II. — L'archevêque de Tolède
Sommaire. — Ses privilèges : présidence des conciles, sacre du roi, cour d'évêques, nomination épiscopale. — Raison d'être de ces prérogatives : le prestige de la ville royale beaucoup plus que la tradition canonique. — La primatie sans le titre.
L'archevêque de Tolède exerçait dans l'Eglise wisigothique la plus haute autorité après celle du concile national et du roi. Nous savons que, souvent au moins, il présidait l'assemblée plénière de l'épiscopat. C'est également lui qui sacrait les souverains : le fait est certain en ce qui concerne Récarède, Sisebut, Wamba, Ervige et Rodrigue ^. Il était souvent entouré des évêques voisins qui formaient autour du prince et de lui-même une sorte de cour ecclésiastique ^, puisque, d'après le 6^ canon du VIP concile de Tolède ^, ces évêques devaient faire un séjour dans la ville royale sur la convocation de leur métropolitain, sauf à l'époque de la moisson et des vendanges. Mais le privilège le plus considérable de l'archevêque de Tolède était de