‹ L'église selon l'EvangileChapitre 6 sur 30 · CONVOCATION DE L'ÉGLISE ANGLICANE EN · texte numérisé non relu

CONVOCATION DE L'ÉGLISE ANGLICANE EN

Ont-ils raison de compter sur i influence que leurs doctrines exercent au sein du clerirc et sur l'influence que le clergé doit exercer dans une église de multitude? Nous l'ignorons. Toujours est-il qu'on ne les vaincra jamais, si Ton n'en appelle qu'à la suprématie de la reine, aux décisions dogmatiques des cours judiciaires, ou aux votes de la chambre des lords transformée en concile. Pour vaincre le puséisme, il faut que les chrétiens anglicans se résignent à reprendre pied sur le terrain de l'Écriture. Or ils ne le feront, — et Dieu veuille leur en donner le courage — cxu'au prix d'une complète révolution ecclésiastique.

Sur le terrain de l'Écriture, ils trouveront la condamnation des traditions humaines, et les voilà mis en demeure de remanier leur liturgie. Plus de succession apostolique ; plus de régénération baptismale. Ils sont forcés de biffer la fameuse formule du baptême : « A présent que cet enfant est régénéré... » et la fameuse réponse du catéchisme : « mon nom m'a été donné dans mon baptême, dans lequel j'ai été fait membre de Christ, enfant de Dieu et héritier du royaume des deux. »

Sur le terrain de l'Ecriture, ils trouveront aussi l'Église. L'Église seule assurera le triomphedéfinitif et durable de la vérité. En dehors, la vérité peut avoir des succès éphémères. L'État peut avoir intérêt à protéger l'orthodoxie ; une mode orthodoxe peut même régner, comme au dix-sep tième siècle. Mais ce que 1 état protège aujourd'hui, il l'abandonnera demain ; ce que la mode du dix-septième siècle a apporté, la mode du dix-huitièn^e siècle l'emporte. Dominé par les princes, ou dominé par l'opinion publique, le multitudinisme n'a jamais que des convictions d'emprunt, des doctrines de circonstance! Corps inerte, balotté par tous vents de doctrines, il n'est guère plus chrétien quand le monde le fait orthoddxe par accident, que quand le monde le fait rationaliste ou clérical. C'est à l'Église, distincte du monde et hostile au monde, que Dieu a réservé la mission auguste de soutenir la vérité. (1 Timoth. m, 15).

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