‹ L'église selon l'EvangileChapitre 15 sur 30 · LE CHRISTÏ ANIME LIBÉRAL ET LE CHRISTIANISME CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

LE CHRISTÏ ANIME LIBÉRAL ET LE CHRISTIANISME CHRÉTIEN

J'ai dit ce qui est possible, messieurs. Je tiens qu'il faut se placer fermement en face du péril et qu'on ne gagne rien à refuser de le voir. Le christianisme libéral n'est assurément pas un chef-d'œuvre ; les vieilleries qu'on nous donne pour des nouveautés, n'ont assurément rien en elles qui soit propre à séduire ; c'est un pauvre, très-pauvre système, que celui qui garde le nom et les apparences du christianisme

en rejetant la réalité ; la religion réduite à la morale n'est pas une découverte qui ait dû coûter beaucoup d'efforts à ses inventeurs ; et pourtant, ne nous y fions pas ; lorsque l'orgueil humain se donne carrière, lorsque l'impatience de l'autorité divine a saisi les hommes, lorsque la propagande de l'impiété se fait d'autre part pour préparer les bouleversements sociaux, nul n'a le droit d'affirmer que de cette coalition de passions extrêmes, il ne sortira pas un courant d'idées, capable d'entraîner notre génération loin et trèsloin de l'Évangile.

J'espère, je crois qu'il n'en sera rien. Mais c'est à condition qu'au lieu de nous endormir dans une sécurité béate et dans le dédain commode de nos adversaires, nous secouerons notre indolence et combattrons vaillamment.

Avant tout, il importe de constater les faits, de rendre la position parfaitement nette, de nous placer tous, amis et ennemis, en pleine lumière et en pleine vérité; il importe de ne pas permettre qu'on se serve de l'Évangile contre l'Évangile, et qu'on garde le nom pour mieux abolir la chose ; il importe de montrer enfin à quiconque a des yeux, que le christianisme libéral ne conserve pas en lui un seul atome de christianisme.

Quel rapport y a-t-il, je vous en prie, entre le christianisme des honnêtes gens qu'on nous apporte, et le christianisme des pécheurs qui est celui de Jésus-Christ ?

Soyez attentifs à cette première différence, messieurs, car elle contient toutes les autres. Le péché, la corruption de notre cœur, la nécessité du pardon, voilà ce qui amène à Ghrist. Je ne connais pas d'autre chemin. L'Évangile a été annoncé aux pauvres. Ghrist est venu, non pour les justes, mais pour les pécheurs ; ce n'est pas ceux qui se portent bien qui ont besoin du médecin, mais ceux qui se portent mal.

Si je me porte bien, si je suis content de moi, si je ne me sens coupable d'autres torts que de ceux qui tiennent à l'imperfection de ma race ; si ces torts, par conséquent, sont au compte de Dieu qui m'a créé tel et non au mien, que signifient pour moi les promesses de grâce, de réconciliation, de sanctification? Que signifie pour moi l'Evangile, c'est-à-dire la bonne nouvelle? Ah! pour l'homme

courbé sous le poids de sa misère personnelle, la bonne nouvelle est réellement bonne. C'est la seule nouvelle qui soit bonne ; il en a besoin ; il ne saurait s'en passer. Il a faim et soif de pardon ; il a faim et soif de guérison ; il lui faut les bras ouverts d'un père réconcilié ; et sa prière, incessante, ardente, c'est : Mon Dieu, délivre-moi du mal !

Ne Favez-vous pas senti comme moi, messieurs, la grande démonstration de l'Évangile est là, notre conscience la donne. Je suis pécheur, moi ; j'ai fait, moi, ce que je ne devais pas faire ; j'ai refusé volontairement, moi, de faire ce qui devait être fait. Et cela sans cesse. Et s'il y a un jugement, et s'il n'y a pas une grâce gratuite, je suis perdu, justement perdu. Impossible que je me rachète moi-même ; impossible que, par mes propres forces, je me retire du bourbier où je suis tombé.

