseritaut etiam immisceri se sciverit. Neque id modo cam

> res cedit in detrimentum religionis et in distractlonem missioDarionim; t Terum etiam tum quoque cum certissima spes affulget iode ReUgiomB V au gendi et fidem longe lateque propagandL — ïntiruetion de la 5. C. à$ la Propagande aux premiers évéques^ vicaires apostoliques de ta Chine €t royaumes voisins.

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