L*ÉGLISE S€H1SMAT1QUE RUSSE
avait V2 filles de prêtres, 15 filles d'officiers de médiocre condition, 4 filles de marchands et 42 de très-basses classes, parmi lesquelles sept affranchies et cinq esclaves.
En résumé, il ressort des relations synodales, que 300 personnes seulement chaque année embrassent la vie monastique dans tout Fempire. Ce petit nombre, au milieu de quarante millions de fidèles, prouve combien l'esprit de religion est affaibli parmi ce peuple.
D'après les mêmes relations pour 1836, l'église russe comptait alors 197 couvents ordinaires ou subventionnés, avec 2,822 religieux et 163 couvents non salariés avec 1,574 individus. Pour les femmes il y avait 90 monastères subventionnés renfermant 2,822 religieuses et dans les diverses maisons non salariées, on en comptait 879. — D'après le règlement impérial, les 197 couvents d'hommes subventionnés devraient avoir 4,456 moines, mais U en manque 1,634 pour atteindre ce nombre.
D'où vient un pareil déficit, quand la limite tracée par le gouvernement est déjà si restreinte ? Il vient principalement de la manière indigne dont les moines sont traités dans des maisons dont tout homme au cœur droit se sent invinciblement repoussé. Le gouvernement s'en afflige, comme si ce n'était pas son propre ouvrage ; il s'étonne de plus que le nombre des religieuses soit proportionnellement plus grand que celui des moines. Ainsi , en 1836, il n'en manquait que 69 pour atteindre le chiffre fixé officiellement. Outre les professes, les religieuses ont encore avec elles un très-grand nombre d'aspirantes, tellement qu'eii 1835 et 1836 il ne s'en présenta pas moins de 3,250 et 3,727,
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Les monastères de femmes non-siibventionnés sont également bien plus fournis que les couvents analogues pour les hommes. En 1837, douze monastères non salariés renfermaient jusqu'à 929 professes, ou 77 religieuses pour chaque maison. Déduisons maintenant les 636 moines des quatre lavres et des sept stauropigies, du nombre total des religieux en 1836, nous trouverons que chacun des 186 couvents ordinaires n'avait pas plus de sept moines. Et dans les couvents non salariés on n*en comptait pas neuf par maison.
Si nous voulons rechercher la cause de cette énorme différence entre la population des monastères des deux sexes, nous n'en trouverons pas d'autre que celle-ci : Les femmes ne sont soumises ni à Tirnpôt personnel, ni au service militaire. L'économe gouvernement russe ne perd donc rien à l'entrée d'une femme dans un couvent ; aussi ne leur impose-t-on aucune des conditions tyranniques qui arrêtent les vocations parmi les hommes. Le gouvernement se contente d'en limiter le nombre. De plus, bien qu'il ait fixé pour elles l'âge de la profession à cinquante ans, cependant les monastères peuvent recevoir et vêtir de l'habit autant de novices qu'ils le jugent à propos. Celles-ci portent le nom de Belizes, et doivent s'entretenir à leurs frais, tandis qu'à cinquante ans elles ont droit à la prise du voile et à la rétribution.
Les couvents des deux sexes qui, en 1837, furent enlevés avec tant de violence de l'église ruthénienne catholique sont venus augmenter le nombre des maisons religieuses schîsmatiques. Le synode impérial eut l'effronterie de les considérer à partir de Tannée qui précéda
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rapostasie des éyèqiies parjures, eomttiè propri^ de réglise nationale, et les enregistra avec toutes les personnes qui s*y trouvaient, dans la li^te générale âeé couvents russes. Cette église possède donc aujourd'htii en eouvenits d'hommes 325 subventionnés, et 161 qui ne le !k>tit fêÈ. Les mmiastères subventionnés pour les fenûnes sont au nombre de 100, et 13 non salariée. En tout, pour TuA et l'autre sexe, M9 maisons > .
Plus de la moitié de ces établissements appartenait à FÉglise catholique, avant Tépoque où la trop niklhebreuse Pologne tomba successivement sous le joug de la Russie. L'église nationale de cet orgueilleux empiré peut donc se vanter d'avoir pris, pour s'enrichir, les dépoulDeft que la véritable et unique Église de Jésus-Christ postait.
