INTRODUCTION XXXIII
niers et faire épouser sa fille par le neveu de Wamba, Egica, qui lui succéda (688). Egica eut à réprimer plusieurs complots, celui de Sisbert, archevêque de Tolède, déposé par le XVP concile tenu dans cette ville (693), et une vaste conspiration des Juifs qui devaient livrer la péninsule aux Mahométans à condition de jouir des mêmes franchises que leurs coreligionnaires de la Tingitane (694). La répression fut sévère, au moins contre les Juifs qui furent réduits en esclavage, et séparés de leurs enfants âgés de 7 ans, ces derniers devant être élevés dans la religion chrétienne (XVII^ concile de Tolède). Après cette alerte, le royaume jouit de ses dernières années de tranquillité.
Witiza, associé au pouvoir dès 698, succéda à son père Egica en 700. Son règne paraît avoir été prospère. Une amnistie générale, qui s'appliquait aux Juifs eux-mêmes, étouffa pour un temps les germes de dissension. Une victoire remportée en 709 sur une flottille musulmane sembla écarter pour un temps le péril de l'Islam.
Ce ne fut qu'un court répit. Le principe électif était tombé en désuétude. Le Sénat de la nation voulut le remettre en vigueur et invita Rodrigue à s'emparer du trône. Une guerre civile s'ensui-