LES RÉFORMATEURS
Les considérations qui précèdent ayant pris plus de développement que je ne l avais prévu, je crois devoir abréger ce qui concerne, soit les réformateurs, soit les arguments d'utilité. Aussi bien, la vraie question n'est-elle pas là; aucun de nous ne reconnaît d'autre règle que l'Écriture, et l'Écriture, nous l'avons vu, ne sanctionne pas plus l'Église mondaine qu'elle ne sanctionne 1 Église triée.
M. Bastide rappelle que les réformateurs ont suivi les procédés du multitudinisme ; il les félicite d'avoir entraîné ainsi les masses, d'avoir ainsi conquis les royaumes; il pense qu'en adoptant une autre marche, les réformateurs n'auraient fait qu'ajouter une nouvelle secte à la triste et longue liste des sectes ; il ajoute enfin que les réformateurs avaient aussi l'Esprit de Dieu.
Qu'est-ce à dire? Ceux qui ont l'Esprit de Dieu seraientils par hasard devenus infaillibles? N'est-ce pas précisément au chapitre septième de la première épître aux Corinthiens que Paul, qui vient de distinguer momentanément sa parole de celle du Seigneur, s'exprime de la sorte : « Or j'estime que j'ai aussi l'Esprit de Dieu? » Ne possédons-nous pas la même certitude d'avoir l'Esprit de Dieu, nous qui combattons le système des Églises nationales?
Nos discussionsse trouveraient fort simplifiées, si l'exemple des réformateurs avait force de loi parmi nous. G râce à Dieu,
il n'en est n'en, et ceux qui croient avec nous que la réforme du seizième siècle, admirable en général sur le terrain du dogme, a totalement échoué sur le terrain de l'Eglise, sont parfaitement libres de croire en outre que les procédés multitudinistes, loin de la servir, l'ont compromise, qu'en « englobant » des nations elle a préparé les tristes défaillances auxquelles elle s'efforce maintenant d'échapper, que le nombre n'est pas tout en pareille matière, que la bénédiction de Dieu importe plus que La popularité, quel Église est la vraie garantie contre la secle, et que l'influence sociale du christianisme, n'est pas en raison inverse de la fidélité ecciéôiaolique des chrétu. . ...