Dieu m'a vu ; Dieu nous a tous vus ; il s'est ému de compassion ; il nous a aimés ; il a donné son Fils. Le Fils s'est donné lui-même.

Ici encore, cela va sans dire, le christianisme libéral supprime, sans qu'il en reste quoi que ce soit, le christianisme des chrétiens. Comme le péché, le vrai péché, est nié, il n'y a pas lieu à expiation. Dès lors, le Jésus qu'on nous annonce — car on tient à en avoir un — ne ressemble en rien à celui de l'Évangile. Ni incarnation, ni expiation, ni résurrection ; ce Jésus n'est plus que le premier des hommes.

Et en quoi le premier ? je le demande. — S'il a réclamé l'adoration sans y avoir droit, il a été, ou un esprit exalté jusqu'à l'égarement, ou... je n'ai pas le courage d'achever.

Notre Jésus, à nous, s'est abaissé jusqu'à prendre notre nature, nous a aimés jusqu'à porter nos péchés, s'est immolé jusqu'à les expier sur la croix. Il a passé par la mort, il a vaincu la mort, il est vivant, il intercède. Notre Jésus répond par son œuvre à tous les besoins profonds de notre nature. Ce qui ne serait jamais monté au cœur de l'homme, mais ce dont le cœur de l'homme ne saurait se passer, c'est ce que Jésus a accompli.

En voulez-vous une preuve sans réplique, messieurs?

Descendez sur le terrain que choisit le christianisme libéral, sur le terrain de la morale. Nulle part peut-être, l'efficacité de l'Evangile et son appropriation divine à nos besoins ne se montrent avec plus d'évidence. Nulle part la distance entre le nouvel Évangile et l'ancien n'apparaît plus grande. C'est le jour et la nuit.

La morale sans le dogme, cela a l'air admirable. Seulement, n'y regardez pas de trop près. Cette morale sans le dogme pourra bien répéter de beaux préceptes, empruntés d'ailleurs à l'Évangile, il n'importe, elle les répète : il faut faire cela ! on doit faire ceci ! — Et après ? Où est la force? Où est le mobile ? Il y a longtemps que j'ai entendu ces mots superbes, aussi impuissants que superbes : on doit ! il faut ! Jamais je n'ai vu que le précepte nous menât bien loin, tant que le cœur n'était pas touché et changé.

« Je courrai dans le sentier de tes commandements, quand tu auras mis mon cœur au large. » Avant tout, que le cœur soit mis au large, que cette immense révolution intérieure de la foi s'opère, que l'homme apprenne qu'il est aimé, que l'enfant prodigue trouve des bras ouverts à la porte de la maison paternelle, qu'il se sache et se sente enfant ; et alors les commandements « ne seront pas pénibles. » L'enfant de Dieu obéira parce qu'il aimera ; il aimera parce qu'il a été aimé ; il se donnera à Celui qui s'est donné pour lui. Le secret de la grande morale n'est pas ailleurs.

La morale sans le dogme ne sera jamais grande, soyezen certains. — La première condition pour guérir une maladie, c'est de la connaître. Ici, on la nie. Concevez-vous une vraie, une forte morale, messieurs, en dehors de l'aveu de notre corruption et de la nécessité du renouvellement radical?

Jésus, le Jésus des Évangiles, nous déclare que si nous ne naissons de nouveau, nous n'entrerons pas dans le royaume des cieux. Ainsi la nouvelle naissance est le mot d'ordre de la morale chrétienne. Il ne s'agit de rien moins. C'est le moi qui est attaqué ; c'est l'égoïsme qui est en cause ; il s'agit de se renoncer soi-même.

Et voilà la grande morale à l'œuvre. La lutte intérieure est commencée, l'éducation personnelle se poursuit ; le chrétien, bien faible encore, et tombant souvent, et meur-

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tri de ses chutes, et d'autant plus humble qu'il sent mieux chaque jour l'impossibilité pour lui de faire un seul pas sans la grâce de Dieu, le chrétien marche dans le chemin sans terme de la sanctification. Il y marche soutenu, aidé, aimé, aimant.

