INTRODUCTION XXXV
la cour bizantine : ils siégeaient sur un trône d'argent, portaient le manteau de pourpre, la chaussure peinte, la couronne et le sceptre d'or orné de pierreries; on les appelait glorieux, pieux, victorieux. A ces prérogatives honorifiques répondait un pouvoir réel : le souverain avait le droit de paix et de guerre, proposait les lois, nommait aux emplois publics, recevait toute cause en appel et pouvait gracier les coupables . Mais, comme nous l'avons vu plus haut, il restait à la merci de ses électeurs. L'élection des rois n'impliquait pas d'ailleurs un gouvernement représentatif. Le concile de Tolède qui tenait lieu d'assemblée nationale n'était pas composé des députés de la nation : le souverain y désignait lui-même les grands qui y siégeaient, l'Eglise sans doute y envoyait ses évêques, mais ces derniers étaient à la nomination du prince. Le régime oscillait donc du despotisme à l'anarchie.
Les hautes charges de la cour étaient occupées par la noblesse wisigothique ; la présence des Hispano-Romains dans ces fonctions était un fait des plus rares. Les offices du palais étaient multipliés avec un luxe tout byzantin : l'échanson (cornes scanciarum), le trésorier (cornes thesaurorum)^ l'intendant (cornes pairimonii), le chance-