Personne mieut que le gouvernement russe ne ôômiitt r^t d'abjection dans lequel il a réduit les oMres knonastiques; et cependant personne ne cherche à y porter remède. Il y a quelques années, un homme de dîMinctidti s'Avisa d'entrer dans un monastère , sans s'être assuré d'avance si cette démarche plaisait on non à l'autorité souv^^ine. On l'eut à peine apf^s que, pour faire chân-
1 NoQS tirons ces elirietii renteignements d'un Ublean statMi)lie éei ooiiTenU russes, que le procureur-suprême du synode a rhaMÛide de joindre à ses relations annuelles. Il dresse de semblables taUeaux statistiques des églises, do clergé séculier, des con?ersions à TégUse nisse, de la vente des cierges et autres revenus consacrés an culte divin , des nro propriétés de Téglise, des naissances, des mariages et des décès, enfin dn nombre de coorainnions pascales,
Pour appuyer nos observations dans le cours de cet écrit, nous avoM rapporté ces divers tableaux aux pièces justificaUves, en y joignant aae statistiqtie de la population de Tempire, d*après M. Koeppen, pnbttée dans le journal ofiidel de Saint-Pétersbourg, le 19 mars iS40. Ce denier tablean sutoot est très4mpoilint. Voir pièces justifiéatHes, n* 7.
ger cet hooune de résolution , ont lui fit endiurer des outragea qui feraient horreur à des barbares.
Le ^aint^^ynode est ordinairement moins inhumain. Il se donne du moins Vapiiarec^ de chercher de temps en temps à soulager tel ou tel couvent en lui assignant la propiriété d'un petit coin, de terre. Mais, hélas ! que penser encore die cette apparente justice ? Que penser de cette gé»> nérosité à. eff^tqui rentre d^^ns Tordrei des scènes jouées si souvent pour en imposer aux (Nropres sujets, et surtout aux étrangers dont» quoîf]p)'on en dise, on redeute^si fort la îuste censure? Cai: peynmne n'en sauwt douter, les dispositions très-saintes du synode se pioïKisraieol bk^ plus^ à arracher au;^monastèi^es. leurs biew primitif^» si quelques-uuft Avaient pu échapper à la confiscation gênérale^ bien plus que de, leur en accorder de; nouveaux.
Et à ce {uropos il ne sera pas sens.intérét de rappeler m comment fut. naguère enlevée au couvent de la Résurree^ ti\on de Novogprqd, la propriété d'un étang si nécessaire à la nourriture d^a moines, obligés^ comme on sait, à la rigoureuse ab^Ui^nce des règles orientak». Propriété qui fut, transférée à la colonie militaire voisine»: Gomment en même temps, le oionastère de Maeariew dut céder ses moulins à l'administraliQn des dom^îf»ea> impériaux,
1^ premier de c^ établissements reçut, il est vrsiv en indemiûté> une rente de trois cents francs» etraNére une de cinq cents, Qr, cette rente, absolument nulle eo» élite» même) doit eu outre être acquittée par le tréson public toujours épuisé, même en temps de paix, lorsqu'il s'agit de subventions^ au .clergé. Y p«»ser seulementiSn temps de guerre, serai^ un vrai blf^hàme^
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Il parait du reste que le saint-synode éprouve une jouissance particulière à enlever aux nioines^ aux religieuses, et môme aux évêques, ces étangs qui leur demeuraient encore comme un dernier débris dans leur grand naufrage. Et cependant ces pauvres gens sont obligés à un si long, à un si rigoureux jeûne, que des aliments gras ne leur sont guère souvent possibles. Que mangeront-ils donc si le synode y va toujours de cette façon? Pas de milieu d*ici à quelque temps; ou augmenter la subvention, ou changer l'antique discipline. Ce dernier moyen serait le plus économique; sans doute, c'est celui que Ton choisira.
Il faut encore le remarquer , quand le gouvernement russe accorde quelque faveur à un monastère, ne vous imaginez pas que la mesure soit prise dans ilntérèt des religieux. Il ne s'agit pas de si peu de chose, c'est l'intérêt particulier de l'État qui se trouve enjeu Ainsi on vantera le gouvernement pour avoir fait exécuter de grands travaux et d'importantes réparations, notamment dans les couvents de Solovez et Susdal. Mais dans quel but, s'il vous plait? Pour y placer un nombre suffisant de soldats- — Et que feront, je vous prie, ces dragons dans un monastère ? — Us garderont les prisonniers logés dans le même couvent pour y subir leur peine. Et le très-vénérable archimandrite du lieu cumulera ses fonctions ecclésiastiques avec celles de commandant de la garnison. — C'est chose naturelle, du reste, puisque les opérations les plus sublimes du très-saint-synode sont dirigées une cravache à la main par un colonel de hussards.
Que si maintenant nous envisageons en un seul tableau
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tous les traits qui dépeignent la (riste condition des moines de Russie, nous confesserons bien vile qu'à l'exception du clergé séculier du même pays, il n'est pas dans la chrétienté une race d'hommes plus misérable sur la terre. Il n'en est pas de plus opprimée; il n'en est pas de plongée dans un pareil mépris. Nous confesserons de plus que, même parmi les Turcs , parmi les idolâtres de la Chine et de l'Inde, jamais dervis, bonze ou faquir n'a été aussi outragé, aussi barbarement traité que ne Test, par son très-orthodoxe gouvernement, le clergé de la Russie.