Placez auprès de cela la morale glaciaire du christianisme libéral! Ses aspirations sont aussi bornées que son horizon est bas. — Nous mouvoir le mieux possible dans la limite de notre imperfection native, nous occuper « du bien » dont la loi et la mesure sont en nous, je ne vois pas ce que nous parviendrions à faire de plus, tant que nous rejetons l'Evangile, ou si vous l'aimez mieux, ce qu'il y a de surnaturel et de divin dans l'Évangile.

Le christianisme libéral s'est donné les airs, je ne sais pourquoi, de garder l'Évangile tout en repoussant l'Ancien Testament. Mais nous savons ce qu'il appelle : garder l'Évangile. — Le garder, sans admettre ni la certitude des discours ni celle des faits ; le garder, en distinguant entre la doctrine de Pierre et celle de Paul, entre la doctrine de Paul et celle de Jean ; le garder, en déclarant qu'il est rempli d'erreurs et de légendes ; le garder, en supposant qu'il a été inventé ou arrangé je ne sais quand et je ne sais par qui ; le garder, en ôtant les miracles, en ôtant la divinité de Jésus-Christ, en ôtant l'expiation et la justification par la foi ; garder l'Évangile, en ôtant l'Évangile ! Telle est la thèse.

Quant à nous, qui savons que cet Évangile a coupé l'histoire en deux, que tout ce qui est grand et bon commence à lui, que tous nos progrès et toutes nos libertés en sont sortis, qu'il nous a fait nos familles, qu'il nous a fait nos idées morales, qu'il a accompli la plus grande révolution dont notre terre ait été témoin, nous nous permettons de trouver les négations à son sujet plus difficiles à admettre que la foi. Nous ne sommes pas assez crédules pour être incrédules. Nous laissons à des esprits plus dociles aux fables que ne le sont les nôtres, l'étrange imagination d'un livre tel que l'Évangile, inventé au temps de Tibère ou de Domitien.

Notre Évangile d'ailleurs se relie de partout — est-il besoin

de le prouver — à la loi et aux prophètes ; notre Jésus ne cesse d'invoquer l'Ancien Testament, et s'il est une parole que la critique la plus effrénée ne parvienne pas à retrancher de son enseignement, c'est celle-ci : Il est écrit.

Jésus-Christ, quoi qu'on fasse, n'a pas pensé ce que pense M. Buisson sur l'Ancien Testament. La conscience de Jésus- Christ a été moins délicate ; ces infamies, ces turpitudes dont on s'alarme et au sujet desquelles on se voile la face, ne l'ont aucunement frappé.

Il me semble qu'il y aurait là de quoi faire réfléchir ceux même qui ne voient en Jésus que le plus saint des hommes. Et ce qui devrait faire réfléchir aussi quiconque admet cette simple maxime : « On connaît l'arbre à ses fruits, » c'est de voir quels fruits a porté cet arbre, qu'on déclare mauvais. — Nos jeunes filles, élevées avec la Bible, ne sont guère corrompues par elle, ce semble. Les familles où on lit journellement la Bible ne sont pas les plus dépravées. Les peuples dont la vie nationale est mêlée de partout avec la Bible ne sont point cités pour leurs vices. Quand on cherche des mœurs honnêtes, une littérature chaste, on s'adresse, si je ne me trompe, à ces peuples-là.

Donc, cette Bible qui devrait souiller, purifie. Ajoutons que cette Bible qui devrait asservir, affranchit. Elle est remplie, on nous l'a dit, d'un enseignement propre à faire des esclaves ; et elle fait des hommes libres, et elle fait des peuples libres.

