‹ L'église wisigothique au VIIe siècleChapitre 41 sur 141 · Absurdissimum. » (L. c, col · texte numérisé non relu

Absurdissimum. » (L. c, col

5. « Sicut nos non pudebit quœsunt vera defendere ita forsitan « quosdam pudebit quaî vera sunt ignorare. » (L. c.)

2 8 LA DISCIPLINE DE l'ÉGLISE WISIGOTHIQUE

parfois d'une ou de deux substances, mais ce n'est que par trope ou synecdoche. En fait, il y a trois substances chez le Sauveur : celle de son corps, celle de son âme et celle de sa divinité. Saint Cyrille et saint Augustin les distinguent nettement. Si d'ailleurs quelqu'un avait le front de ne pas céder à l'autorité de ces Pères, on n*aurait qu'à le renvoyer à l'Evangile lui-même où Jésus dit qu'il est le Principe, fait palper sa chair et remet son âme entre les mains de son Père K

Quant aux 3® et 4*" points sur lesquels on fait difficulté, il y a déjà été répondu voici deux ans, et d'ailleurs ils sont tirés presque mot pour mot de saint Ambroise et de saint Fulgence.

Et si après toutes ces explications, concluent les Pères, on nous cherche encore querelle, nous n'aurons qu'à nous en tenir à la vérité et à la tradition, <( dussent des ignorants nous accuser d'indocilité 2. »

Hefelé trouve la réponse des Espagnols peu correcte : « Les Espagnols montrèrent si peu d'empresse- « ment à faire ce que leur demandait le pape, qu'ils (( lui répondirent d'une manière peu polie ^. » Dom H. Leclercq estime que le pape et ses théologiens

I. (( Si impudorala qnis fronte. » (L. c, col. l6.) a. « Jam vcro si post hifc, et ab ipsis dogmatibus patrum. « quibus hncc prolata sunt, in quocuraque disscntiant, non jam « cum ilHs est amplius contendcndum, sed, majorura directa (( calle inha?renles vestigiis, erit per divinum judiciuin amato- « ribus vcrilatis responsio nostra sublimis, etiamsi ab ignoran- « libns œmulis censcalur indocilis. )> (L. c, col. 17.) 3, P. 554 du tome lïl de la nouvelle traduction française.

furent en l'occurrence « menés tambour battant * )> . Mais le P. Tailhan cité par Dom Leclercq lui-même dans la nouvelle édition d'Hefelé ne croit pas que le XV" concile de Tolède s'en prenne au pape lui-même. Voici comment il explique les vivacités de la réplique des évêques espagnols. Quand les envoyés de Julien de Tolède arrivèrent à Rome, saint Benoît II était mort, son successeur Jean devait mourir un mois après. Le pape Conon élu ensuite n'eut que onze mois de pontificat pendant lesquels il fut toujours malade. Ce n'est donc que saint Sergius (687-701) qui put se prononcer sur la 2^ apologie. Il la fit lire dans une réunion du clergé romain qui joignit son entière approbation à la sienne. Sur quoi ce pontife envoya l'œuvre de Julien à l'empereur Justin et écrivit à l'archevêque de Tolède pour le féliciter. Cependant en Espagne on ignorait les événements qui avaient retardé l'examen du mémoire envoyé depuis plus de deux ans, et quand s'ouvrit, au début de mai 688, le concile de Tolède ,^ l'approbation papale enfin obtenue n'était pas encore connue dans le royaume des Wisigoths. De là des insinuations malveillantes contre saint Julien et de là aussi les sévérités des Pères qui ne visent pas saint Benoît II, dont on sait alors la mort (« Benoît II, de (( bienheureuse mémoire », disent les actes), mais uniquement (( les esprits malveillants ou contentieux, qui « après avoir pris connaissance de cette nouvelle « réponse persisteraient à taxer de témérité une doc- (( trine approuvée de tous les amis de la vérité » .

Page 1