‹ L'église wisigothique au VIIe siècleChapitre 108 sur 141 · I. Timothée, c. v, n · texte numérisé non relu

I. Timothée, c. v, n

1^8 LA DISCIPLINE ET l'ÉGLÏSE AVISIGOTIIIQUE

(( voir d'ordre séculier, et que condamné à cause de (( cet orgueil il ne soit dans sa jactance rejeté comme ((le diable... Comment un séculier pourrait-il (( s'adonner au magistère ecclésiastique dont il n'a ni (( exercé les fonctions ni connu la discipline.^ Comment (( pourrait-il enseigner sans avoir appris ? Nous voyons tt souvent de nos jours (ici commence la citation de (( saint Jérôme) des élections faites à table; on ne se (( préoccupe nullement de promouvoir des candidats (( utiles à l'Eglise, mais on s'inspire de ses préférences (( ou de ses obligations personnelles ou de la recom- (( mandation des grands ; on va même, ce qui est plus « déplorable encore, jusqu'à choisir les candidats qui « ont par des présents sollicité cette faveur ^. » C'est encore saint Isidore sans doute que nous entendons quand nous lisons le IP concile de Séville (6i8) qu'il présida. Un évéque ignorant s'y trouve assez malmené. Ce prélat laisse de simples prêtres consacrer des

I. (( Jam vero quod sœculares viri nequaquam adminîsterium « Ecclesiac acimittuntur cadem auctoritas apostolica docet, « dicens : « Manus cito nemini imposueris » et iterum « non « neophytvim ne insupcrl)iam elatus », pulct se non lam minis- « terium humilitatis quam administrationem sa^cularis polestatis « adeptum, et condemnatione superbia% sicut dlabolus, per <( jactanliam dejiciatur. ... Quomodo enim valebit sœcularis <( homo sacerdotii magisterinm adimplere, cvijus nec ofTicium (( tenuit, nec disciplinam agnovit? Aut quid doccre poterit, cum « ipse non didicit ? Nunc vero sa^pe cernimns pliirimos ordina- « tioncm in tabulis facere, nec eligunt qui Ecclcsia^ prosint, sed <( quos vel ipsi amant, vel quorum sunt obsequiis deliniti, vel pro « quibus majorum quispiam rogaverlt, et, ut détériora dicam « qui ut ordinarenlur muneribus impetrarunt. » (Isidore, De ojfi. eccl, 1, II, G. V, n»» la et i3 ; Migne, P. L.,t. LXXXIII, c. 78^-)

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autels et des basiliques, négligence peu étonnante, ajoute-t-on, de la part d'un homme ignorant de la discipline ecclésiastique et passé directement de la milice du siècle au ministère sacerdotal ^ . Le cas ne devait pas être unique, le canon 19 du IV*' concile de Tolède (633) y fait encore allusion quand il interdit les ordres aux candidats qui n'ont pas parcouru les divers degrés delà hiérarchie ecclésiastique '2. Déjà, en 599, le synode de Barcelone avait insisté sur la nécessité des interstices canoniques et menacé les contrevenants de la déposition ^.

Mais un abus plus fréquent encore parmi ceux que signale le saint docteur de Séville devait être la simonie. Les conciles espagnols durent à plusieurs reprises porter les peines les plus sévères contre les ordinands et les consécrateurs qui s'en rendaient coupables, u C'est un mal invétéré, dit le lY*' concile de « Tolède, les Pères l'ont souvent condamné, et cepen- (( dant il est nécessaire de l'amputer par une sévérité u plus grande encore. Dorénavant, quiconque aura « obtenu un ordre par des présents sera excommunié « et privé de ses biens, ainsi que ceux qui l'auront or-

1. « Quod quidem non est mirum id praecepisse virum eccle- « siasticaR disciplinne ignarum et statim a sneculari militîa in « sacerdotale ministerium delegatum. » (G. 7, Bruns, t. II,

2. « Qui per gradus ecclesiasticos non accesserunt ». (P. 229.)

3. « Nulli deinceps laicorum liceat ad ecclesiasticos ordine» « praetermisso canonum praefixo tcmpore ...adspirare vel pro-

« vehi Aliter... et ordinalores et ordinatos proprii honoris

« depositio subsequatur. » (G. 3, Bruns, t. II, p. 66, 67.)

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« donné ^ » Quinze ans après, les évêques constatent que ce u cancer » renaît sans cesse comme les têtes de l'hydre de Lernes, ils renouvellent l'excommunication antérieurement portée et ajoutent que s'il y a une accusation en règle l'ecclédastique ordonné par simonie sera dégradé et soumis à une pénitence perpétuelle dans un monastère, tandis que les complices corrompus par ses présents seront privés de leurs dignités s'ils sont clercs, ou sous le coup d'un anathème perpétuel s'ils sont laïques 2.

Les textes précédents s'appliquent au clergé en général. En voici un, du XP concile de Tolède, qui vise spécialement les évèques :« Quiconque viendra « devant l'autel pour y recevoir la plénitude du sacer- (( doce prêtera le serment que pour être ordonné il n'a « fait à qui que ce soit de présent ou de promesse de (( présent... » Si un prélat est reconnu coupable de simonie après sa consécration, il sera puni d'un exil de deux ans, excommunié, déposé et soumis à un certain temps de pénitence ; après quoi, si la réparation est jugée convenable, il reprendra son siège et ses fonctions '.

Ces dernières décisions sont un adoucissement des mesures prises d'une façon générale par les conciles contre les simoniaqucs et qui supposent que les coupables sont écartés définitivement des fonctions ecclésiastiques. L'abus devait cire singulièrement opiniâtre

I. (( Commiinionc privatiis cum ordinaloribus suis propriorum H bonorum amissionc daninelur » (P. aSa.) Ce concile est de 638. a. A lllti concile de Tolède, c. [Il, p. 378, 379. 3. Bruns, p 3i3, c. 9.

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pour qu'on fût ainsi obligé d'entrer en composition avec lui ^.

Les irrégularités, l'examen que devait subir le candidat et l'institution canonique que lui donnaient les évêques de sa province et principalement le métropolitain, avaient précisément pour but d'écarter les sujets indignes, qui, nous venons de le voir, s'introduisaient trop facilement dans le corps épiscopal. Le IV" concile de Tolède, par exemple, après avoir signalé les abus à réformer donne une longue liste des cas qui rendent inhabiles à l'épiscopat. Sont écartés ceux dont le crime a été découvert, qui sont frappés d'infamie, qui en se soumettant à la pénitence publique ont, par le fait même, avoué quelque forfait ; ceux qui sont tombés dans l'hérésie, y ont été baptisés ou rebaptisés, les eunuques volontaires, ceux auxquels de naissance ou par accident il manque un membre, ceux qui ont épousé une veuve ou se sont mariés plusieurs fois, ou ont pris pour femme une répudiée ou une prostituée, ceux qui ont forniqué avec des concubines, les esclaves, les gens d'origine inconnue, les néophytes, les laïques, ceux qui appartiennent à la milice séculière, les curiales, les illettrés, ceux qui n'ont pas encore trente ans ou n'ont pas passé par les ordres inférieurs, les intrigants, les simoniaques, ceux qui sont promus à l'épiscopat par leurs prédécesseurs 2.

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