AVANT-PROPOS IX
de cette norme. Les Francs, par suite de partages politiques incessants, n'ont ni capitale religieuse fixe ni unité disciplinaire. Les Anglo-Saxons, convertis par saint Augustin au commencement du siècle, en sont encore aux débuts de leur organisation religieuse. Quant à la Germanie, elle ne comptera dans la catholicité qu'à partir de saint Boniface, son apôtre, c'est-à-dire seulement à la fin de ce même siècle.
Je ne suis pas sûr d'avoir eu présentes à l'esprit toutes ces déductions historiques en me mettant au travail. A vrai dire, elles se sont élaborées au fur et à mesure de mes recherches. Cet aveu ne me cause guère d'embarras : ce n'est qu'en descendant l'autre versant de nos idées que nous y découvrons un peu d'ordre.
Je ne donne ici qu'une partie de mon travail, celle qui concerne les degrés supérieurs de la juridiction ecclésiastique : papauté, conciles, archevêque de Tolède, métropolitains, évêques.
S'il plaît à Dieu, j'achèverai plus tard mon exposé du droit canon wisigothique. Je me propose de le diviser en deux livres, le premier consacré aux personnes et le second aux choses. Je ne crois pas cette division parfaite, mais je l'estime assez commode et suffisamment recom-
AVAîiT-PROPOS
mandée par la tradition juridique. Dans le livre « des personnes », il sera question du clergé à tous ses degrés, des moines (qui n'appartiennent pas nécessairement au clergé), des laïques en général et de certaines catégories de laïques, telles que les esclaves et les Juifs. Le second livre traitera de la liturgie, des délits et des peines (jugements, excommunication, pénitence), et de l'organisation matérielle (circonscriptions, édifices et biens). Comme la liturgie wisigothique présente de nombreuses et intéressantes particularités, peut-être serais-je obligé de lui consacrer un ouvrage à part. Cet ouvrage sera sans doute le dernier de la série, car je n'oserai m'y mettre qu'après une longue initiation, qui n'en est même pas à ses débuts.
Ma méthode consiste simplement à recevoir sans intermédiaire l'impression des textes euxmêmes. A chacun je redirais volontiers la parole de Vlmitation : silence aux docteurs, c'est à toi seul de me parler : sileant doctores^ tu mihi loquere solus. Je n'ai consulté les ouvrages modernes que pour contrôler mes interprétations personnelles.
Ce n'est pas à dire que je réduise l'histoire à n'être qu'une enfilade de citations. Le passé ne