‹ L'église wisigothique au VIIe siècleChapitre 118 sur 141 · Bruns, t. II, p · texte numérisé non relu

Bruns, t. II, p

l68 LA DISCIPLOE DE l'ÉGLISE WISIGOTHIQUE

paroisse. Nos textes qui en parlent souvent * en font un groupement ecclésiastique assez autonome et dont les clercs se distinguent nettement de ceux de l'église de la cité. C'est ainsi, par exemple, qu'on accorde à l'évêque le droit de prendre un prêtre ou un diacre de paroisse pour l'agrégera l'église principale ^ ; que l'ecclésiastique chargé d'une église paroissiale est supposé y exercer le ministère et y administrer les sacrements de façon habituelle, sans recourir constamment au chef du diocèse ^ ; que cet ecclésiastique gouverne une familiœ de serfs attachée à un domaine qu'il administre et qu'il peut s'y choisir des auxiliaires * ; qu'il est responsable des réparations à effec-

i.Parochix : Mérida, c. 19, Tolède, IV, c. a6. — Parochitanae ecclesiœ : Mérida, c. 17 ; Tolède, VII, c 4. — Ecclesix parochiales : Tolède, IX, c. 2 et 6 ; Tolède, X, c. 3. — Presbyteri parochiales : Tolède, VII, c. 4. — Presbyteri parocfdtani : Mérida, c. 12.

Parochiœ à cette époque signifie également diocèse. Cf. Tolède, IX, c. 5, p. 298, et diœcesis \enl (Vire parfois paroisse, Tolède, IV, c. 36. « Episcopumper cunctas diœcesesparochiasque « suas per singulos annos ire oportet. « {V*. 233.)

2. Mérida, c. 12: « Cathedralem sibi in principali ecclesia « facere. » (Briins, t. II, p. 90.) D'où Ion voit que la paroisse, c'est l'église de campagne par opposition à l'église de la cité gouvernée directement par les clercs de l'entourage épiscopal. Les villes pouvaient avoir plusieurs églises ; à Tolède par exemple le concile se réunit tantôt à sainte Léocadie, tantôt à la basilique des saints Pierre et Paul, tantôt à l'église de la Vierge, mais elles ne semblent pas avoir compris [)lusieurs paroisses et plusieurs clergés. La paroisse de campagne pouvait d'ailleurs, elle aussi, comprendre plusieurs églises placées sous le gouvernement d'un seul prêtre. (Cf. Mérida, c. 19.)

3 Tolède, IV, c. 26 : ils reçoivent le libellas ojfîcialis qui leur apprend la manière d'administrer les divers sacrements.

4. Mérida, c. 18 : « Juxta ut in rébus sibi a Deo creditis sen-

GOUVERNEMENT DE LA GITE : l'ÉVÊQUE 169

tuer à sa u basilique » quand les ressources sont suffisantes ^ De plus, l'influence des fondateurs contribuait aussi à faire de la paroisse un centre religieux distinct de l'église cathédrale possédant sa vie propre, gomerné par un clergé spécial dont les membres ne sont plus de simples délégués des clercs de la ville. Mais cette autonomie n'était pas l'indépendance absolue: le contrôle épiscopal s'exerçait sur l'ensemble du ministère des prêtres paroissiaux, et à peu près tous les textes qui concernent ces derniers ont pour but de l'assurer. L'évêque peut contraindre les pasteurs négligents à réparer leurs églises 2, lui seul a le droit, à l'exclusion des simples prêtres, de juger les serfs des familiœ ecclésiastiques 3. Et ce qui compte beaucoup plus, car c'est l'exercice normal et habituel de l'autorité supérieure, le synode diocésain et la visite pastorale permettent au chef du diocèse de se tenir régulièrement au courant de la vie des paroisses. En dispersant le clergé, la création de nouveaux centres religieux rendait ces deux institutions plus nécessaires et leur donnait plus d'importance. Le IV*' concile de Tolède fait un particulier devoir aux prêtres de paroisse de rendre compte à leur évêque de la façon

« tiunt habere virtutem, de ecclesi.-e sukî familia clericos sibi « faciant. » (Bruns, II, p. gS.)

I. Mérida, c. i6 : « Omnes vero supradicti presbyteri qui vir- « tutem habuerint episcopo suo placitum faciant ut reparare « ecclesias sibi commissas intendant. » (Bruns, II, p. 92.)

3. Mérida, c. 16 : « Quod si facere distulcrint ab episcopo suo « distrieti ecclesias sibi créditas, ut ratio permittit, digne repa- « rent. » (Bruns, t. II, p. 92.)

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