CLEBGA 8ÉGDLIBH.
Le clergé séculier en Russie est communément appelé le clergé blanc ^ pour le distinguer des moines qui portent le nom de clergé noir. Et cela, non en raison de la couleur du vêtement, noir pour les uns comme pour les autres. On distingue en effet les moines, du clergé séculier, uniquement au voile noir qu'ils portent jen arrière, pardessus la coiffure. Peut-être cette distinction vient-elle de ce que le clergé séculier, se trouvant plus au milieu du monde, présente moins d'austérité que les moines plus séparés des hommes par leur institution.
A la catégorie du clergé séculier russe appartiennent toutes les personnes qui sont nécessaires au service de réglise, dans la célébration des offices divins, comme seraient les arcbiprêtres ou protopopes» les prêtres ou popes, les diacres, les lecteurs, les chantres, les sacristains et les sonneurs.
Si dans les églises d'Orient, le clergé séculier a toujours
eu, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nous, une autorité assez limitée, jamais dans aucune communion il n'a été aussi bas placé que dans Téglise russe. Ce fut son sort d'autrefois; c'est ainsi qu'il est encore aujourd'hui. Comme déjà nous l'avons dit, il doit uniquement cette infériorité, si contraire à son institution, à l'état de mariage dans lequel les prêtres séculiers se trouvent condamnés à vivre. Et en effet, r|uelle autre expression pourrait rendre plus exactement l'état d'un prêtre russe, condamné à choisir une femme avant d'entrer dans les ordres sacrés ; condamné à se prescrire des limites dans son choix ; condamné, lorsque la mort l'aura placé dans un état forcé dç veuvage bien autrement dangereux que le célibat continuel, condamné alors à quitter un ministère avili sans aucun doute, mais cependant son unique ressource î
Une femme est donc le principe d'existence, la partie intégrante du sacerdoce gréco-russe. Eu égard à l'universelle corruption des mœurs en Russie, le lien conjugal est devenu d'une extrême fragilité dans ce pays. Et pourtant il n'est pas un prêtre qui ose se séparer de sa Xantippe, quelque pénible qu'elle soit à supporter; parce qu'avec le divorce il sait qu'il souscrirait aussitôt l'arrêt de sa mort civile. Les femmes des prêtres russes, quand même elles ne seraient pas aimées de leurs maris, n'en seront pas moins entourées de leur part des plus grandes attentions, non pas à cause de leurs bonnes qualités , elles en manquent bien souvent, mais parce qu'elles forment l'existence et la durée du sacerdoce de leurs malheureux époux. Le proverbe russe : Elle est heureuse
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comme une fopesse, indique assez la domination qu'elles exercent dans les relations conjugales ; car dans la société civile elles ne jouissent d*aucune considération.
Ainsi, les conséquences de sa condamnation accompagnent le pope russe pendant toute sa vie ; elles exercent une influence complète sur tous ses actes, attendu que son ministère est étroitement lié avec l'existence de réponse â laquelle il est enchaîné. Quand celle-ci vient à mourir, il doit se retirer immédiatement après dans un couvent, où il mènera la vie d'un laïque, se ressouvenant bieif toutefois de sa condition; car une conduite peu surveillée pourrait l'en faire aussitôt chasser.
Depuis peu d'années, il faut le dire, Féglise russe a cependant usé d'un peu d'indulgence à regard de ces pauvres prêtres veufs. Elle daigne accorder à ceux dont la conduite se montre exempte de reproches, la faculté d'exercer comme auparavant, les fonctions sacerdotales.
Or, de ce rapide examen des tristes conséquences du mariage pour les prêtres séculiers en Russie, que devonsnous conclure sinon la plus glorieuse justification de la discipline de l'Ëglise catholique, qui fait pour la communion latine une loi si heureuse du célibat à tout le clergé?
Et en effet, pour cette fille aînée de la mère universelle et unique de tout le peuple chrétien, non-seulement le clergé séculier n'est pas tombé dans le mépris qui l'accable en Russie ; mais selon l'ordre régulier de la sainte hiérarchie, nous l'y voyons occuper avec honneur le premier rang. De cette glorieuse génération sacerdotale est sortie la plus grande partie des primats, des patriarches,
L'iGUSE SCHISMÀTIQUE RUSSE. 99
des archevêques, des évéques et autres dignitaires ecclésiastiques. Dans la très-sainte et non interrompue série des successeurs du prince des apôtres, des recteurs de Vunivers, des chefs et des modérateurs de l'universelle et apostolique Église de Jésus-Christ, le plus grand nombre aussi appartient au clergé séculier. L'auguste sénat de TËglise, le collège des cardinaux, ce plus glorieux des tribunaux de! la terre, est également composé pour la plus grande partie, de prêtres séculiers.
