INTRODUCTION XXXI
intervenait de plus en plus dans les affaires du gouvernement, et la royauté se mettait ainsi en tutelle. Aussi bien aucun événement remarquable ne signale-t-il les règnes de Sisenand et de Ghintila, pas plus que celui de Tulga, fils de Ghintila, proclamé roi à la demande de son père en 640.
Cette élection de complaisance risquait de favoriser l'avènement d'une nouvelle dynastie. Les Wisigoths ne manquèrent pas d'y mettre bon ordre, suivant leur habitude en se révoltant, et Chindaswinthe s'empara de la couronne que lui avaient offerte quelques nobles (642). En dépit de ses 80 ans, Chindaswinthe était un souverain énergique. Une répression sévère mit fin pour un temps aux complots et aux guerres civiles. Sous ce règne et sous le suivant, celui de Réceswinthe, fils de Chindaswinthe associé par son père à la royauté, le pays respira et la monarchie wisigothique reprit vigueur (642-653 et 653-672). A la faveur de cette tranquillité, la fusion des races s'acheva ; les Goths et les Romains purent se marier entre eux ^ et furent soumis à une législation unique, les leges wisigothorum, le Bréviaire d'Alaric étant aboli (654).