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I. Histoire ancienne de VEglise, t. II, p

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de l'influence prise par l'Eglise clans la direction temporelle des royaumes barbares qui succédèrent à l'empire. De fait, les conciles nationaux d'Espagne représentèrent plusieurs fois en présence des souverains et contre eux les intérêts de la nation : les garanties pour les accusés, la procédure plus régulière, les remises d'impôt qu'ils réclamaient en certaines circonstances en sont la preuve.

Ils ont également fondé le droit dans le royaume Avisigothique et créé une législation rationnelle, égale pour tous, au moins en principe et d'une façon générale. Guizot a bien mis en relief leur œuvre dans ce domaine: « Ouvrez, dit-iU, la loi des Wisigotbs, telle « qu'elle a été modifiée par les conciles ; ce n'est pas (( une loi barbare ^. Elle abonde en idées générales, en « théories, et en théories pleinement étrangères aux « mœurs barbares. Ainsi vous savez que la légis- « lation des barbares était une législation personnelle ; (( c'est-à-dire que la môme loi ne s'appliquait qu'aux « hommes de la même race. Eh bien, la législation des (( Wisigotbs n'est point personnelle. Tous les habiu tants de l'Espagne, Romains ou Wisigotbs, sont sou- « mis à la même loi. Continuez votre lecture. Chez (( les Barbares, les hommes avaient, suivant leur « situation, une valeur déterminée : le Barbare, le

1. Guizot, Histoire de la civilisation en Europe, p. 89, 90, 3e leçon.

2. C'est une exagération. La loi des Wisigotbs reste barbare à bien des égards, particulièrement par la sévérité exagérée et la cruauté de ses sanctions. Guizot y voit trop facilement la charte avant la lettre.

(( Romain, l'homme libre, le leude, etc., n'étaient pas « estimés au même prix ; il y avait un tarif de leurs « vies. Le principe de l'égale valeur des hommes devant (( la loi est établi dans la loi des Wisigoths. Regardez « au système de procédure ; au lieu du serment, des <( compurgatoreSj ou du combat judiciaire, vous trouci verez la preuve par témoins, l'examen rationnel du (( fait, tel qu'il peut se faire dans ime société civilisée. ({ En un mot, la loi des Wisigoths tout entière porte un (( caractère savant, systématique, social. On y sent « l'ouvrage de ce clergé qui prévalait dans les conciles « de Tolède et qui influait si puissamment sur le (( gouvernement du pays, n

A l'entente des deux pouvoirs on peut attribuer également la fusion si complète des Hispano-Romains avec les Wisigoths. La conversion de Récarède et de son peuple de l'arianisme au catholicisme avait assuré en Espagne l'unité de religion. L'unité de race s'ensuivit facilement, grâce pour une bonne part à la collaboration des souverains Avisigoths et des conciles composés en majorité d' Hispano-Romains *. « Vaince queurs et vaincus, dit Dom Leclercq, formaient bien (( un seul peuple au moment où l'invasion arabe vint (( tout remettre en question. » (P. SSg )

L'action combinée de la royauté et de l'épiscopat dans les conciles nationaux eut un autre résultat très appréciable, celui d'améliorer sensiblement les mœurs ; (( Grâce à elle, observe encore Dom Leclercq, la mora- « lité publique monta et s'éleva peu à peu, vers les « dernières années du royaume de Tolède, à un « niveau qu'elle n'avait jamais atteint jusque-là,

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« niveau bien supérieur à celui où nous la voyons arri- {( vée à l'époque la plus florissante de l'Eglise hispano- (( romaine.... Presque tous les vices et les désordres (( dont les anciens conciles signalaient l'existence dans (( la société hispano-romaine ont disparu de la société K hispano-gothique à la fin du vu" siècle. » (Sog-Sôo.) Enfin le prestige que leur influence universelle donnait aux réunions plénières de l'épiscopat leur permit d'assurer à l'EgUse espagnole une unité de vie et de direction qui manquait par trop à d'autres Eglises d'Occident, à celle des Gaules en particulier. Cette unité était un des soucis les plus vifs des évoques du royaume wisigoth ; plusieurs canons en font foi : « Evitons désormais toute diversité et toute i,( dissonance dans l'administration des sacrements, de « peur que ces divergences ne fassent figure de schisme (( auprès des ignorants et des charnels et que les « façons diverses d'agir des Eglises ne soient un scan- (( dale pour beaucoup. » Ainsi s'exprime le a*' canon du IV*" concile de Tolède *. Les canons 5 et 6 formulent des craintes analogues -,

L'influence des conciles nationaux de Tolède fut donc assez mêlée, par ses bons et ses mauvais côtés ; c'est l'institution qui décèle le mieux les défauts et les qualités de l'organisation ecclésiastique de l'Espagne du vu' siècle.

I. « Nihil ultra cHvcrsum aut dissomim in ccclcsiasticis sacra- « mentis agamus, ne quîclibet iiostra divorsitas apud ignotos scu « carnales schismatis crrorem vidcatur ostendere, et multis existât « in scandalis varictas Ecclesiarum. » (P. 3 21.)

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