Dans l'église russe, au contraire, cette malheureuse portion du clergé ne peut jamais aspirer à une dignité plus élevée qu'à celle de curé, ou tout au plus d'archiprêtre. Tous les autres degrés de la hiérarchie lui sont interdits; le sacerdoce des célibataires en est seul jugé digne. Bien plus, comme s1l n'appartenait même pas à Tordre des pasteurs de FÉglise, il n'est jamais consulté, jamais convoqué lorsqu'il s'agit de lois qui le concernent et qu'il devra observer. Nouveau Prométhée, il sera enchaîné sur son rocher par son mariage; il y végétera comme une plante stérile, maladive ; il disparaîtra de la terre sans avoir laissé après lui aucune trace d'action dans l'église, à peu près comme le dernier des fidèles à qui n'a pas été confié, comme à lui, le dépôt des sacrements et des divins mystères. De cet état de mépris et d'avilissement découle, et en cela rien n'étonne, découle pour un pareil clergé la honte et l'avilissement dans lesquels il languit depuis des siècles.
On connaît assez les plaintes amères répétées à toutes les époques par les métropolites contre les mœurs corrompues et l'ignorance du clergé séculier de Russie. Qu'il
suffise de rappeler les efforts tentés par Cyrille III (1249- 1288), par Pierre (1308-1326) et Théodose (1461-1405) pour guérir ces deux plaies funestes de la portion de l'Église, la plus noble par son institution. Les prêtres séculiers étaient alors d'une telle ignorance, que la majeure partie d'entre eux connaissait à peine les prières liturgiques les plus communes ; un très-petit nombre aussi pouvait les comprendre. Le courageux Théodose mit la main à la réforme, mais sans atteindre au but désiré. Les prétentions de ce prélat étaient cependant bien modérées : il se contentait de demander au clergé une conduite honnête, assez d'instruction pour pouvoir lire et écrire, pour réciter avec décence les prières de la liturgie. Ce fut encore trop pour le plus grand nombre. Il se vit obligé de recourir à un parti extrême ; il les suspendit pour la plupart, attendu qu'ils n'avaient pu se soumettre à d'aussi équitables conditions. 11 dut aussi leur rappeler la parole si vraie de son digne prédécesseur Ciprille III, lequel, en 1274, disait à cette.occasion, dans le concile de Wladimir, qu'un seul bon prêtre valait mieux à l'Église que mille mauvais.
Cette mesure de Théodose avait laissé la plus grande partie des paroisses sans pasteurs. Le peuple se plaignit amèrement de la rigueur du prélat ; il protesta qu'il préférait de mauvais prêtres à l'absence de tout sacerdoce. Théodose, profondément affligé, se résolut à renoncer k son siège plutôt que de prendre sur sa .conscience la responsabilité qu'on lui imposait ; il se retira dans un monastère de Moscou. Depuis ce temps la corruption augmenta encore si possible ; l'ignorance de même continua
L'iGLlSB SCHISMATlQUfi RUSSE. lOl
â régner, parmi ces prêtres , à un degré qui confond.
Les métropolites, successeurs de Tliéodose, furent également préoccupés du moyen d'arrêter ces maux, mais ils ne purent y réussir. Le fier Iwan III qui, avec le pouvoir théocratique absolu qu'il ambitionnait, voulut, maigré la vigoureuse résistance de Siméon (1495 à 1511 ), gouverner l'Église comme l'État, fit cependant cause com • mune avec ce métropolite pour la réforme du clergé. On prit quelques salutaires dispositions dans le concile de Moscou, en 1503. On y voit la grandeur du mal en même temps que l'impuissance des décrets du czar.
Nous avons une preuve frappante de l'un et de l'autre dans les cent articles que, cinquante ans plus tard, Iwan IV publia d^ns le même but. Le tableau de la corruption du clergé tracé par le czar fait horreur. On peut à peine comprendre comment des prêtres chrétiens ont pu tomber dans un pareil abrutissement. Livré à une dissolution sans bornes, plongé dans une ignorance impossible à dire, ce malheureux clergé faisait de la religion chrétienne un affreux mélange de sacrilèges usages, de pratiques superstitieuses et de ridicules cérémonies. Des provinces entières retournèrent au culte des idoles. Aux cantiques sacrés que l'Église lui avait transmis en l'honneur de Marie et du Sauveur du monde, le peuple grossier de ces contrées ne rougissait pas de mélanger les louanges impures d'Odin et des autres dieux du Nord. Quant à l'ignorance du même clergé, il suffit de dire qu'on prescrivit alors un examen aux prêtres et aux diacres, pour s'assurer s'ils savaient lire et écrire ; pour les forcer à l'apprendre dans les écoles publiques, s'ils
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l'ignoraient. Les temps do trouble qui suivirent la ehule des Rurieks n'améliorèrent pas sans doute 1 état intellectuel et moral du clergé; aussi tomba-t-ii dans un état demi -sauvage dont la réforme antiecclésiastique de Pierre-le-Grand fut impuissante à le faire sortir.