J'en dirais plus long, messieurs, je donnerais essor aux sentiments qui remplissent mon cœur, si je ne me rappelais en quels termes et avec quel assentiment de l'auditoire, M. Edouard Barde a vengé l'autre jour notre Bible, des insultes dirigées contre elle de tant de côtés à la fois. La Bible présente des difficultés sans doute, et je ne serais pas sincère, si je prétendais qu'elles sont toutes résolues pour moi; mais elle n'en est pas moins un livre auquel nul autre ne se compare. Que dis-je, un livre ? Elle est le livre, le livre des savants, le livre des ignorants, le livre populaire, le livre profond, le livre dont les enfants ne se passent pas, le livre sur lequel le vieillard fixe encore ses regards qui s'éteignent, le livre des jours heureux, le livre des mauvais jours, le livre qui, dans les écrits si divers de l'ancienne et

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de la nouvelle alliance, renferme la solution de fous les problèmes de nos destinées et de la destinée des sociétés.

La Bible, messieurs, nous amène à la Réforme. La Bible, c'est 3a Réforme. Qu'a-t-on fait au xvie siècle ? A-t-on inventé une religion, par hasard ? A-t-on reçu une révélation nouvelle? A-t-on promulgué des dogmes encore inconnus? Non. On a trouvé la. Bible enchaînée, et on a brisé sa chaîne ; on a trouvé la Bible fermée, et on Fa ouverte ; on a trouvé la Bible munie d une interprétation obligatoire, et on Ta replacée toute seule, sans commentaire, en face de nos consciences.

Et alors s'est produit ce spectacle magnifique : tous les lecteurs de la Bible y ont vu la même chose. Quiconque s'en est approché humblement, avec prière, implorant le secours du Saint-Esprit, écartant les traditions, n'ajoutant rien, ne retranchant rien non plus, y a vu le péché de l'homme, la nécessité de la conversion, l'expiation par le sang de Christ, la justification gratuite parla foi, le devoir de la sanctification. Cette unité merveilleuse des lecteurs de la Bible n'était altérée çà et là que par quelques traditions encore subsistantes. Peu à peu elles se sont effacées, et notre mot d'ordre unique, à nous protestants, devrait être de les effacer toujours plus, de nous débarrasser toujours plus de ce qui n'est pas la Bible, de donner une réalité entière à cette formule : la Bible, rien que la Bible, toute la Bible.

Telle n'est pas, cela va de soi, la pensée du christianisme libéral. Ne voulant pas la Bible et tenant beaucoup à se figurer qu'il veut la Réforme, il ne lui restait qu'un moyen: fabriquer une Réforme qui ne fût pas celle de l'histoire. Il n'y a pas manqué. Sa Réforme, au lieu d'être un retour à la vraie autorité et à la Bible, est une révolte contre toute autorité. Pour lui, le seizième siècle est une préparation du dix-huitième, et Luther est le précurseur de Voltaire.

Si Luther avait été cela, il n'aurait pas laissé, soyez tranquilles, de grandes traces de son passage. Si la Réforme n'avait été qu'une révolte contre le principe d'autorité, elle aurait eu le sort des mille révoltes semblables. Par bonheur, elle était toute autre chose.

Une révolte contre le principe d'autorité! — Mais au con-

traire, on s'est courbé au xvi« siècle devant l'autorité la plus autoritaire, passez-moi le pléonasme, qu'il soit possible d'imaginer. La Bible a tous les caractères de l'autorité absolue : C'est Dieu qui parle, et sa parole est immuable ; rien ne s'y ajoute, rien n'y change, rien ne vient s'accommoder aux variations de la pensée humaine. Ce texte inflexible, cette vérité sans complaisances n'avaient rien qui tut propre à plaire aux libres-penseurs.

Aussi les libres-penseurs se gardèrent-ils d'accepter la Réforme ; les uns allèrent à la Renaissance, les autres demeurèrent avec Rome, convaincus avec raison que son autorité était plus légère à porter que celle de l'Ecriture.

La Réforme eut pour elle, et on le vit bien, les âmes austères, les chercheurs de vérité, les hommes pressés de s'incliner devant l'autorité divine. Etranges libertins que ces gens-là ! Mais s'ils n'étaient pas libertins, ils étaient libres. Nous ne sommes libres vis-à-vis du mal, que dans la mesure où nous sommes soumis vis-à-vis du bien ; nous ne sommes libres à l'égard du monde, que dans la mesure où nous sommes soumis à l'égard de Dieu. Les fortes indépendances se font ainsi. L'autorité légitime nous délivre seule des autorités usurpées.

