INTRODUCTION XXXVII
La division du territoire elle-même resta à peu près ce qu'elle était sous les empereurs romains. Les anciennes provinces de Galice, de Lusitanie, de Bétique, de Carthaginoise, de Tarraconaise et de Narbonnaise furent conservées et placées chacune sous l'autorité d'un duc. On en détacha cependant quelques territoires pour en créer des duchés nouveaux : la région de Tolède fut séparée du reste de la Carthaginoise et reçut le nom de Carpétanie ; en Bétique, il y avait deux ducs, l'un à Séville, l'autre à Cordoue ; au nord, l'Asturie, la Cantabrie et la Vasconie, habitées par des populations turbulentes, formaient un ensemble de confins militaires pris sur la Tarraconaise ; enfin Tanger était le siège d'un duché *. Dans l'ensemble, les ressorts métropolitains et les diocèses avaient les mêmes limites que les districts civils. La capitale de chacune des anciennes provinces romaines possédait un métropolitain en même temps qu'un duc : c'étaient Tolède pour la Carthaginoise-Carpétanie, Tarragone pour la
I. Dahn, VI, p. 64, 65. Provinces : Lusitania, Gallaecia, Emerita, Hispalis, Garpetania, Garthaginensis, Asturia, Gantabria, Yasconia, Tarraconensis, Septimania. — Sièges des ducs : Tarracona, Garthagena, Hispalis, Toletum, Braga (Galice), Mérida (Lusitanie), Gordova, Narbonna, Tanger.
XXXTIII INTRODUCTION
Tarraconaise, Narbonne pour la Narbonnaise, Braga pour la Galice, Mérida pour la Lusitanie, Séville (Hispalis) pour la Bétique. La civitas était gouvernée à la fois par un comte et par un évêque, et se trouvait être généralement l'antique civitas romaine ^
Vivant dispersés sur les terres qu'ils avaient conquises, les Wisigoths n'avaient que rarement des exercices militaires d'ensemble. C'est pourquoi ils perdirent les vertus guerrières dont ils étaient animés au temps où ils se trouvaient groupés autour de leur roi. L'infanterie tout entière n'était qu'une horde disparate composée des contingents hétéroclites que les propriétaires levaient eux-mêmes en armant chacun pour son compte le dixième de ses esclaves. L'armée alla par conséquent en s'affaiblissant de plus en plus et tomba en poussière au premier choc des Arabes.
Les lois des Wisigoths témoignent d'un certain souci de la justice : les tribunaux doivent rester ouverts du lever au coucher du soleil, il est défendu au juge de faire acception de personne ; prévaricateur il subit le double de la peine iniquement prononcée. Mais les châtiments sont des
I. Dahn, t. VI, p. 66 et p. 3oi : « Le gouverDement et l'administration municipale changèrent peu de 4io à 711. »