Du reste, jamais le gouvernement russe ne prit sincèrement à cœur Tamélioration morale du clergé; il s*occupa beaucoup plus à lui enlever ses richesses, comme si c'eût été là vraiment le plus grand obstacle à racquisilion de la science et de la vertu. Aussi , ce clergé privé de ressources, méprisé, opprimé par un gouvernement insatiable, est-il tombé dans un état qui semble avoir toujours été de mal en pis. Aussi, sans exagération, comme sans crainte de blesser les hommes recommandables qui peuvent s'y trouver en ce moment , nous pouvons assurer qu'en aucune autre partie du monde il n'existe de clergé aussi dissolu, aussi privé de connaissances, aussi méprisable conséquemment , et aussi méprisé par les fidèles eux-mêmes que le clergé de Russie.
Nous n'avons jamais eu Tintenlion de nous constituer en juges injustes ou même trop sévères d'une race d'hommes digne en tout de la plus profonde pitié. Mais nous afilrmons , comme nous allons le prouver, que la plus grande partie de ses maux vient du gouvernement, qui opprime et poursuit avec tant de barbarie les malheureux prêtres.
Une autre cause de tant de misère et d'avilissement pour le clergé russe , vient de ce que l'état du mariage dans lequel il vit, en fait une caste à part dans la nation.
Il se renouvelle sans cesse par lui-même. Les seuls
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fils de prêtres ou d'autres ministres ecclésiastiques, depuis le sonneur jusqu*au protopope , entrent dans le sanctuaire , et y reprennent Toffice que leurs pères y occupaient. Il est à peu près inouï d'y voir entrer quelques autres personnes sortant des classes honnêtes de la société. Il en est de même pour leurs mariages, qui se font tous avec des filles de prêtres ou de ministres inférieurs. Que par hasard un noble tombé dans la misère, qu'un marchand pauvre ou toute personne honnête donne sa fille en mariage à un pope, c'est chose si rare qu'à peine est-il besoin de le mentionner. Et qui, en effet, voudrait sacrifier sa fille, en la jetant dans une caste séparée de tout le monde et presque proscrite; dans une caste dont le gouvernement prend si peu de soin qu'elle se voit réduite, la plupart du temps, à vivre d'aumônes? La fille du plus pauvre ouvrier préférera de beaucoup s'unir à un ouvrier comme elle qu'à un prêtre. De plus > il faut ajouter que la femme de celui-ci , si elle meurt la dernière , se trouvera inévitablement plongée, elle et ses fils, dans la plus profonde misère, réduite comme elle sera à vivre du travail de ses mains, ou des faibles secours qu'elle pourra espérer de la pitié des fidèles. A des pensions pour les veuves et les enfants de prêtres, le gouvernement n'y songe même pas. Et les subventions que le synode se vante si fort de distribuer pour soulager ces infortunés, sont si limitées, que, réparties entre tant de misérables, à peine revient-il quelques francs à chacun d'eux; subventions du reste prises, non sur le trésor public, mais sur les fonds trèslimités, destinés d'avance à l'entretien du clergé, des églises et des écoles.
lOÏ l'église SCHISMATIQUE RUSSE.
Il n'est pas hors de propos d'examiner ici l'état social du clergé russe, indépendamment du point de vue financier. Quoi qu'en disent les adulateurs de cet empire, depuis Pierre-Ie-Grand, cet état ne s'est pas encore amélioré d'une manière sensible. Le clergé séculier continue à être l'objet du mépris de la nation, et les lois anciennes ou modernes, loin de le relever, l'abaissent au contraire de plus en plus dans l'opinion des peuples.