Et c'est ainsi que devant l'autorité de la Bible s'effacèrent toutes les interprétations infaillibles, toutes les traditions, tout ce qui venait se placer entre l'homme et la Bible, entre l'homme et Dieu.

Le libre examen apparut alors, et nous ne saurions le saluer avec assez de respect. On vit grandir la race des gens qui lisent eux-mêmes, qui prient eux-mêmes, qui comprennent eux-mêmes, qui cherchent eux-mêmes le Seigneur, qui saisissent le gouvernement de leur conscience et de leur vie. Ces hommes libres, ces destructeurs d'autorités et de traditions humaines, nous les devons à la Réforme ou plutôt à la Bible, car c'est jusqu'à elle qu'il faut remonter, et la Réforme n'est rien si elle n'est pas le retour à l'autorité unique de la Parole de Dieu.

Vous voyez où tend le christianisme libéral ; il est l'ennemi-né de la Réforme. Il se donne pour protestant, et son premier soin est de tuer le protestantisme ; de même qu'il se donnait tout à l'heure pour le champion déclaré de la

morale, et son premier effet devait être de tuer la morale.

Renverser l'autorité de la Bible, ce serait tuer le protestantisme. Ce qui en resterait après : ces prétendus protestants n'écoutant que leur sens privé, ne reconnaissant aucun dogme, n'admettant aucune révélation, ces protestants de la morale indépendante et de la raison souveraine, ne seraient pas les continuateurs du protestantisme, ils en seraient les meurtriers.

En doutez-vous, messieurs? Interrogez les catholiques. Demandez-leur quelle joie ils ont ressentie, lorsqu'ils ont vu la Bible attaquée ainsi. — Voilà des hommes, se disant protestants, qui se chargent de nous ôter notre principe, de nous arracher notre épée !

Mais nous ne nous la laisserons pas arracher. Avec la force que Dieu donne, nous retiendrons à deux mains ce glaive de l'Esprit, qui est la Parole de Dieu.

Que le christianisme libéral pose à chaque instant son dilemme : ou catholiques ou libres-penseurs ! nous n'en persisterons pas moins à penser qu'entre ces deux extrêmes, il y a quelque chose qui s'appelle le pur Evangile.

Que le christianisme libéral, fidèle à une tendance dont Rome doit lui savoir bon gré, s'efforce de nous rendre solidaires de ses négations ; qu'en se présentant comme protestant, il donne à croire qu'il est une dérivation naturelle, ou qui sait? un perfectionnement du protestantisme; nous saurons voir, et tous les hommes impartiaux avec nous, que cette maladie-ci n'est pas le moins du monde une maladie protestante ; que les négations qu'on nous présente, sont surtout accueillies dans les pays catholiques, où la haine des prêtres a fini, hélas ! par se transformer en haine de la religion; que ces négations au contraire, sont surtout attaquées avec vigueur dans les pays protestants, en Amérique, en Angleterre, à Genève.

Et puisque j'ai nommé Genève, laissez-moi vous dire, messieurs, ma pensée tout entière. Pour Genève, pour notre Genève — - car elle est nôtre, et les chrétiens évangéliques, à quelque pays qu'ils appartiennent, sont toujours un peu de Genève — il y a ici une question de vie et de mort. Genève a vécu par la Bible ; Genève s'est glorieusement peuplée des réfugiés de la Bible ; Genève a eu ses séminaires de mar-

lyrs d'où partaient les messagers de la Bible. Tant qu'elle conserve la Bible, Genève est imprenable. On peut détruire les autres remparts, le rempart biblique la défendra. Mais si la foi à la Bible s'en allait, si la brèche était faite, alors l'ennemi entrerait. Une muraille ouverte ne protège personne ; la vie se défend, la mort se laisse faire. « Où est le corps mort, là s'assembleront les aigles. »

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