‹ L'église wisigothique au VIIe siècleChapitre 42 sur 141 · I. Espagne cJiré tienne, p · texte numérisé non relu

I. Espagne cJiré tienne, p

3o LA DISCIPLINE DE l'ÉGLISE WISIGOTUIQUE

Que le concile ait en vue des opposants espagnols,, la chose est possible, elle est même probable. Cependant les explications du P. Tailhan ne paraissent pas entièrement satisfaisantes et ne répondent pas complètement à l'impression que laisse la lecture du XV® concile de Tolède.

Pourquoi prévenir le reproche d'indocilité, si on ne s'attendait pas à le voir venir de Rome ? Le concile de Tolède était la plus haute autorité ecclésiastique en Espagne ; pouvait-il beaucoup s'inquiéter de l'opposition de quelques clercs de sa mouvance, clercs qui dans l'hypothèse ne seraient pas des évêques, puisque les actes conciliaires parlent au nom de tout l'épiscopat espagnol ? Contre d'aussi chétifs adversaires, il n'en appellerait pas avec tant de solennité à la tradition, à l'amour de la vérité et au jugement de Dieu.

Accordons de bonne grâce au P. Tailhan qu'il ne s'agit i^i que d'un malentendu qui n'engage en rien la doctrine ; il n'en reste pas moins vrai que, dans ce malentendu, les Espagnols firent preuve d'un certain mécontentement qu'ils laissèrent deviner au pape luimême.

En somme le clergé d'Espagne avait un sentimenl assez vif de ce qu'une tradition déjà longue donnait de prestige et de pouvoir réel àTévêque de Rome, et il exprimait parfois sa conviction avec emphase. Mais un autre sentiment au moins aussi fort l'animait : la fierté de son Eglise nationale, de ses grandes assemblées de Tolède qui n'avaient peut-être pas d'égales dans tout l'Occident. Lors donc qu'un pape intervenait

ROME ET l'église WISIGOTHIQUE 3i

dans les affaires d'Espagne, l'épiscopat du royaume de Tolède, bien qu'il reconnût le droit supérieur du pontife romain, était assez porté à s'étonner d'une telle intervention, et sa surprise n'allait pas toujours sans quelque mauvaise humeur.

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