Aujourd'hui encore, comme dans tous les temps, le prêtre n'est entouré de respect et d*estime qu'à l'autel seulement. A peine dépouillé de ses ornements sacerdotaux, ce malheureux voit finir aussitôt Téclat et la dignité qui l'entouraient. Le seigneur et Thomme instruit qui baisent respectueusement la main du prêtre à l'autel, sortis de là ne daignent pas même le recevoir dans leur demeure, quand par nécessité celui-ci demanderait la grâce de les entretenir. Semblable à un serviteur, il doit alors se tenir humblement debout sur le seuil de l'antichambre, pour y exposer l'objet de sa requête. Trop heureux lorsque le grand personnage qu'il aborde, daigne, en signe de bienveillance, lui faire donner un verre d'eau- de*vie en compagnie des domestiques. Très-rarement, et peut-être jamais , le seigneur d*un village invitera le curé du lieu à manger avec lui. S'il le fait, le pi^être devra se contenter de s'asseoir à une table séparée , dans l'antichambre , loin des orgueilleux convives du maître.
Le prêtre séculier du reste n'a pas de traitement plus honorable à espérer de l'autorité ecclésiastique. Et c'est là un immense mal, dont les conséquences pèsent
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d'une manière vraiment terrible sur les églises de l'Orient.
£n Russie, le synode tient le clergé séculier loin des emplois de la métropole, lesquels sont presque tous occupés par les moines. Chaque année on fait venir des couvents de province à Saint-Pétersbourg, un certain nombre de religieux , propres aux principales fonctions ecclésiastiques et aux rares prédications dont la coutume a conservé Tusage. Dans le même but, on en envoie également d*autres dans les villes principales de Tempire.
De cette manière, le synode croit, à Taide des religieux, sauver l'honneur du clergé, les prêtres séculiers étant si incapables qu'on ne pourrait pas, sans les couvrir de honte, s'exposer à les faire prêcher et offlcier publiquement dans les grandes solemnités. Que c'est triste et déplorable, comparativement aux grandeurs que nous offrent les glorieux ministres du même ordre dans la communion latine de l'Église catholique !
Et cependant on admire la bonhomie avec laquelle le saint synode russe pense avoir élevé ses popes à la hauteur de dignité que le sacerdoce réclame.
Mais pour faire mieux apprécier encore cet état, il faut, au risque de troubler cette heureuse quiétude, exa • miner, d'après les résolutions authentiques, ce qu'il est dans la réalité. Le code russe, pur et simple (Art. Clergé, S§ 192 239), tel sera le guide que nous allons suivre, pour nous conduire plus sûrement dans cet examen.
Le plus grand et peut-être l'unique privilège du clergé, séculier, sa grande charte et Tancre sacrée de sa li-
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berté, c'est la disposition légale qui Vexempte lui et ks familles qui s'y rattachent, de l'impôt personnel et du service militaire (§206). Et pourtant, ce fameux privilège, si nous le pesons attentivement, nous paraîtra si insignifiant en réalité, qu'il se réduit à rien. La noblesse en jouit aussi ; mais avec cette différence qu'elle le possède dans toute son extension.
Pour les popes au contraire, l'exemption d'impôt ne s'applique qu'à la taxe personnelle, leurs biens continuant à être imposés, si par hasard ils en possèdent. L'exemption du service militaire est plutôt de nom que d'effet. Car, nous le savons, dans plusieurs levées de soldats, on a compris les fils de prêtres. Pour l'ordinaire, il est vrai, ce fait a lieu, seulement quand il s'agit de levées considérables. Cependant il arrive, de temps en temps, dans d'autres circonstances, que le gouvernement demande au synode quelques milliers de fils de prêtres, en don gratuit pour l'armée. Don bien légitime aux yeux du pouvoir qui le regarde comme un acte de reconnaissance pour le bienfait de l'exemption légale. Or le synode, qui est habitué à regarder le clergé comme un troupeau d'esclaves, prévient ordinairement, dans ce cas, les désirs du gouvernement. Il se montre même sur ce point toute autre chose qu'avare de ses offrandes, principalement lorsque le procureur suprême est, comme on le voit presque toujours, un officier de l'armée.
Les prêtres, les diacres, leurs femmes et leurs veuves ne sont pas non plus soumis aux peines afflictives (§208). Mais encore ici n'y a-t-il qu'un privilège apparent. En effet, lorsque les prêtres séculiers ont commis quelque
l'église 8CHI8MATIQUE RU8SS. f07
faute, on les enferme, pour les punir, dans les monastères où, sans aucun doute, on leur fait faire une pénitence plus dure que ne le seraient les peines afflictives elles-mêmes. Pour l'ordinaire on les y oblige à faire, sans prendre de repos, cinq cents, mille et jusqu'à deux mille génuflexions, en baisant chaque fois la terre. Ensuite on les occupe à des travaux corporels, après quoi ils reviennent reprendre les exercices de leur pénitence ; je veux dire ces fastidieuses et fatigantes génuflexions. Leur nourriture, pendant tout ce temps, se compose tout modestement de pain et d'eau, sans plus.
