‹ L'église wisigothique au VIIe siècleChapitre 84 sur 141 · Ibid. : a Quoscumque rcgalls potestas clegcrit · texte numérisé non relu

Ibid. : a Quoscumque rcgalls potestas clegcrit

2. Histoire des conciles, t. II de la nouvelle traduction française par Dom Lcclerc, p. 5oo.

3. « De concessa Toletano pontlfici generalis synodi potestate, « ut episcopi alterius provincia» cum conniventia principium in « urbe regîa ordinenlur. » (P. 3^2.)

4. « lu pra'ccdcntium sedibus praeficere pra^sules, et dece- « dentibus episcopis cligere succj — -

LE gouverneme:vt national IOI

La vérité est qu'en fait le métropolitain de la capitale n'avait qu'à donner la consécration épiscopale aux élus du roi, — et sur ce point Héféléa vu juste, — mais qu'en théorie on voulut donner à l'ingérence royale quelque figure canonique en la confondant dans un texte peut-être embarrassé à dessein avec un droit d'élection deTarchevêque de Tolède qui, dans la réalité, se ramenait à l'obligation de se conformer au choix du souverain. D'ailleurs cette procédure extraordinaire fut tardive et de peu de durée, puisque le XIP concile qui la promulgue est de 68 1.

L'archevêque de Tolède tenait sa situation exceptionnelle beaucoup plus du prestige de la ville royale que de la tradition ecclésiastique. Telle ou telle expression des conciles montre bien qu'aux yeux des Pères l'importance ecclésiastique du siège de Tolède tenait surtout à la présence du souverain. Par exemple le canon qui enjoint aux évoques voisins de la capitale de s'y rendre tous les mois sur la convocation de leur métropolitain ^ : (( Il a paru bon aussi que pour le u respect dû aux princes et l'honneur de la résidence (( royale, comme aussi pour la consolation du métro- « politain de la cité, etc. » Quant aux droits canoniques acquis, ils ne désignaient pas plus Tolède qu'une autre métropole pour la prééminence. L'organisation métropolitaine était restée longtemps en Espagne le dernier mot de la centralisation religieuse, et les provinces

I. « Pro reverentia principis ac regiae sedis honore vel metro- « politani civitatis ipsius consolatione... »

102 LA DISCIPLINE DE L EGLISE ^yISIGOTHIQUE

ecclésiastiques y u demeuraient indépendantes de tout « groupement d'ordre supérieur jusqu'aux temps où (( elles aboutirent à former les deux Eglises nationales (( des Wisigoths et des Francs * ». Si parmi les premiers sièges l'un l'emportait sur les autres, c'était celui de Séville dont les titulaires recevaient de temps en temps le pallium romain. Cette situation se prolongea même assez avant dans le \if siècle, puisque nous voyons saint Isidore de Séville présider le lY® concile de Tolède en 633. Cependant, dans ce dernier cas, on tint peut-être un plus grand compte de l'autorité personnelle de l'évêque que de l'importance de ses fonctions '^. L'autorité de Tolède sur l'ensemble de la Carthaginoise fut même discutée au commencement du vii*^ siècle, car elle était en somme de date récente. L'ancienne métropole, Carthagène, fut occupée de 554 à 622 par les Byzantins. Les rois Avisigoths ne pouvaient donc, au début du vu'' siècle, la reconnaître comme telle, d'où leurs efforts pour assurer l'autonomie et la prééminence ecclésiastiques de leur capitale, efforts qui n'allèrent pas sans rencontrer quelque opposition ^. Gondemar aurait même, dans un édit enre-

I. L. Duchcsnc, Or'ujine du culte chrétien, k^ édition, 1908, p. Sa.

a. A la fin du vue siècle, l'étal des choses était bien changé, puisqu'en 698, Félix, métropolitain de Séville, passa à Tolède (Dahn, p. 4oa, note). Une telle translation à une époque où Ton considérait généralement comme indissoluble l'union mystique de l'évêque et de son Eglise indique un véritable renversement de» valeurs dans la hiérarchie dos métropoles.

3. Cf. Dahn, p. Aoo, qui cite Rosseeuw Saint-Hilaire, Histoire d'Espagne, Paris, i844. t. I, p. aSg.

LE GOUVERNEMENT NATIONAL Iô3

gistré par un conciJe provincial de 6io, répondu aux prétentions de certains évêques qui voulaient partager la province de Carthagène en deux, parce que, dans un synode de 589, Tévêque de Tolède s'était intitulé évêque de la seule Carpétanie. Le texte qui nous a été conservé explique que la Carpétanie n'est qu'une région et qu'il ne peut y avoir qu'un métropolitain par province, comme en Lusitanie, en Bétique et en Tarraconaise. Il invoque en faveur de la ville royale « la proximité du trône )) et « le culte delà Majesté souveraine )) ; il menace enfin les contrevenants de peines ecclésiastiques et de la sévérité du prince * . Les Pères auraient, dans un décret spécial, ajouté à ces raisons l'autorité d'un concile de Tolède tenu antérieurement sous l'évêque Montan 2. Mais l'édit du roi et le décret des évêques sont d'une authenticité douteuse ^. En tout cas, quand les Wisigoths eurent repris Carthagène aux Byzantins, cette ville tomba dans Toubli *. Dans la seconde moitié du vu" siècle, quand saint Isi-

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