Bien que, d'après le § 195, les ecclésiastiques communiquent tous leurs privilèges à leurs femmes,etque celles-ci les conservent dans Tétat de viduité, la même faveur ne paraîtpas s'étendre aux enfants.On vit en efret,mêmede notre temps, des fils de prêtres punis de la bastonnade pour certains délits. Seulement, en 1836, on exempta de cette peine ceux d'entre eux qui n'avaient pas dépassé l'âge de quatorze ans. Privilège dont on doit être reconnaissant, à qui ? à la honte de voir les enfants de prêtres moins favorisés sous ce rapport que les derniers du peuple ; car depuis plusieurs années cette disposition s'appliquait à tout le monde, tant est grande Testime du gouvernement pour le clergé, lui qui entoure les enfants des dernières classes de la nation de plus d'égards que les {fils de ses prêtres!
L'ecclésiastique coupable d'un délit est jugé par l'autorité ecclésiastique (§§ 201, 202, 203 et 207). Si le crime doit ensuite mettre le coupable sous le pouvoir du bras séculier, alors on le dégrade, on l'exclut de Tordre clérl-
cal. Après quoi rautorité ecclésiastique le livre entre les mains des juges séculiers. Alors ceux-ci, suivant la nature de la faute commise, punissent le coupable en lui appliquant, comme à tout autre, cruellement la peine du knout, l'envoient aux galères ou dans les mines de Sibérie, suivant la nature du délit. Là le prêtre coupable assimilé aux autres criminels dans le jugement, se trouvera également confondu avec ceux-ci pour subir la punition ; il arrive môme parfois qu'un prêtre dégradé se trouve envoyé pour servir comme simple soldat dans l'armée : de telle sorte que Texemption des peines afQictives se réduit comme les autres privilèges à une vaine faveur nominale, sans aucune réalité.
Le prêtre pourra jouir de ses privilèges, mais à une condition ; c'est qu*il ne commettra jamais le délit que des peines de ce genre atteignent chez les autres. Autrement il est assuré d'en éprouver la rigueur sans aucun ménagement.
Ainsi la législation russe, si riche en dispositions favorables en apparence, montre à chaque page, dans son esprit barbare et antireligieux» le mépris qu'elle professe pour le clergé.
D'après la même législation (S 192), embrasser l'état ecclésiastique est une chose permise à tout homme, noble ou bourgeois, esclave ou libre ; mais dans le fait il n*en est pas ainsi, quand on songe aux difficultés sans nombre apportées par le gouvernement quand il s'agit de personnes n'appartenant pas à la caste cléricale. 11 tient en effet souverainement à ce que cette caste reste coidpacte comme elle Test; parce qu'il en fait son profit*
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C'est une troupe d'esclaves dont il dispose sans résistance. D'après le môme principe, les fils de prêtres doivent nécessairement embrasser la profession de leurs pères. On s'est chargé, pour les y contraindre, de leur fermer la voie de toute autre profession.
Si, au contraire, une personne d'une condition obligée à l'impôt personnel veut entrer dans l'état ecclésiastique, en vertu d'un oukase de 1826, il faut qu'elle obtienne le consentement de la commune dont elle fait partie ; or, comme déjà nous Tavons vu, pour les moines, il est facile de comprendre avec quelle difficulté ce consentement s'obtiendra de la part d'une commune qui s'impose une charge pécuniaire en le donnant. Cette première difficulté vaincue n'est pas, à beaucoup près, la seule qu'oppose le gouvernement à de pareils projets. 11 ira jusqu'à défendre à Tévéque d'ordonner ses sujets hors le cas de notoire disette de prêtres dans sa juridiction.
A la vue de mesures si désastreuses pour le sacerdoce, qui pourrait supposer dans le gouvernement russe Tombre seulement de respect et d'attachement à sa propre foi religieuse ? Et cependant on trouve quelque chose de plus insultant encore, non-seulement aux droits du clergé, mais à ceux de l'humanité, dans les dispositions contenues aux S§ 196, 197, 198, 199, 200 et 216 du code russe, dispositions toutes confirmées de nouveau par l'empereur actuel.
D'après cela, avec des privilèges si vains en réalité, chacun imaginera sans doute que, pour les faveurs étendues aux fils de prêtres, ceux-ci en jouissent légalement,
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même, s'ils sont nés avant que leur père ait embrassé le sacerdoce. Il n'en est rien cependant. Parmi les enfants d'ecclésiastiques, ceux qui sont nés avant que leur père ait embrassé cette profession, demeurent soumis aux dispositions légales de leur condition primitive. Il ne leur est pas donné de faire partie de Theureuse caste sacerdotale. Le même sort, du reste, attendrait le prêtre lui-même, s'il venait à quitter l'exercice de son ministère, ou s'il en était éliminé. Dans ce cas, lui et sa famille perdent tout privilège, et ils rentrent dans la classe de la société où le sort l'avait fait naître. Le prêtre d'extraction noble retrouverait, en quittant la vie sacerdotale, tous les privilèges réels de sa naissance.
Mais au moins, dira-t-on^ cette fois la législation moscovite est juste et équitable ; elle rend à chacun ce qui lui appartenait avant d'entrer dans le sacerdoce. Que peut-on désirer de plus? — Ce qu'on désirerait? — Mais est-ce donc une marque de respect bien grande pour le sacerdoce que d'enlever à celui qui en a été honoré, la faible marque distinctive qui pourrait le relever un peu aux yeux des peuples, et deviendrait un faible témoignage de la reconnaissance acquise par des services quelquefois très-longs? En cela n'est-il pas moins bien traité qu'un serviteur, lequel, après avoir été attaché à un maître pendant les jours de sa jeunesse, emporte au moins avec lui sur la fin de sa vie quelque marque de reconnaiis* sance pour ses anciens services ? Mais, hélas ! que peut espérer le prêtre russe d'un synode habitué à le traiter avec plus de barbarie et de mépris que ne ferait le maître le plus dur pour le dernier des esclaves?
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Quant aux fils de prêtres et autres clercs nés dans la caste , ils jouissent, comme nous l'avons vu, des privilèges de leur naissance. Tant qu'ils y restent d'eux-mêmes, ou n'en sont pas exclus, ils n'ont pas à se faire inscrire dans d'autres classes du peuple ; ce qui leur est expressément ordonné s'ils quittent volontairement ou malgré eux la cléricature. Le gouvernement exige absolument que tout individu sortant de la classe des serfs ou des prêtres se choisisse un mode d'exister. Tout homme libre qui n'appartient pas à l'une des classes légales, est obligé d'en choisir une.
Gomme chacun le sait, le peuple de Russie est partagé, à proprement parler, en trois classes, ou plutôt trois castes uniques : les serfs, les hommes libres ou bourgeois et les nobles. L'obligation de se choisir un mode d'exister ne signifie autre chose, sinon se faire inscrire dans une commune, à l'une des classes d'hommes libres payant l'impôt personnel. Les nobles et les prêtres sont exempts de cette condition, tant qu'ils restent dans leur état.
La noblesse personnelle cesse avec celui qui en a été décoré. Conséquemment il n'en résulterait aucun avantage pour le fils d'un prêtre dans le cas où celui-ci l'aurait obtenue par son mérite, comme on le voit quelquefois. La noblesse héréditaire s'accorde bien plus rarement encore au clergé. Tout au plus on en conférera l'honneur à un évêque ou archimandrite ; encore le célibat dans lequel ces dignitaires doivent vivre, rend-il nul le privilège de l'hérédité : faveur du reste beaucoup plus utile qu'onéreuse à l'État, puisque les droits de diplôme se perçoivent toujours, et ne sont pas à dédaigner.
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Les (ils d'ecclésiastiques sont contraints comme les autres de se choisir un mode d'avoir, si, avant l'âge de 15 ans, ils n'ont pas fréquenté les écoles ; ou bien s'ils n'ont pas reçu l'instruction convenable dans la maison paternelle ; si enfin, pour cause d'incapacité, de négligence ou de mauvaise conduite, ils ont été exclus de la profession cléricale. Dans ce cas, ils sont consignés à rautorité civile, qui se charge de leur assigner un mode d'exister ou de les envoyer à l'armée pour y servir l'État»
Le désir très -humain et très-philosophique des seigneurs russes, pour augmenter le nombre de leurs serfs, n'épargne pas même les fils de prêtres. Il arrive souvent qu'on trouve dans les villages appartenant à des nobles, des veuves et des enfants de prêtres réduits à la plus affreuse misère. Pour l'ordinaire, ces malheureux s'y trouvent sans appui et sans protection, surtout quand, du vivant du chef de la famille, ils appartenaient à un diocèse étranger. Or les seigneurs, rapaces comme il ne s'en rencontre que trop, foulant aux pieds tout sentiment d'humanité, d'honneur et de religion, abusent de cette position de la manière la plus révoltante. Ils inscrivent au nombre de leurs serfs les fils du prêtre mort. Si dans la suite du temps ces infortunés trouvent, par extraordinaire, quelque défenseur qui parle pour eux, alors, par oukase de l'empereur Alexandre (1820), les nobles sont tenus de restituer tous leurs droits à ces victimes de la plus odieuse tyrannie; sinon, en peu d'années, tout souvenir légal de l'injustice s'efface, et les malheureux enfanta du pope traînent, eux et leur descendance, une triste viedc misère, dans un esclavage sans remède. Si^ au contraire,